De la nécessité de protéger les abeilles

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Cet article a été rédigé par Olivier Perré – Apiculteur et auteur du blog “Devenir apiculteur – Aspects pratiques”

La nécessité de protéger les abeilles….ou la face émergée de l’iceberg que sont les pollinisateurs

Baisse des rendements (agricoles, maraîchers, arboricoles, apicoles), appauvrissement des sols, maladies et disparitions « inexpliquées » des abeilles, des oiseaux, mortalité accrue du bétail et des animaux de ferme et des petits élevages, effondrement de la fertilité des reproducteurs,….la liste est longue et non exhaustive.

Pourquoi en est-on arrivé là, comment cela se manifeste-t-il, en quoi les abeilles et autres pollinisateurs sont-ils concernés, et que se passera-t-il si l’on ne fait rien ?

Voilà des pistes que nous allons tenter d’explorer.

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Il était une fois…le remembrement

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Parcelles remembrées

Au début des années 60, la France n’avait pas encore atteint l’autosuffisance alimentaire. Les paysans (à cette époque on ne parlait pas encore d’agriculteurs) exploitaient des parcelles de faible superficie et le paysage était fait de bocages avec haies, chemins creux, talus, mares et zones humides.

Les autorités décidèrent de repenser l’aménagement foncier agricole et forestier afin d’adapter le parcellaire et la topographie aux techniques et engins agricoles modernes (tracteurs, moissonneuses-batteuses, etc…).

Si l’idée partait d’un bon sentiment, atteindre l’autosuffisance alimentaire, la réalisation de ces remembrements fut effectuée sans tenir compte de la topographie. L’arrachage des haies et des arbres, l’aplanissement des talus, le comblement des zones humides, le drainage des terres et des marais conduisirent à un bouleversement des paysages. Cette destruction massive s’est révélée être une erreur sur le plan agronomique et écologique, entraînant des conséquences climatiques, une érosion des sols, des inondations, et la disparition de toute une partie de la faune sauvage qui trouvait refuge dans ces lieux de vie riches et diversifiés.

Modifications des pratiques culturales

Cette modification des paysages s’est accompagnée d’une modification des pratiques culturales. L’arrachage des haies et des arbres, le redressement et l’agrandissement des parcelles, permirent (nécessitèrent ?) l’utilisation de matériel agricole plus performant. Un homme avec son cheval pouvait labourer un quart d’hectare par jour. Dans les grosses fermes de plaine, une attelée de quatre à cinq chevaux permettait de faire mieux mais requérait du personnel et de nombreux bâtiments pour y loger hommes, chevaux et matériels. Mais qu’est tout cela comparé à la capacité d’un tracteur ?

L’acquisition et l’utilisation des tracteurs ont eu pour conséquence la disparition des ouvriers agricoles, attachés à une ferme ou journaliers, et la disparition des chevaux.

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Chevaux au labour

N’ayant plus de chevaux, la production de foin, d’avoine et d’orge pour leur alimentation, et de paille pour leur litière n’avait plus de raison d’être, sauf dans les fermes qui continuaient à produire lait ou viande.

Les conséquences directes furent de deux ordres :

· d’une part, une moindre quantité de fumier pour amender et à l’enrichir les terres, d’où l’utilisation d’engrais chimiques pour compenser

· d’autre part la disparition de nombreuses prairies naturelles dans lesquelles les insectes venaient en grand nombre butiner.

Par ailleurs, une modification des pratiques culturales consistant à faucher les prairies avant floraison privaient ces mêmes insectes d’une part essentielle de leur alimentation.

Les parcelles cultivables s’étant agrandies, le matériel agricole motorisé devenait absolument indispensable. Dans le cadre d’une industrialisation des processus et de leur rentabilisation, les principes appliqués dans l’industrie virent le jour dans l’agriculture. Apparut alors la monoculture.

