Une zone humide extraordinaire

Une zone humide extraordinaire

La réserve naturelle de la plage de Panjin

 

Partons en Chine sur le delta du fleuve Liaohe à la découverte d’une zone humide extraordinaire, verte au printemps mais d’un rouge incroyable à l’automne.

Voyons comment les autorités chinoises, conscientes de l’extrême richesse écologique de cette zone (reconnue site Ramsar) et conscientes également des menaces terribles qui pèsent sur elle, tentent de la restaurer, soutenues par l’Agence française du développement.

 

Voici le texte de cette vidéo.

Bonjour, ici c’est Claude Camilli. Bienvenue dans cette nouvelle vidéo de Paysagesreconquis-monblog.

Aujourd’hui, exceptionnellement, je vous propose de partir à l’étranger, dans le nord-est de la Chine. Plus exactement dans la province du Liaoning. Il y a là une zone humide extraordinaire qui borde le delta du fleuve Liaohe. Oui, oui, vous voyez bien, cette couleur ce n’est pas une hallucination !

Voici la « plage rouge » de Panjin, en bordure de ce delta donc. Ici, pas de sable mais une algue bien particulière, la Sueda, qui pousse en avril sur des sols salins-alcalins. Cette algue garde sa couleur verte tout l’été avant de virer au rouge à l’automne, vers septembre octobre, un rouge qui peut être vif mais qui est plus souvent couleur bordeaux. Ce lieu magnifique est une réserve naturelle, un écosystème d’une extrême richesse, malheureusement menacé, que l’Etat tente de protéger depuis la fin des années 80. On peut le surplomber depuis un cheminement sur pilotis, construit en bois.

Je dois vous préciser d’abord que la plupart des informations de cette vidéo proviennent de l’AFD, l’Agence française de développement.

On sait qu’il existe en Chine une incroyable diversité écologique mais, on le sait aussi, ce pays est confronté à une très forte pression démographique et à une croissance furieuse. Il en résulte des dégradations de l’environnement assez catastrophiques. Notamment, les zones humides disparaissent à un rythme effrayant : les lacs et les marécages se réduisent et plus de la moitié des zones humides du littoral chinois a disparu.

Les autorités chinoises, qui ont bien conscience de cette crise environnementale, ont lancé un nouveau plan quinquennal pour engager le pays dans des reconquêtes de biodiversité.

Soutenues par l’Agence française du développement, elles veulent restaurer la zone humide emblématique  du delta du Liaohe où poussent non seulement la Sueda, cette algue qui vire au rouge en automne mais aussi l’une des plus grandes roselières au monde. Autant dire que cette zone qui se situe sur la route de migration des oiseaux d’Asie de l’est  est d’une importance mondiale.  Cette zone est reconnue site Ramsar. La convention internationale de Ramsar (Ramsar est une ville du nord de l’Iran) est entrée en vigueur en 1975 et se donne pour but la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides.

Mais pourquoi vouloir sauver les zones humides ?

C’est que ce sont de véritables poumons pour la planète où trouvent refuge une grande variété de formes de vie. Ce sont de véritables éponges naturelles efficaces contre les inondations. Par ailleurs elles régulent le changement climatique en stockant le dioxyde de carbone. Les zones humides ont donc des fonctions hydrologiques, écologiques et biologiques.

Que s’est-il donc passé pour qu’on veuille restaurer la zone humide du delta du Liaohe ?

Dans les années 1950, avec les roseaux la population fabriquait de la pâte à papier. Pour répondre à cette économie locale la zone humide a été totalement artificialisée. Ensuite, dans les années 1970, c’est l’industrie pétrolière qui a pollué l’eau et les sols. Les milieux naturels ont été fragmentés et les paysages se sont dégradés.

Or cette zone est le lieu de passage de plus de 250 espèces d’oiseaux dont beaucoup sont emblématiques comme la mouette de Saunders, la grue du Japon, l’un des plus grands oiseau du monde qu’on appelle encore grue à couronne rouge, la grue de Sibérie et la sauvagine qui viennent nidifier ici, la cigogne blanche, la cigogne noire. Beaucoup d’espèces d’oiseaux sont menacées et certaines sont en voie d’extinction. C’est le cas de Phalaropus fulicarius et de Larus saundersi par exemple. Il n’existe plus qu’environ 3000 Larus saundersi dans le monde dont 2000 sont dans cette zone humide.

Il s’agit donc de rétablir les fonctions hydrologiques et écologiques du delta. Cela passe par la réhabilitation des infrastructures hydrauliques, la dépollution des puits de pétrole, la reconquête des zones dégradées, la revégétalisation des routes abandonnées, des prés salants, des zones aquacoles. 50 000 habitants vivent des activités liées à l’exploitation du roseau, de la pêche, de l’aquaculture et de l’écotourisme. Une meilleure valorisation des ressources naturelles, notamment de la roselière dont la productivité augmente, permet d’améliorer le niveau de vie de cette population locale. Population qui est mise à contribution car la gestion du territoire doit devenir l’affaire de tous. C’est pour cela que le programme de soutien de l’Agence française de développement inclut l’éducation à l’environnement et incite fortement à la concertation et au débat d’idées.

Nous voilà donc en présence d’une belle reconquête esthétique et écologique, une reconquête de la biodiversité et des paysages…

C’était Claude Camilli de Paysagesreconquis-monblog. A bientôt pour une prochaine vidéo !

 

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