Plan de sauvegarde du bocage bressan (Ain)

Plan de sauvegarde du bocage bressan

(Ain)

 

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Famille : Paysages ruraux patrimoniaux

Aspects pratiques

 Organismes                                                 

  • Communauté de communes de Montrevel-en-Bresse (14 communes)
  • Cap3B Syndicat mixte de développement du Bassin de Bourg-en-Bresse

Historique

  • 1965 : création du district, transformé en Communauté de Communes en 2002
  • 1984 : charte intercommunale
  • 1988-1995 : deux contrats de pays
  • 1995 : premières interrogations sur l’avenir de l’agriculture en Bresse
  • 1997 : Diagnostic de Gestion de l’Espace  Groupe de réflexion regroupant élus et agriculteurs locaux
  • 2000 : Programme d’actions retenu par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement dans le cadre du 2ème appel à projet pour les Agendas 21
  • 2000 – 2005 : PLGE, « programme local de gestion de l’espace » : programme d’actions transversales, mêlant économie, social, environnement dont l’axe le plus marquant est la sensibilisation au paysage bocager et à sa sauvegarde ; 30 km de haies sont plantés
  • 2003 -2013 : Approbation du plan d’action AGENDA 21.
  • 2009 : Etude de prospective territoriale sur deux décennies

 Candidature du Syndicat mixte Cap3B (Bassin de la Ville de Bourg-en-Bresse) à    un appel à projet régional: les Fonds européens agricoles pour le développement rural (FEADER), le Fonds National d’Aménagement et de Développement du Territoire (FNADT)ainsi que l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse financeront 80% des plants et des travaux de plantations de haies bocagères (10% seront financés par la Communauté de Communes et 10% par les bénéficiaires): environ 7,5 km de haies seront plantés.

Reconduction de l’aide à la plantation de haies bocagères pour les résidents (financement de 50% de l’achat des plants par la Communanuté de Communes).

 

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Partenaires techniques                                                        

  • CRPF (Centre Régional de la Propriété Forestière)
  • Chambre d’Agriculture de l’Ain
  • CAUE de l’Ain (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement)
  • Communauté de Communes de Montrevel en Bresse
  • DDAF (Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt)
  • DIREN Rhône-Alpes (Direction Régionale de l’Environnement)
  • Fédération Départementale des Chasseurs
  • FIB 01 (Fédération Interprofessionnelle du Bois)
  • ONF (Office National des Forêts)
  • ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage)
  • Syndicat de la propriété agricole
  • Syndicat mixte Bresse Revermont Val de Saône
  • Union des groupements de sylviculteurs de l’Ain
  • Pépiniéristes, paysagistes, associations locales, cabinet d’étude en développement durable

Partenaires financiers                                             

  • Communauté de Communes de Montrevel en Bresse
  • Région Rhône-Alpes
  • DIREN, Agence l’Eau Rhône-Méditerranée et Corse, Europe

 

 

L’intervention 

 Le contexte

Le territoire de la Communauté de communes de Montrevel-en-Bresse, composé de 14 communes, s’est profondément modifié en 40 ans avec la disparition progressive du bocage et une forte urbanisation.

Dès 1995, une inquiétude concernant l’avenir de l’agriculture se fait jour. Beaucoup d’exploitations agricoles peu viables disparaissent; des paysans en fin d’activité professionnelle cèdent leurs terres tout en restant dans leurs bâtiments entraînant une tendance à l’agrandissement des exploitations.

Le bocage bressan vieillit ; il n’est plus utilisé ni pour le  bois de chauffage, ni pour le bois d’oeuvre et donc n’est plus entretenu. Sa fonction de clôture a régressé avec l’extension des cultures céréalières et sa fonction de régulation hydraulique est supplantée par les techniques de drainage souterrain.

Le bocage actuel, héritage du 19 siècle, est désorganisé. Le maillage n’existe plus, les haies étant de plus en plus isolées. Certaines de ses essences sont victimes de maladies.

Or ce bocage a des fonctions climatiques (il abrite les cultures, les habitations et installations agricoles et protège les animaux du vent), des fonctions hydrauliques (il lutte contre l’érosion et piége les engrais et produits phytosanitaires) et des fonctions biologiques (il offre un milieu favorable à l’élevage et, véritable trame verte, il joue un rôle considérable d’abri et de refuge pour une faune spécifique : oiseaux, gibier, reptiles, insectes…)

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La description del’intervention

Une réflexion s’engage alors en 1997 à partir du Diagnostic de Gestion de l’Espace, cofinancé par la Région et conduit avec les responsables et techniciens de la Chambre d’agriculture et avec les principaux acteurs du territoire, élus et agriculteurs locaux fortement impliqués dans la vie locale. Un programme d’actions en 4 volets (agriculture, bocage et forêt, agritourisme, agriurbanisme), validé en 2000, cofinancé par la Région Rhône-Alpes est alors adopté pour orienter l’économie du territoire rural vers des perspectives d’avenir. Il est retenu par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement dans le cadre du 2ème appel à projet pour les Agendas 21. Ce dossier agricole est le seul retenu en milieu rural ; sans doute est-ce le résultat d’une capacité de travail collectif que les élus ont toujours su avoir.

