Diagnostic paysager et écologique de la commune de Coudes par Grégory Francomme et Vincent Bernard

Written by Claude CAMILLI

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Le développement qui va suivre ne se veut en aucun cas exhaustif ni d’envergure professionnelle. En effet, nous sommes deux étudiants en BTS Gestion et Protection de la Nature à l’Institut de l’Environnement et des Technologies de Lyon : nous effectuons notre stage avec l’association Paysages Reconquis.

TABLE DES MATIERES

1Introduction

       1.1 Historique géologique

       1.2 Climat et topographie

       1.3 Hydrographie

       1.4 Notre démarche : L’organisation

       1.5 Les outils

2 – La zone du bourg

3 – La zone du rivage

4 – La zone de Pérache

5 – La zone des plaines

6 – La Couze et sa Ripisylve

7 – Le bois des Graves

8 – Les écopaysages

9 – Quelques données inventoriées

Remerciements 

Sitographie / Bibliographie 

1- Introduction

            Notre étude de cas se présentera sous la forme d’un diagnostic paysager et écologique. Nous avons choisi la commune de Coudes. Ce village nous semblait intéressant pour l’hétérogénéité de ses paysages. De plus, au vu de la proximité avec les habitants, les élus, les commerçants, il paraissait aisé de rencontrer la population afin de mieux appréhender le terrain et ses paysages – et donc – de ne pas partir de rien. Cette hétérogénéité de paysages et cette proximité avec les habitants nous ont également permis de travailler sur 2 volets essentiels de notre formation : l’étude naturaliste des milieux et habitats et l’étude des interactions entre les acteurs locaux.

Cette rencontre avec les acteurs nous permettra de mieux comprendre les enjeux liés à la commune et ses alentours. Cela nous permettra également de dégager les objectifs environnementaux mis en place.

            C’est pourquoi nous vous invitons à travers ce récit, à venir découvrir le pittoresque village auvergnat de Coudes dans le Puy de Dôme. Malgré sa modeste superficie (4,5 km2), c’est une commune qui a énormément de belles choses à offrir.

Le village est situé à 20 kilomètres au sud-est de Clermont-Ferrand et à 8 kilomètres au nord d’Issoire. Chef-lieu de son arrondissement,  il fait partie de la communauté de commune Couze – Val d’Allier.

Coudes se situe à l’extrémité ouest de la plaine de Limagne, et au pied de la grande chaîne des Puys.

Cet espace transitoire entre basse, moyenne, haute montagne et plaine compte bon nombre de vallées portant avec elles nombre de ruisseaux et rivières. Et par exemple, ce village peuplé de 1200 habitants est le lieu de jonction entre la rivière de la Couze-Chambon et l’Allier, dans lequel elle vient se jeter.

1.1 Historique géologique

Il y a 35 millions d’années, le socle granitique au centre de l’Auvergne va se briser sous la force des plissements alpins. Cet évènement va entraîner l’affaissement de presque 250 km2 de territoire jusqu’à plus de 2000 mètres plus bas. Cette immense tranchée de 90 km de long sur 25 km de large va se combler d’eau et, avec la force du temps, de sédiments. C’est ainsi que naît la grande plaine de Limagne sur laquelle la population du village de Coudes est installée depuis le néolithique.

Cette fracture dans les sols est la cause de nombreuses fissures géologiques qui ont permis de libérer  le magma. Ainsi est apparu  une partie du paysage volcanique caractéristique du Puy de Dôme.

A la frontière entre plaine et chaînes de montagnes volcaniques, le paysage coudois offre un potentiel esthétique  et une géologie singulière.

Coudes est peuplé depuis le néolithique, le village est donc un lieu de passage qu’ont fréquenté aussi bien les peuples de l’époque gallo-romaine que les mérovingiens. Jusqu’en 1889, le village de Coudes ainsi que celui de Montpeyroux, voisin, ne faisaient qu’un.

« Coudes » vient de Cosa qui était le nom de la rivière qui y passe, aujourd’hui nommée la Couze. La commune est traversée par deux ponts historiques. Elle possède un patrimoine naturel et une biodiversité remarquables.