De grandes parcelles de blé, de maïs, de tournesol ou de colza, de betteraves sucrières ou de petits pois, de poireaux ou de pommes de terre, fleurirent dans les campagnes.

Modification de la propriété agricole

L’exploitation de parcelles sans cesse plus grandes, de matériel sans cesse plus performant et donc toujours plus cher, imposaient de produire davantage pour financer les investissements et les coûts de production.

Produire davantage impliquait, pensait-on, de sélectionner des semences plus productives, puis d’en créer de nouvelles ayant de meilleurs rendements. Ainsi naquit une industrie mettant en œuvre recherche scientifique en laboratoire et expérimentation sur le terrain. Les agriculteurs devenaient les expérimentateurs des semences qui leurs seraient vendues ultérieurement.

Ces semences produites artificiellement en laboratoire devaient, pour leurs concepteurs, pouvoir être utilisées partout sur la planète. C’était faire fi des conditions climatiques, environnementales, des différences de natures de sols, et de l’antériorité endémique de la faune et de la flore locale.

Qu’à cela ne tienne ! Pour pallier les difficultés, lutter contre les « ravageurs » et améliorer les rendements, il n’y avait qu’à inventer des produits permettant de lutter contre les ennemis des cultures et améliorer artificiellement la productivité des sols.

Les coûts de recherche et de mise au point des semences et produits de traitement devenant extrêmement élevés, des regroupements d’entreprises devinrent indispensables, et l’appel aux marchés financiers inéluctable.

Ces entreprises furent nommées « agrochimiques », et leurs produits « phytosanitaires ».

L’agriculture qui appartenait encore au monde agricole il y a quelques décennies, s’est retrouvée entre les mains de firmes multinationales produisant semences, engrais et produits de traitements.

Par ailleurs, ces « géants de l’agrochimie » firent pression sur les pouvoirs publics de l’ensemble des états pour interdire la vente de semences qu’ils n’avaient pas eux-mêmes agréées.

Ainsi la boucle était bouclée. Les semences inadaptées à leurs conditions d’utilisation donnaient naissance à des végétaux incapables de lutter contre les adventices (« mauvaises herbes »), les insectes ravageurs, les vers et les champignons. L’utilisation à grande échelle de produits chimiques destinés à lutter contre des organismes considérés comme nuisibles devint indispensable. Ces produits reçurent le terme générique de pesticides : herbicides, insecticides, nématicides, fongicides et autres parasiticides.

Le métier de paysan qui était autrefois de nourrir la population devint celui d’enrichir des firmes cotées en bourse et leurs actionnaires.

Modification de l’espace public

Une fois satisfaits les besoins alimentaires de la population, il fallut pourvoir à l’élévation de son niveau de vie (il n’est pas ici question de qualité de vie !), à son besoin sans cesse accru d’avoir toujours plus (mais pas forcément toujours mieux), et à sa volonté de se déplacer plus vite et plus loin.

Ainsi naquirent de nouvelles industries (qui bientôt furent délocalisées car trop polluantes ou trop chères en main d’œuvre), de nouvelles routes, de nouvelles voies ferrées, de nouveaux moyens de transport, terrestres et aériens, de nouvelles zones industrielles, commerciales, artisanales, etc…

Les exploitations agricoles (on ne parle plus de fermes) ayant un moindre besoin de main d’œuvre, une très grande part de la population vivant à la campagne s’est rapprochée des villes. Des zones pavillonnaires furent créées pour accueillir cette population qui ne trouvait pas à se loger en ville.

Ces constructions (zones industrielles, commerciales, artisanales, pavillonnaires, routes, autoroutes, aéroports) furent édifiées sur des terres agricoles et les surfaces au sol bétonnées ou goudronnées.

Comment cela se manifeste-t-il ?

Conséquences du remembrement

Le remembrement et la disparition des haies ont notamment provoqué une augmentation du ruissellement des eaux de pluie entraînant une érosion des sols, des inondations et une dégradation écologique des cours d’eau.