Ce travail s’est fait grâce à une sensibilisation et une concertation véritable de tous les acteurs du terrain : élus, agriculteurs, propriétaires forestiers, chasseurs, randonneurs, office du tourisme et autres résidents, aidés dans leur démarche par le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement) en collaboration avec la Chambre d’Agriculture de l’Ain. Des ateliers sont ouverts à la population. Des outils pédagogiques, livrets et panneaux d’exposition sont réalisés et diffusés. Il en résulte un Plan de Gestion et de Valorisation de l’Espace (PLGE) qui est le volet agricole du futur Agenda 21. Car en 2001, les élus décident d’élaborer un agenda 21portant sur toutes les politiques de la Communauté de Communes et un cabinet d’étude en développement durable accompagne la réflexion. Approuvé en 2003, il comprend par ailleurs 4 autres volets et 30 actions dans les domaines suivants: maîtrise de l’urbanisation du territoire, enfance et jeunesse, solidarités locales et internationales, environnement.

Des actions concrètes sont ainsi inscrites dans ce PLGE :

  1. – Aide à la plantation de haies, action financée à 50% par la Communauté de Communes et 50% par la Région Rhône-Alpes qui prennent en charge l’achat des plants, la plantation restant à la charge des agriculteurs, des communes ou des résidents aidés de partenaires techniques avec le cahier des charges suivant : 100 m linéaires minimum plantés pour les agriculteurs et communes (50 m pour les résidents) et 6 essences différentes minimum avec priorité aux essences locales.
  2. – Aide à l’acquisition de bandes de terre par les communes afin qu’elles participent à la démarche de plantation, action financée à 40% par la Communauté de communes, à 40% par la Région et 20% par la commune. (Le bilan est mitigé, une seule commune s’étant portée volontaire).
  3. – Concertation sur le bocageavec la participation de la Chambre d’Agriculture de l’Ain pour décider les agriculteurs et définir des zones de plantation
  4. – Aide à la plantation de haies dans les lotissements avec l’aide du CAUE de l’Ain (même type de financements).

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Le bilan de ce programme de sauvegarde est encore fragile car l’arrachage des haies par certains agriculteurs se poursuit et une question se pose : n’y a-t-il pas plus de destructions que de plantations ? Sur les 30 km de haies plantées, à peine 7 kml’ont été par les agriculteurs et les communes, (les autres par les résidents) ; le monde agricole est encore mal mobilisé bien que des agriculteurs locaux soient de fervents défenseurs de ces actions.

Actuellement, toujours dans cette même dynamique de réflexion, une étude de prospective territoriale pour les vingt années à venir s’est engagée début 2009 ; un nouveau Contrat de Développement Rhône-Alpes se met en place (CDRA).

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Les objectifs

  • Définir une méthodologie d’action pour assurer le renouvellement du bocage existant, garantir sa pérennité, reconstruire la trame détruite, trouver une valorisation économique (élevage, tourisme, énergie…)
  • Inciter à l’entretien et à la plantation des haies pour maintenir le paysage bocager d’une part mais aussi améliorer l’intégration paysagère des bâtiments agricoles ainsi que des bâtiments en zone artisanale.
  • Sensibiliser à la fonctionnalité écologique de la haie.
  • Afficher le paysage bocager comme caractéristique du paysage bressan, créateur d’identité locale et constitutif de valeur ajoutée pour le territoire.
  • Enfin des formations à l’amélioration des abords de ferme sont également mises en place avec la participation du CAUE.

 

Il est important de souligner que la réussite d’un tel plan de sauvegarde ne peut se faire qu’avec la concertation essentielle et permanente de tous les acteurs locaux.

Les retombées

Le patrimoine bocager constitue un élément fort de l’identité du territoire et un atout économique.

C’est un environnement de qualité recherché par la population.

Le bocage maintient une agriculture diversifiée et favorise certaines productions (volaille de Bresse, vaches laitières)  dont il améliore la productivité agricole (le maillage bocager créé un microclimat qui protège les cultures, le bétail et les bâtiments agricoles contre le vent, la poussière, le froid et la chaleur).

Il préserve l’écosystème (augmente la fertilité du sol, limite l’érosion, augmente les réserves en eau, diminue le dessèchement, limite les pollutions des nappes, augmente la diversité animale et végétale).

Il améliore l’intégration paysagère des bâtiments.

Les entreprises recherchent des sites attractifs et utilisent ce paysage bocager pour valoriser leur propre image. Le bocage favorise un développement d’accueil touristique, le milieu rural devenant de plus en plus une destination privilégiée.

Il apparaît lui-même comme un « produit », support de différentes activités telles que randonnées, chasse, pêche.

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Sources : Communauté de communes de Montrevel-en-Bresse, brochures CAUE de l’Ain

Personnes ressource                                   

  • Martine Burtin, Responsable du développement et de l’aménagement du territoire.

Communauté de Communes de Montrevel en BressePlace de la Mairie

BP 69- 01340 Montrevel-en-Bresse

Courriel : martine.burtin@cc-montrevelenbresse.fr

Site internet : http://WWW.cc-montrevelenbresse.fr

  • CAUE de l’Ain

Pour en savoir plus                                     

Brochures du CAUE de l’Ain et de la CC de Montrevel-en-Bresse :

– Bresse, Revermont, Val de Saône- Le bocage, un paysage à faire vivre

– 4 questions sur la haie

– Charte des abords de fermes, cahier de recommandations

– Habiter en lotissement, quelques recommandations à l’usage des acquéreurs…

– Charte de qualité du paysage et du cadre de vie Bresse, Revermont, Val de Saône

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