Vidéo Inventaire de haies avec Margaux et Emeline

 

Vidéo Inventaire de haies avec

Margaux et Emeline

Ceci est une vidéo qui vous montre la technique qui a été utilisée pour réaliser l’inventaire des haies de six communes de l’Ouest lyonnais (dans un aller-retour entre ordinateur et terrain). Ce recensement s’est fait dans le cadre d’un stage effectué au sein de l’association Paysages Reconquis en lien avec la Communauté de communes du Pays Mornantais, la COPAMO, par deux étudiantes du BTS Gestion et protection de la nature et Margaux.

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Voici le texte de cette vidéo:

  1. Il s’agit donc du stage BTS de Margaux et Emeline en fév. 2013 au sein de l’association Paysages Reconquis. Son but est la reconquête écologique et esthétique des paysages. Nos actions s’inscrivent dans le cadre de la Convention européenne du paysage qui a été ratifiée par la France en 2006.
  2. Ce début d’inventaire des haies s’est déroulé au cours du mois de février de cette année.
  3. Voici nos deux stagiaires, Margaux et Emeline.
  4. Elles sont étudiantes en BTS A Gestion et Protection de la Nature dont un module de formation est « Biologie – Ecologie »
  5. Je souhaitais qu’elles aient une ouverture sur une collectivité territoriale. J’ai alors pensé à la Communauté de Communes du Pays Mornantais, la COPAMO. J’avais déjà eu un échange avec Mr Picard. Alice Porcherot, responsable du service environnement, m’a alors proposé de les faire travailler sur un inventaire de haies.
  6. Enjeux pour la COPAMO
  7. Le cahier des charges comporte trois points :
  8. Identification du réseau de haies et d’arbres isolés remarquables sur le territoire de la COPAMO
  9. Hiérarchisation du réseau de haies existant
  10. Proposition d’un plan d’action communal sur les aspects protection, entretien et plantation
  11. Enjeux pour les étudiantes
  12. Ce cahier des charges ambitieux correspond à plusieurs « situations professionnelles significatives » faisant partie de leur cursus:
  13. – collecte de données et production d’informations
  14. – proposition de pistes d’évolution de gestion et de valorisation
  15. – création d’une base de données ou utilisation d’un SIG
  16. Enjeux pour l’association
  17. – Participer à un travail de reconquête     écologique et esthétique
  18. – Développer un contact avec la COPAMO
  19. – Acquérir une expertise dans le domaine du bocage et dans l’utilisation d’un SIG
  20. Travail attendu:
  21. Réalisation d’une cartographie SIG du réseau de haies et d’arbres isolés remarquables
  22. Pour nous:
  23. Rendre un travail juste, soigné, utilisable par la COPAMO
  24. 4 février:
  25. Les ordinateurs tournent et les cerveaux moulinent
  26. (Photo de Margaux et Emeline sur leurs ordinateurs). Il s’agit d’ingérer quantité d’informations : qu’est-ce que la COPAMO ? Qu’est-ce qu’un SIG ? Qu’est-ce que la photo-interprétation ? Il faut intégrer les objectifs poursuivis, relire les consignes et étudier les documents donnés par Alice, faire un travail de recherche concernant la restauration de haies sur Internet et se familiariser avec Google Earth et Géoportail.
  27. 6 février: RV avec Alice au service environnement de la COPAMO
  28. Le point sur la méthodologie
  29. Formation à la photo-interpétation
  30. Préparation du travail sous Google Earth
  31. Je passe sur les enjeux pour la COPAMO, vous les connaissez.
  32. Donc, il est déjà important de savoir où se trouvent les haies et également de connaître les différentes catégories de haies. Puis il s’agira de porter à connaissance cet inventaire à chaque commune pour qu’elles l’intègrent dans leur PLU afin de préserver les haies.
  33. Lors de ce RV Margaux présente le tableau Excell, faisant le tour des caractéristiques des haies que nous avons retenues:
  34. Numéro, hauteur, strate, perméabilité, connectivité, pente et fonction de la haie
  35. Chaque haie va donc porter un « nom » comme les noms que nous voyons ici et qui correspondent à des haies bien précises. L’information du nom d’objet doit être suffisante pour être exploitée par la COPAMO dans le futur.