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Érosion des sols

Les haies ont un effet brise-vent important pouvant protéger les terres sur une distance égale à dix fois leur hauteur. Des recherches ont prouvé que la vitesse du vent pouvait être diminuée de 30 à 50 % dans les paysages bocagers, par rapport aux zones ouvertes.

Leur disparition explique donc les dégâts importants commis sur les habitations et autres bâtiments, voire sur les cultures, lors des tempêtes.

Les zones humides permanentes et semi-permanentes ayant été asséchées, n’assurent plus leur rôle pourtant si utile de dénitrification. Le ruissellement des eaux et l’érosion des sols entraînent directement nitrates et phosphates dans les cours d’eau et la mer, provoquant de nombreux phénomènes d’eutrophisation dont la conséquence, la plus connue mais non la seule, est le développement des algues vertes sur les littoraux.

En outre, l’érosion des sols et le ruissellement des eaux de pluie ont nécessité de recalibrer les cours d’eau dont l’une des conséquences, mais là encore pas la seule, est une raréfaction du nombre d’espèces de poissons et une quasi-disparition de certaines d’entre elles telles truites et brochets, pour ne pas parler des saumons.

L’arrachage des haies, qui sont des abris naturels pour les oiseaux, a gravement perturbé leur écosystème avec des conséquences sur leur reproduction, entraînant une disparition importante de ceux-ci. Or, les oiseaux consomment pour se nourrir vers et insectes. La conséquence directe de cette mortalité fut un recours aux insecticides chimiques.

Les petits mammifères qui se réfugiaient dans les taillis ont également perdu leurs abris contre le froid en hiver, la chaleur en été et leurs prédateurs.

Enfin, la disparition des haies a privé les abeilles d’une nourriture importante et variée à une époque (janvier-février) où les fleurs ne sont pas encore apparues dans les prés, les bois, bords de chemins et de routes. Les pollens qui sont les seules sources de protéines pour les abeilles, sont indispensables à la production de gelée royale destinée à alimenter les reines. Leur insuffisance provoque un retard important dans le démarrage de la ponte, expliquant pour partie un affaiblissement des colonies.

Au printemps et au début de l’été, elles fournissent une nourriture abondante et variée, tant aux abeilles qu’aux nombreux insectes.

Conséquences des modifications des pratiques culturales

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Prairie naturelle en fleurs

L’utilisation de tracteurs de plus en plus puissants, et donc de plus en plus lourds, a provoqué un tassement et une asphyxie des sols. Les végétaux dont les racines ne peuvent aller chercher dans le sous-sol les minéraux qui leurs sont nécessaires, et en quantité suffisante, voient leur développement et leur abondance perturbés, privant ainsi abeilles et autres insectes d’une source de nourriture.

Pour pallier l’insuffisance du développement racinaire des végétaux, et donc de leur développement aérien, les agriculteurs ont recours aux engrais chimiques dont l’utilisation surabondante a les conséquences évoquées ci-dessus.

La disparition de nombreuses prairies naturelles et la fauche avant floraison ont-elles aussi privées les abeilles et autres insectes d’une nourriture abondante et variée en été.

Conséquences de la modification de la propriété agricole

Les agriculteurs n’étant plus maîtres chez eux puisque n’ayant plus la possibilité de choisir les semences adaptées à leur environnement, et pratiquant pour la plupart la monoculture, ont désormais recours aux traitements chimiques pour préserver leurs cultures des nombreux « ravageurs ». Les conséquences dramatiques de ces pratiques feront l’objet d’un chapitre particulier.

Conséquences de la modification de l’espace public

Le bétonnage et le goudronnage d’énormes surfaces destinées aux nouvelles zones industrielles, artisanales, commerciales et pavillonnaires, sans évoquer le sujet des aéroports (156 en France, 45 en Allemagne !) a privé les sols de leur capacité d’absorption des eaux de pluies. Ces eaux chargées d’hydrocarbures partent ainsi directement dans les cours d’eau, accentuant encore leur pollution et les effets délétères sur la faune aquatique.