1.2 Climat et topographie

Le climat coudois est de nature continentale, c’est-à-dire que les  hivers sont secs et les étés sont orageux. Le Puy de Dôme est sujet à un vent provenant de l’ouest. Pour atteindre Coudes situé à l’est de la grande chaîne des Puys, le vent doit traverser cet obstacle qui forme une barrière naturelle du nord au sud.

A l’automne, un phénomène climatique singulier prend alors place sur les versants descendants de la chaîne montagneuse. En effet, lorsque les puissantes masses d’air de l’ouest grimpent sur les versants occidentaux (ascendants), elles se chargent d’humidité jusqu’à la condensation, et donc, jusqu’à la précipitation. Une fois la ligne culminante passée – que l’on nomme « la ligne de Foehn » – l’air est déchargé d’humidité et se réchauffe. En dévalant le versant est, où l’on trouve notre commune de Coudes, l’air chaud vient s’étaler sur la plaine de la Limagne. Ce phénomène, nommé « effet de Foehn », peut parfois offrir des paysages et des ciels remarquables.

Ici, voici un exemple dans les Pyrénées. Le phénomène se caractérise par une bande de ciel bleu (le trou de fœhn) entourée de nuages. Cette ouverture suit le sommet de la montagne.

1.3 Hydrographie

La Couze-Chambon possède un bassin versant de 200 km2. Elle prend sa source dans le Puy de Sancy et la dernière étape de son parcours de 40 km se situe à Coudes, où elle vient se jeter dans l’Allier. Celui-ci se jettera à son tour dans la Loire, après 425 km  traversés depuis sa source en Lozère. Son imposant bassin versant s’étale sur environ 14 000 km2.

La rivière que l’on nomme couramment la Couze offre une ripisylve précieuse au centre de la commune. Cette ripisylve est enveloppée par une zone humide probablement sur l’ensemble de sa traversée. Bien que non défendue par un quelconque outil de protection, la ripisylve donne lieu à un bois alluvial à l’origine d’une des trois ZNIEFF de type 1 que l’on retrouve dans la commune.

L’Allier et sa ripisylve – qui marquent la limite est de la commune – sont également sujets à une ZNIEFF de type 1, mais sont aussi classés Natura 2000 (directive habitat). Ladite zone est toutefois exposée à l’invasion de la Renouée du Japon ainsi qu’à celle du grand public.  L’Allier est à l’origine d’une imposante zone humide qui suit le tracé du cours d’eau. Les outils juridiques cités ci-dessus seront vus plus en détail au fil de notre exposé.

1.4 Notre démarche : L’organisation

Notre rôle, au sein de la commune de Coudes, mais plus encore pour l’association Paysages Reconquis, a été de mettre en place un diagnostic paysager. Pour cela nous avons choisi d’y intégrer un diagnostic écologique (inventaire, préconisation etc.). Afin d’affiner notre analyse paysagère, nous avons donc pris en compte l’esthétique du lieu, sa géologie, sa topographie, son climat, mais également la présence de la faune et de la flore, les dégâts causés par l’homme et le degré d’anthropisation du site.

            Afin de ne pas nous perdre devant le travail qui nous attendait, nous avions préalablement mis en place une organisation méthodique ainsi qu’un calendrier/planning. La première étape a été de créer un diagramme de Gantt avant de débuter les journées de terrain. Le rôle du diagramme ainsi réalisé a été de nous maintenir dans des délais corrects et de ne pas oublier toutes les tâches que nous avions à accomplir. Il nous a également permis de suivre notre avancée en temps réel afin de juger si notre travail était trop lent ou trop précipité. Ce diagramme nous a été d’une grande aide pour maintenir notre cap de départ.

Une fois la gestion du temps façonnée, il a fallu établir la gestion de l’espace. Bien que la commune soit d’une petite taille, nous avons trouvé judicieux de diviser son territoire en différents milieux quasi homogènes afin de ne pas nous disperser lors de nos relevés.

On y retrouve les zones suivantes : Les plaines (est et ouest), le bourg, Pérache, le bois des Graves, Couze et ripisylve, Champeix, le Rivage.