  36. Alice nous fournit un certain nombre de couches SIG telles que les limites des communes, réseau hydrographique, les limites des ENS, ZNIEFF etc
  37. La phase I peut commencer. Il s’agit de valider la méthodologie en faisant un travail de photo interprétation sur une petite zone. Nous choisissons la plus petite commune de la COPAMO, c’est-à-dire Riverie.
  38. Nous travaillons toutes les trois d’abord de manière indépendante pour recenser toutes les haies de cette commune à l’aide à la fois de Google Earth et de Géoportail 
  39. Nous confrontons ensuite nos analyses, c’est-à-dire le « nom » de chaque haie relevée sur Riverie, c’est à dire chaque chaîne de lettres. Nous analysons ensemble les quelques écarts recensés pour améliorer notre méthode.
  40. Il est temps d’aller vérifier sur le terrain mais la météo est exécrable ! Il neige et nos haies sont en train de disparaitre sous l’immensité blanche ! Compte tenu du fait que la météo va s’aggraver les jours suivants, nous prenons la décision d’aller sans attendre sur le terrain avec l’ordinateur sous le bras et la carte des haies de Riverie.
  41. Nous décidons alors de photographier et même de filmer une douzaine de haies sur la trentaine que possède la commune. Au retour, nous comparons nos analyses faites sur l’écran avec celles obtenues à la lecture des photos. Nous devons faire quelques corrections minimes surtout concernant la hauteur des haies (mal lisible sur l’ordinateur) et nous décidons de valider notre méthodologie.
  42. Voilà une première semaine positive
  43. Phase 2 qui dure 2 semaines : inventaire des haies de 5 autres communes.
  44. Nous nous sommes partagé le travail : Sainte-Catherine pour Emeline
  45. Soucieu en Jarrest pour Margaux
  46. Chaussan
  47. Ainsi que Saint-Sorlin pour moi.
  48. Nous terminerons par Saint-Didier –Sous Riverie dont nous nous partagerons les secteurs.
  49. Nous répertorions environ 50 haies par jour au début puis une centaine par jour avec davantage d’expérience.
  50. Travail assez éprouvant et surtout beaucoup plus long que ce à quoi nous nous attendions ! Il m’aura fallu près de 22 heures uniquement pour répertorier les quelques 300 haies de la commune de Chaussan par exemple … La commune de Soucieu-en-Jarrest en compte 660. Margaux en viendra à bout le mardi 19 au soir ! Tandis qu’Emeline qui a pris du retard avec sa grippe continue sans perdre l’espoir d’arriver au bout sa commune de Sainte-Catherine !
  51. Il suffit de cliquer directement sur la haie pour que l’on puisse lire ses caractéristiques.
  52. Intermède.
  53. 12 jours seront nécessaires à trois pour terminer l’inventaire des 7 communes de Sainte-Catherine, Soucieu en Jarrest, Chaussan, Saint-Sorlin, Riverie et Saint-Didier sous Riverie.
  54. RV près du cimetière de Chaussan avec Jérôme Berruyer.
  55. Celui-ci est un technicien spécialiste des haies et qui travaille pour la fédération de chasse du Rhône. Il nous donne une longue explication très intéressante sur le rôle des haies…
  56. Jérôme Berruyer nous emmène découvrir une haie « spontanée ». Des poteaux délimitent simplement la future haie et la nature fera le reste spontanément.
  57. Voici le travail de paillage de l’équipe des brigades vertes.
  58. Pour nous, Alice a imprimé une grande carte IGN qui va nous servir sur le terrain pour tester notre travail.
  59. Nous avons éparpillé une dizaine de carreaux blancs représentant des zones de 1 ha sur une partie de la commune de Saint-Didier-sous-Riverie. Nous les avons disposés un peu au hasard mais en veillant à ce qu’ils soient régulièrement espacés. Sur chacun de ces dix carrés, il nous faudra vérifier la justesse des « noms » que nous avons donnés aux haies grâce à l’ordinateur. Si ce test est convaincant, donc réussi, nous estimerons que les autres haies ont été inventoriées correctement. Puisque nous approcherons physiquement de chaque haie, nous en profiterons pour compléter leurs caractéristiques sur le fichier Excell.