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Une zone commerciale

En outre, ces emprises se faisant au détriment des surfaces agricoles, privent :

· les agriculteurs d’une source de revenus à long terme

· la population d’une source de nourriture de proximité, avec pour conséquence une pollution supplémentaire pour faire venir jusqu’à elle cette nourriture

· la faune dans son ensemble d’espaces de vie et de nourriture.

Elles engendrent de plus une concentration de la pollution, qui ne peut être absorbée par la végétation, entraînant toute une série de maladies dont l’inventaire exhaustif serait trop long pour être ici rapporté.

En quoi les abeilles et autres pollinisateurs sont-ils concernés ?

Les faits

Dans certaines régions de France métropolitaine, les pertes annuelles du cheptel apicole recensé (les ruches) se montent à 30 % voire 40 %. Ces pertes ne sont pas propres à la France : aux USA les pertes s’élevaient pour la saison 2014 à près de 50 % !

Un peu de culture

Les abeilles font partie de l’ordre des Hyménoptères, lui-même rattaché à la classe des Insectes. Environ 20 000 espèces d’abeilles ont été inventoriées dans le monde, et quelques 1 000 espèces en France.

Les insectes sont caractérisés par la présence de trois paires de pattes et le plus souvent deux paires d’ailes. A ce titre, fourmis, guêpes et frelons sont aussi des insectes de l’ordre des hyménoptères.

Notre abeille domestique, celle qui produit le miel, Apis mellifera mellifera, n’est qu’une parmi tant d’autres.

Quelques souvenirs

Pour les personnes ayant dépassé 50 ans, souvenez-vous des voyages en voiture de nuit pendant la belle saison. Les insectes, attirés par les phares des véhicules, venaient s’écraser en grand nombre sur nos pare-brise. A tel point que si le voyage était un peu long, l’utilisation des essuie-glaces était requise. Malheur alors à ceux qui n’avaient pas de liquide dans le réservoir de lave-glace !

Et la question était de savoir à quoi l’on reconnaissait un motard heureux (à cette époque les casques intégraux n’existaient pas et le bas du visage n’était pas protégé) ; la réponse était : aux insectes collés sur leurs dents.

De beaux souvenirs…mais seulement des souvenirs. A cette époque en effet, la quantité d’insectes était sans commune mesure avec ce qu’elle est actuellement.

Comment expliquer cela ?

Pour tenter de répondre à cette question, nous étudierons le cas d’Apis mellifera, représentatif de ce qui concerne le monde des insectes.

Rôle des abeilles

Les abeilles participent très activement à la pollinisation des végétaux, par le transport du pollen qu’elles assurent en allant butiner les fleurs, passant de l’une à l’autre. La pollinisation est également assurée pour partie par le vent.

Elles permettent donc la fécondation des végétaux conduisant à la formation de fruits et de graines, et ce pour plus de 80 % des plantes cultivées.

A ce jour, il n’existe aucune alternative au travail des abeilles pour assurer à grande échelle ce travail de pollinisation. A titre anecdotique et néanmoins révélateur, en Chine, dans certaines régions où les insectes totalement ont disparu, la pollinisation des amandiers est assurée par des femmes qui utilisent des pinceaux pour transporter le pollen d’une fleur à l’autre. Ce travail n’est rendu possible que par la présence d’une main d’œuvre bon marché et pléthorique, et sur des superficies extrêmement limitées.

Sans les abeilles, les arbres fruitiers, les légumes, la plupart des végétaux à fleurs et des arbres et arbustes disparaîtraient rapidement. Ces végétaux étant la seule source de nourriture pour des milliers d’espèces d’animaux, leur disparition entraînerait également la disparition de ces animaux.

Les abeilles s’inscrivant à la base, ou peu s’en faut, de la chaîne alimentaire, leur disparition provoquerait un cataclysme que l’on ne saurait imaginer.

