EN DÉPIT DES FREINAGES, ALLONS-NOUS ENFIN OSER LA VÉRITABLE TRANSITION QUI S’AVÈRE INDISPENSABLE A LA SURVIE DE L’ENSEMBLE DES GÉNÉRATIONS ?

Written by Claude CAMILLI

Par Etienne Crémille

La persistance d’un rêve du vieux monde

De toutes parts, de tous côtés, les conversations tournent autour de l’espoir que cesse enfin l’épidémie de la COVID-19 et que la vie reprenne comme avant, la vie « normale » bien évidemment.  Et de fait, beaucoup de monde attend de retrouver le vieux monde, celui dans lequel il était acquis, dans les mœurs consuméristes quotidiennes, d’acheter n’importe quoi dans n’importe quels magasins inondés de produits dénaturés, de surconsommer à tout-va dans tous les domaines possibles, de prendre l’avion pour un W.E. à Marrakech ou une semaine en Thaïlande. Ben oui ! Où est le mal ?

On en arrive à ce désolant paradoxe où le slogan optimiste de mai 68 : « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ! » relaté dans son livre d’histoire par le poète, écrivain et plasticien Jean-Louis Brau, (10 juin 1930 – 29 août 1985) est remplacé par une citation pessimiste et réaliste de l’écrivain et avocat Denis Langlois (30 janvier 1940 – ) : « Cours, camarade, le vieux monde est encore devant toi. »

On a pratiquement convaincu les citoyens que la vie va redevenir « comme avant » dès qu’un nombre suffisamment important de gens seront vaccinés. C’est une erreur grossière et même un mensonge. Ce faux espoir est illusoire sauf à s’autodétruire irrémédiablement. Si nous revenons au monde d’avant, si nous nous accrochons au vieux monde, si nous continuons de refuser de remédier aux causes, celles qui émettent des gaz à effet de serre, celles qui détruisent la biodiversité, tout empirera de plus belle avec des virus encore bien plus dangereux. Non ! Le monde d’avant doit être clos.

Pour le moment, depuis qu’une impressionnante panoplie de vaccins est sortie des laboratoires de nombreux pays, il n’est plus question dans les informations, à la radio ou à la télé, que de messages tristes et répétitifs, que de promotion de campagnes de vaccinations. Une seule solution est proposée, la vaccination, comme si il n’y avait pas d’autres alternatives. Depuis le début de l’année, tous les moyens sont mis en œuvre pour la vaccination des personnes, d’abord celles qui sont les plus âgées, ensuite celles qui sont les plus à risques, atteintes de comorbidité, puis les 50/70 ans, etc…. L’expression « Il n’y a pas d’autre choix », traduction de l’expression « TINA – There Is No Alternative », reste d’une totale et funeste actualité en 2021. Elle fût le slogan du Premier ministre britannique Margaret Thatcher dans les années 1980, dont on sait où il a conduit la Grande Bretagne.

La solution par le matraquage vaccinal

Quatre milieux différents et pourtant semblables dans leur approche « TINA » sont particulièrement puissants, les milieux agricolo-industriel, médico-pharmaceutique, politico-médiatique ainsi que le complexe militaro-industriel. Leurs caractéristiques sont d’être des milieux « fermés » qui tournent en rond à l’intérieur de leur système idéologique, qui se forgent des idées simplistes et n’ont jamais d’idées nouvelles, qui n’entreprennent que des actions à l’intérieur de leur système et ne proposent que des solutions inefficaces, tel un cataplasme sur une jambe de bois. Ces milieux sont rigidifiés, mortifères. Avec de telles œillères, on ne se débarrassera pas des virus et l’épidémie de la Covid 19 n’apparaîtra que comme une vaguelette par rapport aux tsunamis qui nous attendent. Ayons à l’esprit l’impossibilité, depuis 1983, de découvrir et de fabriquer un vaccin contre le SIDA (Syndrome d’Immuno Déficience Acquise) dû au VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) et donc la menace de situations pires. Les solutions fécondes nécessitent de « sortir » du cadre qui est en lui-même stérile.