Nous mettions quotidiennement à jour un journal afin de ne pas perdre de vue nos actions et leurs résultats. De même, nous entretenions régulièrement un tableur Excel comportant toutes les espèces que nous croisions afin de mesurer l’avancement de notre inventaire faunistique et floristique.

1.5 Les outils

            Une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) est une zone présentant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation. Une ZNIEFF de type I est un secteur de grand intérêt biologique ou écologique. Enfin, une ZNIEFF de type II est un grand ensemble naturel riche et peu modifié, offrant des potentialités biologiques importantes. La commune est entièrement recouverte par une ZNIEFF de type II et possède 3 ZNIEFF de type I.

Il y aussi deux sites Natura 2000 sur la commune : le long de la Couze-Chambon et le Val d’Allier-Alagnon. Ceux-ci regroupent 9 habitats naturels d’intérêt communautaire notamment des forêts alluviales, forêts mixtes, pelouses sèches… Deux de ces habitats sont prioritaires (c’est-à-dire qu’ils ont tendance à disparaître du territoire de l’Union européenne).

L’ensemble des habitats abritent 15 espèces d’intérêt communautaire inscrit à l’annexe II de la directive habitat. L’un des objectifs majeurs de conservation est le suivant : « Maintien d’une dynamique fluviale active et d’un espace mobilité. » Il a été défini par le document d’objectifs. La commune de Coudes est aussi régie par un Plan local d’urbanisme (PLU).

Le PLU a défini 9 objectifs visant à préserver et protéger les différentes zones.

  • Eviter la fragmentation et la destruction directe par les différentes activités (urbanisme,

commerce, développement du tourisme)

  • Maintenir des zones tampons et des corridors pour préserver les habitats
  • Préserver les habitats d’espèces d’intérêt communautaire
  • Préserver les forêts alluviales à bois tendre et bois dur
  • Préserver l’habitat du castor d’Europe
  • Maintenir les vieux arbres et arbres morts favorables aux insectes
  • Conserver les habitats attractifs pour la loutre d’Europe
  • Préserver l’habitat des chauves-souris (notamment le bocage)

La commune possède aussi une Trame Verte et Bleu (TVB) c’est un réseau de « continuité écologique » ayant pour objectif d’enrayer la perte de biodiversité par suite des fragmentations des habitats.

2- La zone du bourg

La zone du bourg est la plus densifiée en matière de population. Elle est située au centre de la commune où l’on va retrouver la mairie, l’école, l’église, les commerces etc… C’est la seule zone traversée par 3 cours d’eau. On y retrouve le canal d’amené de la Couze  qui servait à alimenter un moulin aujourd’hui disparu,  ainsi que la Couze elle-même où cet étroit canal termine sa course. Quelques dizaines de mètres en aval, la Couze-Chambon termine son parcours de 40 km en rejoignant l’Allier.

A défaut d’un faible patrimoine naturel, la zone du bourg propose un patrimoine bâti imposant et chargé d’histoire

Le patrimoine historique

  • Le vieux pont : Un pont a été construit dès le Moyen-Age au-dessus de la Couze, quelques mètres en amont de son embouchure dans l’Allier. Ce vieux pont suit la vieille route d’Issoire dans le centre bourg. Il est la propriété de la mairie et est – depuis 1908 – classé comme monument historique. Cette construction de la fin du 14ème siècle comporte une seule arche en voûte à berceau brisé.
Photo: Grégory Francomme

Photo: Grégory Francomme

On dit que le « berceau » est « brisé » car la voûte ne forme pas un demi-cercle, elle est marquée en son centre par un angle.  

Le pont aurait conservé son aspect d’origine : depuis 7 siècles, il nourrit le paysage du centre-bourg de son architecture simple, qui ne manque pas de cachet.

  • Le pont suspendu : Le pont suspendu au-dessus de l’Allier vient contraster le caractère archaïque du vieux pont. Depuis 1846, les coudois passent sur sa travée unique suspendue par des câbles métalliques afin de rejoindre la commune voisine de Parent, sur l’autre rive.