  60. C’est parti ! Nous roulons vers la commune de Saint-Didier-sous-Riverie. Nous nous rendons en voiture puis à pieds sur chacune de ces zones.
  61. Voici donc la phase 3 qui débute !
  62. Avant la fin de la nuit, nous arriverons à tester les haies de deux de ces carrés.
  63. Nous n’aurons pas le loisir de nous occuper des arbres isolés qui sont pourtant magnifiques.
  64. Bientôt nous allons enjamber les clôtures, longer les prés,
  65. grimper dans les collines, nous perdre dans les fourrés et patauger dans la neige…
  66. Aujourd’hui il va faire froid et triste toute la journée ! Nous commençons par le carré de 1 ha du secteur de la Cognatière.
  67. Ici nous sommes au sud-ouest du village de Saint-Didier sous Riverie.
  68. Nous changeons de petit carré et explorons l’hectare de la Jurière.
  69. De hautes haies de peupliers bordent l’étang.
  70. Cet après-midi nous aurons pu tester 4 autres ha
  71. Et celle-ci qui souligne le tracé de la route..
  72. Finalement dix tests auront été menés et nous estimons que cela suffit. Il nous semble que le pourcentage d’erreurs est proche de celui dont nous a parlé Jérôme Berruyer, soit de 10 à 15%. Les erreurs concernent essentiellement les hauteurs des haies difficiles à bien détecter sur l’ordinateur et même d’ailleurs dans la réalité. Souvent, sur quelques dizaines de mètres, une haie peut être qualifiée à la fois de basse et de haute.
  73. Nous ne pouvons malheureusement consacrer que deux jours à la phase 4 : hiérarchisation du réseau de haies existant et proposition d’un schéma de préservation et de développement du réseau de haies. Margaux et Emeline élaborent un document résumant la méthodologie de hiérarchisation des haies en fonction de leurs rôles et des enjeux. que voici :
  74. Restauration des réseaux de haies
  75. Les enjeux
  76. Enjeux écologiques : 
  77. – notion de trame verte et bleue, circulation de la biodiversité
  78. – abris et alimentation de la faune
  79. – création de microclimats formant des écosystèmes à eux-seuls
  80. – amélioration de la qualité des sols
  81. – refuge des pollinisateurs
  82. – maintien de bois mort favorable à la faune
  83. Enjeux économiques : 
  84. – brise-vent réduisant l’évapotranspiration et donc l’assèchement des sols
  85. – filtre naturel des eaux de ruissellement donc absorbant les produits phytosanitaires et limitant les inondations
  86. – soutien à l’installation des auxiliaires de culture
  87. – production de bois de chauffage ou bois d’œuvre
  88. – effet parasol de l’ombre limitant l’assèchement du sol et protégeant l’élevage
  89. – reconquête de l’identité d’un bocage et donc attrait touristique
  90. Enjeux sociétaux : 
  91. – stockage du carbone dans le sol
  92. – régulation du climat
  93. – reconquête de la diversité et de l’esthétique des paysages culturels.
  94. Nous passons alors à l’étape des propositions concrètes de critères de replantations. 3 axes majeurs
  95. – En premier lieu, il s’agit de tout faire pour conserver les haies existantes, et donc de stopper impérativement leur destruction car toutes les haies (autres que les haies de thuyas) sont importantes.
  96. – Dans un second temps, l’idée est de restaurer si besoin les haies existantes et de les gérer.
  97. – Enfin, il faut établir un programme de plantation de nouvelles haies à partir d’un schéma de connectivité.
  98. Les propositions
  99. création de grands corridors (au sein de la région)
  100. – création de réseaux secondaires (locaux)
  101. – création de haies aux essences  locales et diversifiées
  102. – création de haies perpendiculaires à la pente (érosion, eaux de ruissellement)
  103. – création de haies de bas de pente
  104. – création de haies dans les hauts de versants
  105. – création de haies arborescentes orientées est/ouest (effet de brise-vent car le vent dominant est nord-sud)
  106. – création de haies basses autour des cultures (refuge des auxiliaires)
  107. – création de haies à haut-jets orientées nord/sud pour l’élevage (ombre)
  108. – conservation  des déchets végétaux et des ronciers (important pour la petite faune)
  109. Il s’agit donc de hiérarchiser toutes ces haies recensées ou à créer et de bien déterminer lesquelles sont stratégiques.
