Réaménagement d’une carrière

Réaménagement de la carrière de Roissiat

dans l’Ain

Famille : Paysage rural-patrimonial

Aspects pratiques

Organismes            

  • SAPPR Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône
  • ATR Association Touristique du Revermont devenue (Association Terres du Revermont)

 

         Le Mont Myon       Photo site ATR              

Historique

  • avril 1946 : classement du Mont Myon
  • oct. 1990 : signature de la Charte du Revermont par 36 communes
  • juillet 1994 : présentation d’un projet d’exploitation de carrière à Roissiat par la SAPRR (Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône), projet lourdement pénalisant pour le site ; demande  du Préfet, des services de l’Etat (DRlRE et DlREN), du CAUE et des élus du Revermont d’une réflexion technique conduite par la SAPRR afin que le site retrouve un modelé s’inscrivant parfaitement dans le paysage environnant.
  • 1994 : étude menée en concertation avec les services de l’Etat, les élus et les partenaires locaux par la SAPRR, aidée d’un géomorphologue du Centre d’Etude Technique de l’Equipement d’Aix en Provence et du Bureau d’étude CAREX Environnement ;
  • présentation d’un nouveau projet d’exploitation et de remise en état jugé recevable
  • mars 1995 : signature d’une Charte d’écologie rurale par l’ATR, l’Association Touristique du Revermont avec le Ministère de l’Environnement
  • 1995-1998 : exploitation, remodelage et renaturation de la carrière
  • mars 1997 : suivi de la revégétalisation par l’association Connaissance de la Flore de l’Ain

Partenaires techniques

  • DlREN (Direction Régionale de l’Environnement)               
  • DRlRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement)
  • CAUE de l’Ain (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement)
  • CETE d’Aix en Provence (Centre d’Etude Technique de l’Equipement)
  • Bureau d’étude CAREX Environnement
  • Association Connaissance de la Flore de l’Ain

Partenaires financiers

  • SAPRR Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (pour études, exploitation, réaménagement et revégétalisation)
  • Ministère de l’Environnement (suivi floristique de la revégétalisation)

 

                      

L’intervention
Le résumé suivant est le travail de Gérard Olivier


Le contexte

Le Revermont, dernier chaînon Sud du massif du Jura, est un site déclaré d’intérêt régional par le Conseil Régional Rhône-Alpes, tant pour sa qualité paysagère qu’écologique (pelouse sèche à orchidées).
Le site classé du Mont Myon (10 avril 1946), est situé à 2 km du projet de la carrière de Roissiat et en covisibilité de la partie haute de l’exploitation. Les élus du Revermont (36 communes) signent le 29 octobre 1990 une charte: « La Charte du Revermont », se donnant pour objectifs de protéger, de mettre en valeur et de promouvoir le Revermont:

L’article 3 stipule : «la qualité paysagère exceptionnelle des pentes et des crêtes du Revermont et plus particulièrement des versants Est et Ouest de ce massif conduit les élus à agir pour que ces espaces conservent leur caractère naturel remarquable. »

L’article 5 stipule : «  les élus du Revermont sont soucieux de conserver à ce massif toutes ses potentialités naturelles et touristiques. Ils prendront garde à ce que ne s’implantent pas dans ce site des aménagements, des exploitations, des installations qui, par leurs effets nuisants ou déstructurants, risquent d’en altérer la qualité …».


Le 23 mars 1995, l’ATR, l’Association Touristique du Revermont, signe avec le Ministère de l’Environnement une Charte d’écologie rurale.

 

Exploitation de la carrière de Roissiat – le matériau:

Le calcaire blanc et fin du Revermont convient parfaitement pour la réalisation des couches de chaussée (couches de forme et béton bitumineux).Une ancienne carrière, en activité réduite, exploite en partie le gisement et montre un front de taille particulièrement visible et inesthétique sur le flanc du Revermont.