L’incapacité de changements des structures de pouvoir

Bernard Stiegler s’est interrogé en mars 2020 sur le cynisme des Etats et des entreprises en réponse à la colère justifiée de la jeune Suédoise Greta Thunberg. Il a affirméque: « Même s’ils le voulaient, les Etats n’auraient pas les concepts pour changer. » Les citoyens se heurtent au pouvoir de nuisance des Etats qui non seulement n’agissent pas mais qui tel le gouvernement français détricote actuellement sans aucune vergogne les 149 propositions de la Convention citoyenne pour le Climat.

Barbara Stiegler, la fille de Bernard, explique dans une interview du 22 mars 2021 que les gouvernants vont désormais beaucoup plus loin dans leurs modes d’action, s’appuyant sur « l’économie comportementale », un dispositif qui vise à orienter en douceur nos choix, « pour notre bien » ou celui de la collectivité, sans que nous n’ayons toujours conscience d’en être l’objet. L’exécutif français utilise depuis le printemps 2020 de nouvelles techniques, des incitations psychologiques, dites des coups de coude ou « nudge » pour favoriser l’adhésion des Français aux mesures barrières. Il a fait appel au groupe BVA, société française d’études et de conseil, experte en sciences comportementales, pour créer des structures de conseil, les « Nudge unit », et prétendre ainsi faire face à la crise pandémique.

Les indispensables actions de la société civile

Il paraît nécessaire selon Bernard Stiegler de réinterroger l’intégralité des savoirs et de les réarticuler entre eux, en mettant la question de l’entropie au cœur des connaissances pour être en mesure de répondre au problème de notre époque. Il a expliqué : « Il faudrait établir une nouvelle critique de la science dans le monde industriel. La science est intégralement soumise au développement du capitalisme industriel, elle n’est donc plus du tout autonome, contrairement au XVIIIème siècle. » Agir face aux changements environnementaux nécessite de décloisonner les savoirs et de rendre la science autonome par rapport au capitalisme. Il a énoncé que la VIE est un système dynamique « ouvert » qui est générateur de « bifurcation », donc de dépassement de tous les calculs, algorithmiques notamment, et qui, luttant contre l’entropie, génère de la « néguentropie », du potentiel énergétique.

Il est acquis que deux causes majeures favorisent la dispersion de virus inconnus du métabolisme humain et donc dangereux pour nos vies, les déforestations massives et les élevages industriels concentrationnaires de canards, de cochons, de  poulets et de bien d’autres animaux. La problématique actuelle est très bien présentée dans le documentaire « Le Grain de sable dans la machine » tourné en 2020 par le réalisateur belge Alain de Halleux et diffusé sur ARTE le mardi 2 mars 2021 : https://www.arte.tv/fr/videos/097044-000-A/le-grain-de-sable-dans-la-machine/.

Sur le front des forêts françaises, de très nombreux documentaires ont déjà été diffusés qui présentent l’exploitation acharnée et insensée, encouragée par l’Etat, des forêts françaises. Récemment, le dimanche 21 mars 2021, France 5 a diffusé le documentaire « SUR LE FRONT » qui présente l’état catastrophique des forêts sur tout le territoire. Des abatteuses industrielles sont utilisées pour couper en quelques heures des parcelles entières ne laissant qu’un sol décapé, meurtri. De belles forêts riches en biodiversité sont décimées puis remplacées par des « champs d’arbres » monotones, d’une seule variété, des plantations de Douglas, une essence venue d’Amérique du Nord.

Un essai majeur « LA FABRIQUE DES PANDEMIES » a été écrit par Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, lauréate du Prix Albert-Londres en 1995, en collaboration avec Serge Morand, écologue et biologiste de l’évolution, directeur de recherche au CNRS. La rédaction du livre a mobilisé des travaux et des entretiens avec plus de soixante chercheurs du monde entier. Il en ressort de façon glaçante que la destruction des écosystèmes par la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle et la globalisation économique menace directement la santé planétaire.

Agir localement ! Les déforestations de tous ordres, telles que les abattages d’arbres dans les Ramières, la destruction de bosquets au milieu des champs, la coupe de lignées d’arbres le long des chemins départementaux, contribuent à détruire l’équilibre écologique et doivent cesser. La création ou l’extension d’élevages concentrationnaires industriels de volailles ou de porcs, favorisent les zoonoses, une transmission des virus des animaux aux humains, et ne doivent plus être autorisées.

[Article à retrouver en couleurs sur : http://ber04.free.fr/]     Léon-Etienne CREMILLE le 30 mars 2021]

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