  110. Retour aux ordinateurs pour amorcer un travail de propositions concrètes de haies à replanter.
  111. Nous partons de la couche SIG précédente c’est-à-dire celle des haies existantes que nous venons d’inventorier et nous rajoutons, évidemment en utilisant d’autres couleurs, une couche « grands corridors » et une couche « réseaux secondaires » de futures haies à planter.
  112. Ici sur cette photo une proposition de « grands corridors » sur la commune de Saint-Didier-sous-Riverie : orange pour l’existant, rose pour des créations.
  113. Pour réfléchir aux tracés des grands corridors, nous nous appuyons sur la couche SIG EBC, espaces boisés classés que nous complétons par les zones de forêts non classées (ici en blanc).
  114. Nous avons conscience de notre amateurisme en la matière. Nous manquons de formation pour effectuer ce travail et nous ignorons les contraintes inhérentes à ce type de réflexion : budget alloué, volonté des agriculteurs, des communes, etc.
  115. Le stage se termine cet après-midi. Alice avait insisté pour venir nous voir à Lyon. Elle arrive les bras chargés de trois grandes cagettes remplis de produits venant d’Uniferme c’est-à-dire de toutes sortes de bonnes choses !
  116. Disons un mot du contexte de cette association créée en 2009.
  117. Elle appelle à la reconquête écologique et esthétique des paysages. Nos actions s’inscrivent dans le cadre de la Convention européenne du paysage qui a été ratifiée par la France en 2006. Cette Convention qu’on appelle encore Convention de Florence a pour but de promouvoir la protection, la gestion et l’aménagement des paysages européens.
  118. Elle stipule que les populations doivent être au cœur des politiques du paysage et que celles-ci ne sont donc plus l’apanage des seuls experts.
  119. Le paysage, c’est notre cadre de vie, c’est notre patrimoine.
  120. Notre association insiste sur le fait que tout paysage a droit à notre estime et à notre attention, qu’il soit qualifié d’exceptionnel ou pas.
  121. On ne peut nier que beaucoup trop de paysages sont malmenés.
  122. Et que les considérations d’esthétiques sont trop souvent oubliées. Quant aux problèmes écologiques ils ne sont, hélas, pas toujours pris en compte.
  123. Restaurer, réhabiliter, reconquérir, réparer, ce n’est pas un retour nostalgique au passé ! Un paysage est vivant. Un paysage respire.
  124. Les paysages sont façonnés par les paysans, les urbanistes, les architectes. Ils ont toujours évolué et continuent d’évoluer …. Mais pas dans l’anarchie et la laideur…
  125. Notre but : identifier les reconquêtes et convaincre les acteurs concernés de porter leur réalisation 
  126. Mais qui sont donc les acteurs concernés par ces reconquêtes ? L’état, les collectivités territoriales, Les urbanistes, les architectes, La société civile : les agriculteurs, les associations, les acteurs isolés qui portent un projet et qui méritent un accompagnement…
  127. La reconquête écologique des paysages concerne de nombreux secteurs comme la sylviculture, l’agriculture, le pastoralisme. Comme le problème des plantes invasives et celui des haies, qu’elles soient bocagères ou qu’elles soient constituées d’une seule essence (j’y reviendrai). Cette reconquête concerne bien sûr les espaces naturels sensibles (comme les milieux d’altitude, les zones humides, les ZNIEFF) et le développement des trames vertes et bleues.
  128. Un point essentiel concerne le phénomène de banalisation avec notamment l’extension urbaine et l’artificialisation des terres. Par ailleurs, dans la lecture du paysage, il faut évidemment s’attacher au patrimoine bâti ainsi qu’aux itinéraires de découverte.
  129. Résumons : – lutter contre la perte de la biodiversité –  Lutter contre la perte et le cloisonnement dramatiques des terres agricoles- lutter par conséquent contre l’étalement urbain- lutter contre l’uniformisation et la banalisation de nos paysages- prendre soin des paysages « ordinaires »- Et pour cela, mobiliser les acteurs publics locaux et leurs relais
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