Lors de sa retraite en 1944, la Wehrmacht neutralise le pont pour ralentir l’avancée des alliés. Durant des dizaines de mois, les coudois et les parentais les plus téméraires traversaient difficilement l’Allier via le pont déchu, donnant lieu à des situations singulieres. Pour les autres, Mr. André Cavard (dit le bedeau) assurait la traversée à l’aide d’une barque et d’un câble de tirage. 

  • L’église paroissiale Saint-André marque le cœur du centre historique du village. Avec l’arche brisée de  sa nef, son apparence rappelle le style roman et se marie bien avec celle du vieux pont.

Cette église du 18ème siècle se situe au cœur du village, on s’aperçoit aisément que les routes ont été tracées afin d’y relier toutes les habitations. En effet, et comme dans beaucoup de villages en France, c’est autour du lieu de culte majeur que l’urbanisme s’est établi. C’est ainsi que la disposition démographique – autour d’un lieu « saint » – fit progresser et s’étendre cette note d’urbanisme dans la ruralité du paysage.

  • L’ancien sanctuaire St-Genès est assez sobre. Il ne constituait pas une grande richesse lors de sa construction (11ème siècle) en raison du caractère courant de ce genre de bâti. Toutefois, aujourd’hui ce sanctuaire est un monument classé car il ne reste que peu d’exemples en état correct. Cette modeste chapelle est aussi constituée d’une nef et d’une abside.

Nous apercevons ici, derrière le sanctuaire, une maison contemporaine et représentative des habitations coudoises actuelles. Il est donc évident que l’ancien sanctuaire et ses attenants donnent lieu à un contraste « temporel » dans le paysage, offrant un îlot d’histoire.

  • La source d’eau minérale du Champs Robert se situe au sud du bourg. Entourée d’une petite installation rénovée par la mairie, la source offre un débit de 5l par minute à quiconque veut se refaire une santé. En effet – d’après la publicité que l’on retrouvait à l’époque de sa commercialisation – cette eau naturellement gazeuse et ferrugineuse préviendrait beaucoup de maux et en soignerait bien d’autres. C’est peut-être pour cette raison que bon nombre d’habitants des alentours viennent encore y remplir leurs bouteilles.

Après sa fermeture, l’ancienne usine de mise en bouteille a été détruite. La bâtisse en pierre de l’époque que l’on peut voir sur cette photo des années 1920 n’existe plus, comme de nombreux autres bâtiments de  cette architecture. Aujourd’hui les maisons sont modernes et crépies, ce genre d’architecture n’est plus le reflet de la ville de Coudes.

La Flore

Au gré de différentes expéditions dans le village nous avons pu nous rendre compte que chaque millimètre était  goudronné ce qui laisse peu de place à la végétation. Cependant quelques espèces ont réussi à s’implanter. L’une d’elle est la rose trémière qui a un caractère expansionniste c’est-à-dire qu’elle s’acclimate sans problème et est assez bien naturalisée en milieu urbain. On peut voir sur la photo ci-dessous qu’elle pousse à travers une épaisse couche de goudron.

Quelques plants de lavande subsistent et poussent  sur les murets comme ici sur un des ponts de Coudes.

La Faune

Dans les nombreuses anfractuosités  (sous les toits, les murs en pierre, les granges…), le martinet noir (image de droite) vient nicher pour l’été. Cet oiseau migrateur reste en vol continu 10 mois à l’année, le reste du temps il vient nicher dans les villes et villages européens. On le distingue de l’hirondelle (image de gauche) par sa forme arquée ainsi que par ses cris incessants lorsqu’il chasse les insectes le soir. Il apporte parfois une touche de nature dans le village et une captivante sonorité.

Les martinets partagent les mêmes méthodes de nidification que les hirondelles – bien plus nombreuses.

Enfin, on entend souvent le cri singulier des choucas des tours qui ne nichent jamais loin des habitations humaines. Ils préfèrent les vieux bâtiments en pierre, les tours et remparts abandonnés, qui font de moins en moins partie du paysage coudois.