Une affaire mal partie :

En juillet 1994, lors d’une réunion à la Préfecture de l’Ain, un projet d’exploitation de carrière à Roissiat est présenté par la SAPRR (Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône).Ce projet d’exploitation présente un front de taille de 130 mètres de haut, découpé en gradins.6 millions de tonnes de matériaux sont nécessaires pour réaliser les couches de chaussées de l’autoroute A39 (Dôle – Bourg-en-Bresse) dont la déclaration d’utilité publique est prononcée.

La DIREN (Direction Régionale de l’Environnement) et le Président de l’ATR (Association Touristique du Revermont) découvrent le projet en séance ; ils émettent aussitôt de fortes réserves sur cette implantation et sur le mode d’exploitation particulièrement pénalisant pour le site et les riverains.
Le Ministre de l’Environnement saisi, demande alors au Préfet de surseoir à l’autorisation de l’exploitation en l’état.Le Préfet, les services de l’Etat (DRlRE et DlREN), le CAUE et les élus du Revermont souhaitent qu’une réflexion soit conduite par la SAPRR sur la base d’un projet technique dit de « remodelage » consistant à exploiter le site sur son épaisseur selon unprocédé « en pelures d’oignon » (différent d’une exploitation en profondeur avec un front de taille). En fin d’exploitation, le site devrait retrouver un modelé s’inscrivant parfaitement avec le paysage environnant.

 


La description de l’intervention

Le nouveau projet d’exploitation:
La SAPRR, aidée d’un géomorphologue du Centre d’Etude Technique de l’Equipement d’Aix en Provence et du Bureau d’étude CAREX Environnement travaille en concertation avec les services de l’Etat, les élus et les partenaires locaux et présente un projet d’exploitation et de remise en état jugé alors recevable (intégration au site et compatibilité avec les objectifs des riverains et la charte du Revermont).

 

         

 

 Parmi les conditions définies, notons tout particulièrement :

– une hauteur de banc d’exploitation de 160 m (définissant ainsi le sommet de l’exploitation) et une limite en profondeur de 325 m,
    – l’exploitation conduite tranche par tranche de haut en bas avec une épaisseur maximale de chaque tranche de 15 m,
    – la préconisation d’un décapage et du stockage de la terre végétale en limite supérieure de la tranche, en cours d’exploitation, en vue de sa réutilisation dans le cadre de la revégétalisation progressive du site,
    – l’établissement de cahiers des charges précis, destinés à l’entreprise chargée de la revégétalisation du site, en vue de définir les modalités précises de remodelage des terrains remaniés,
    – des dispositifs spécifiques prescrits pour limiter l’impact sonore (plan de tirs adaptés, merlons de protection, isolants phoniques, route de contournement du village pour acheminer les matériaux ….)

Plutôt que d’exploiter la carrière de manière classique en gradins, et pratiquer une ouverture béante dans la montagne, on a préféré commencer par le haut et travailler par tranche. Ainsi, le profil de la colline est reculé d’une cinquantaine de mètres vers l’intérieur et remodelé.

L’exploitation intensive débute en septembre 95 : extraction quotidienne de 13 000 tonnes de minéraux, avec l’emploi de 75 personnes aux travaux de minage, forage, auxquelles s’ajoutent les mécaniciens et l’encadrement (35 personnes) + 80 chauffeurs pour une flotte de 45 semi-remorques qui acheminent journellement les matériaux jusqu’au chantier de l’autoroute.

L’exploitation :
l’exploitation, conduite de 1995 à 1998, prélève 3 millions de m3 de matériaux. Le relief est exploité sur toute sa surface, du sommet à la base par tranches successives, sur une faible épaisseur selon les prescriptions de l’arrêté préfectoral. Ce mode d’exploitation du gisement rocheux permet de conserver à la zone exploitée un modelé s’intégrant harmonieusement avec le relief environnant.