Comment expliquer la disparition des abeilles ?

Hormis les raisons évoquées plus haut, un grand nombre d’études scientifiques ont conclu à un effet de causalité entre l’utilisation des insecticides et la disparition des abeilles.

Depuis une vingtaine d’années, ces disparitions ont connu une ampleur sans précédent. Ce phénomène a été qualifié de Colony Collapse Disorder (CCD) ou syndrome d’effondrement des colonies. Il est caractérisé par l’abandon de la ruche par les abeilles. Des études menées un peu partout dans le monde ont mis en évidence une famille de produits neurotoxiques qui expliqueraient ces pertes. Ce sont les néonicotinoïdes. Ces insecticides agissent sur le système nerveux central des insectes, provoquant leur paralysie et leur mort.

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Ils sont utilisés, pour l’essentiel, soit sous forme d’enrobage des semences, soit en application foliaire par pulvérisation, et agissent de façon systémique, c’est-à-dire en se répandant et agissant sur l’ensemble du végétal traité.

Leur toxicité pour les abeilles s’exprime de deux manières :

· mortalités immédiates essentiellement provoquées par la pulvérisation des plantes

· mortalités différées dues aux effets sublétaux de ces produits. Utilisés à des doses très faibles (quelques grammes à l’hectare) ils ne sont pas directement mortels. Mais leur accumulation dans l’organisme provoque à plus ou moins long terme (de quelques heures à quelques semaines) des effets invisibles mais catastrophiques pour les espèces qui en sont victimes.

Faiblement biodégradables, leur toxicité ne faiblit que peu dans le temps. Leur accumulation porte atteinte à des espèces qui n’étaient pas ciblées au départ : bourdons, oiseaux, vers de terre, taupes, chauve-souris, etc…Le cas des abeilles domestiques est encore plus problématique. La cire qu’elles produisent pour bâtir leurs cadres à l’intérieur des ruches ou des arbres creux est un corps gras dans lequel ces produits s’accumulent indéfiniment. Elles vivent ainsi dans une atmosphère saturée par ces neurotoxiques. Ceci expliquerait la désertion en masse des abeilles, la mortalité prématurée des reines, la baisse de fertilité des mâles et le taux de mortalité élevé des larves. Leur capacité de résistance aux maladies, aux parasites et aux virus est amoindrie. Etant affaiblies, leur capacité de butinage diminue, affectant en cela la pollinisation, et les apports à la ruche de pollen et nectar diminuent notoirement.

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Abeilles mortes

En ce qui concerne les bourdons, les effets sont similaires à ceux observés sur les abeilles. Les aliments contaminés entraînent une chute des populations. La ponte des reines est gravement affectée et le renouvellement des populations n’est plus assuré.

L’utilisation des néonicotinoïdes est maintenant généralisée dans le monde entier. Ils ont remplacé divers autres insecticides dont le trop fameux DDT. Leur utilisation va de la protection des cultures contre les parasites à la pose de colliers antipuces pour chiens, en passant par la diffusion dans les élevages industriels.

Leur persistance dans les sols porte atteinte à la faune souterraine, vers de terre et autres organismes fertilisants. Lavés par le ruissellement, ils finissent par atteindre sources et nappes phréatiques. Cette accumulation due à une succession de cultures traitées systématiquement, liée à une rémanence de longue durée, contamine les cultures non traitées, même plusieurs années après la fin de leur utilisation, et contribue à la disparition des insectes.

Les graines mal enfouies dans le sol lors des semis sont consommées par les oiseaux qui en meurent.

Et si l’on ne fait rien ?

Les connaissances bien établies du monde du vivant mettent en évidence l’interaction permanente et extrêmement complexe de l’ensemble des organismes qui y participent, directement et indirectement.