Le groupe de travail mis en place pour accompagner l’exploitant (ATR, DlREN, DRIRE, acteurs locaux) propose, au cours des travaux, des modifications permettant un rendu paysager et écologique encore plus satisfaisant (conservation d’une petite barre rocheuse, aménagement d’une zone humide, de talus d’éboulis …).


La terre végétale, conservée lors de l’extraction, est régalée sur le site reconstitué et sert de support à des campagnes de végétalisation successives:
– dans une première phase :ensemencements herbacés, constitués essentiellement d’espèces pionnières locales,
– dans une seconde phase : campagnes de plantation de 30.000 sujets arbustifs d’espèces locales (cornouillers, aubépines, noisetiers, églantiers, chèvrefeuilles, sureaux noirs …).

Le suivi de la revégétalisation du site fait l’objet d’une action mentionnée dans la Charte d’écologie rurale ; l’ATR confie à la Flore de l’Ain l’inventaire des espèces recolonisatrices du milieu réhabilité.

 

La terre de couverture (de type pelouse sèche calcaire) originaire du site, stockée sur les hauteurs pendant les travaux, est épandue sur le matériau stérile. Elle est ensuite ensemencée. Deux mélanges d’herbacées dits « composition spéciale » sont utilisés et complétés selon les zones par des semences de ligneux et d’espèces vivaces à fleurs. Le choix des mélanges tient compte en priorité des caractéristiques du milieu, des objectifs paysagers et des modalités de l’entretien. Au total, ce sont 20 000 végétaux qui prendront racine. C’est une revégétalisation exemplaire.

Le résultat:

Le résultat de ce type d’exploitation et de remise en état est très satisfaisant; le temps finira d’effacer progressivement les dernières traces du chantier.

Les objectifs

Ce réaménagement innovateur a permis une véritable action de remodelage de la colline et l’effacement des traces de l’extraction des matériaux. Le front de taille a été gommé, les saillies ont été adoucies et le site a pu se réinscrire harmonieusement dans le relief environnant. Un couvert végétal reconstitué à partir d’espèces locales a permis de gommer littéralement et définitivement la cicatrice initiale.

L’objectif de préservation de la qualité de ce paysage exceptionnel est donc atteint. Et à cet égard, cette réalisation est particulièrement exemplaire.

Les retombées

La preuve est faite qu’il est possible de réaliser des exploitations de carrières en matériaux rocheux en respectant l’environnement. La volonté des élus locaux est une donnée essentielle. La mise en place d’un groupe de travail pour suivre les travaux a montré toute son efficacité sur le plan technique et a permis un travail mené en confiance avec l’exploitant ; par ailleurs, cette action a rendu possible une véritable appropriation de l’exploitation et de sa remise en état par les habitants et les élus du Revermont. La mise en œuvre de telles actions de réparation implique une bonne volonté réciproque et une concertation des différents acteurs …

La carrière de ROISSIAT est un chantier pilote qui doit servir d’exemple.

Il a valu à la SAPPR l’obtention du « Trophée du Roc d’Or » au 4ème festival international multimédias, Bâtiment, Architecture, Construction, Travaux Publics, Environnement  à Paris en octobre 1999.

Sources :

  • Note de présentation, Gérard Olivier (05/05/04)
  • Document de SAPRR : Réaménagement de la carrière de Roissiat, un partenariat réussi entre SAPRR et ATR
  • Document de Connaissance Flore de l’Ain : Suivi floristique de la carrière de Roissiat

Personne ressource      

  • Gérard Olivier (Président de l’Union Régionale des Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement en Rhône-Alpes; Secrétaire de l’Association AVENA; Administrateur au CAUE 01)

Pour en savoir plus      

  • Sites Internet ATR ; APRR (www.aprr.fr )
  • Association « Connaissance de la Flore de l’Ain »

1 Bd Paul Valéry 01000 Bourg-en-Bresse

 

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