Les bouleversements considérables auxquels a été confronté notre environnement depuis une cinquantaine d’année ont des conséquences de deux ordres :

· effets observés : détérioration des paysages, pollution de l’air, de la terre, des cours d’eau et des nappes phréatiques, mortalité des abeilles et autres insectes pollinisateurs, modifications du climat à l’échelle microscopique et macroscopique, baisse de rendement des productions agricoles dans certains pays, espérance de vie en stagnation voire en régression dans ces mêmes pays (coïncidence ??), baisse de fertilité des animaux et des humains, apparition de maladies inconnues, etc…

· effets invisibles attendus, prévisibles et non prévisibles : ces liens qui relient entre eux l’ensemble des acteurs du monde du vivant sont actuellement très fortement sollicités, détériorés, voire brisés. Le seul auteur responsable, et coupable, de ces bouleversements est l’Homme.

Les abeilles, en tant qu’animaux les plus proches de l’homme parmi les insectes, et en tant que pierres angulaires de notre alimentation par le rôle qu’elles jouent dans la pollinisation, sont le maillon sans lequel l’ensemble des mammifères (et bien d’autres espèces) disparaîtra à très brève échéance.

En provoquant la disparition des abeilles, l’homme programme sa propre disparition.

Certaines individualités et certains groupes ayant pris conscience des enjeux auxquels nous sommes confrontés tentent de se faire entendre depuis quelques années, en montrant que l’utilisation des pesticides n’est pas une fatalité. Le savoir ancestral et la connaissance la plus moderne s’appuyant sur la recherche agronomique nous prouvent qu’un autre mode de production de notre alimentation est possible.

Saurons-nous les aider et relayer leur parole ou laisserons-nous anéantir toute vie sur terre pour le profit de quelques groupes financiers ?

Crédit photos:

· Thomas loire

· Clifford M. Johnston – Biblio archives – Canada

· CAUE de l’Aveyron

· Jean-Pierre Dalbéra

· Jean-Louis Zimmermann

· Marie Shallcross

· Maja Dumat

.  rtbf.be

Cet article a été rédigé par Olivier Perré – Apiculteur et auteur du blog “Devenir apiculteur – Aspects pratiques”

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2 réponses à De la nécessité de protéger les abeilles

  1. Pa dit :

    Merci à Olivier pour ce réquisitoire, claire, séquentiel, convaincant, et à Claude de nous en faire profiter.
    Il nous faut maintenant pouvoir accueillir des témoignages de reconstruction (les paysages reconquis y pourvoient en partie mais la tâche est immense et urgente), de concertations entre apiculteurs et agriculteurs, entre fédérations des uns et des autres, entre organisations professionnelles « responsables », entre scientifiques de bonne foi et respectés. La nécessité est connue, les partenaires valables le sont beaucoup moins, or il y en a, rassemblez-vous, on a tous besoin de vous. En attendant, retournons, simples pékins, comme le font si spontanément les abeilles qui restent, à nos paysages, la plume ou la pioche à la main ! Avec tous les outils utiles pour réussir cette triple affaire : abeilles, paysages, pollinisations. PA

  2. Olivier dit :

    La tâche est immense !!
    Les agriculteurs sont entre les mains des multinationales de l’agrochimie qui jouent avec eux comme le chat joue avec la souris, sachant qu’à la fin il la mangera.
    Les syndicats agricoles, et notamment la FNSEA, ne représentent qu’eux-mêmes depuis belle lurette (le président de la FNSEA, principal syndicat agricole, est un industriel qui importe chaque année des milliers de tonnes de poulets du Brésil).
    Quant aux apiculteurs, trop peu nombreux, les uns et les autres les considèrent comme empêcheurs de tourner en rond.
    Toute discussion, toute concertation, toute projection dans l’avenir, ne pourra être le fait que d’individus pétris de bonne volonté, mais fort dépourvus devant l’adversité.
    Les bonnes intentions ne suffiront pas. La plume ET la pioches seront indispensables.

    Olivier Perré

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