En effet, les cavités formant des emplacements potentiels de nids pour ces volatiles se font d’autant plus rares que le paysage évolue. La modernisation du bâti (raréfaction des constructions en pierre et  nouvelles méthodes d’agencement des toits) est responsable d’une colossale diminution des populations de ces oiseaux « de ville ».

Un habitant témoigne. : Il nous raconte que dans le temps, les hirondelles formaient un balai incessant entre leur zone de nidification (les toits) et leur zone de nourrissage (le plus souvent au-dessus de l’Allier, où les insectes aiment s’aventurer). Aujourd’hui, les insectes se font plus rares, mais pas autant cependant que les hirondelles.

L’absence de plus en plus manifeste des insectes pourrait être due à l’utilisation de produits phytosanitaires. En tout cas, c’est ce que laissent à penser nos relevés, les pièges à insectes étant bien plus prolifiques dans les zones de non-culture.

           En matière d’ornithologie, le centre-bourg est également occupé par les pigeons bisets, les tourterelles, les merles et autres passereaux communs des villes et villages.

           Le long des routes et chemins, on peut facilement apercevoir une grosse population de lézards de muraille. Ils logent dans les murets et autres constructions à cavités. Ces lézards sont aussi très friands des rails qui constituent des refuges abondants et confortables. La présence d’une voie ferrée sur le paysage du site pourrait expliquer cette forte présence.

Source: naturemp.org

 Certains habitants disent avoir vu des renards dans quelques quartiers résidentiels. Ces individus ont forcément dû traverser l’autoroute qui coupe longitudinalement la commune. Nous avons eu la chance, lors d’une de nos sorties nocturnes, de pouvoir observer un renard noir. Il est de la même espèce que le renard roux sauf qu’il a une pigmentation plus forte ce qui lui donne la couleur noire de ses poils. Ce fut un moment très particulier car les individus dit « mélaniques » (de pelage noir dû à une particularité génétique) sont très rares. On peut assimiler le mélanisme au contraire de l’albinisme. Nous étions tout simplement stupéfaits.

Les sorties nocturnes étaient des moments important de notre stage puisque c’est pendant la nuit que l’on peut entendre les rapaces nocturnes, les grands mammifères ainsi que beaucoup d’autres oiseaux.

Préconisations        

           Au vu du type et de la faible faune présente dans le bourg nous pouvons préconiser la sauvegarde des toits et charpentes anciennes. Les martinets et hirondelles de fenêtre dépendent de nos constructions et ne se reproduisent plus en milieu naturel. Dans nos bâtiments ils retrouvent les mêmes caractéristiques qu’en milieu naturel. Pour sauvegarder leur nid il est important de garder au niveau des toits et charpentes des petites ouvertures, fentes, cavités. Ci-dessous on peut voir un exemple de nids d’hirondelles sous un toit..

Source: edithb.over-blog.com

Concernant les rapaces que l’on peut trouver que ce soit la Chouette Chevêche ou Hibou Moyen Duc nichant dans les vieilles granges ou sous les toits, afin de préserver leurs lieux de repos et nidification, il est préférable de garder les bâtiments anciens et limiter les rénovations de grange, garage.

           A présent pour sauvegarder l’avifaune (mésanges, rouge gorge, chardonneret) s’il est impossible de faire des aménagements au niveau du toit, d’autres petits gestes et aménagements sont bienvenus.

On peut par exemple installer dans son jardin des gîtes, nichoirs qui permettent aux oiseaux d’avoir une zone de repos et de nidification pendant leurs longues migrations. Il existe différentes tailles de nichoir selon le gabarit de l’oiseau.

Afin de protéger et préserver aussi les oiseaux contre des collisions mortelles, il est conseillé d’appliquer sur les vitres des baies vitrées des silhouettes d’oiseaux, autocollants décoratifs. Les oiseaux ne voient pas les vitres.

A présent au vu d’une flore très peu présente et diversifiée et d’un bourg goudronné sur chaque centimètre carré, on peut proposer différents type d’aménagements pour reverdir le village.

On peut mettre en place des bacs fleuris ou planter différents bosquets d’arbres.

Néanmoins, des aménagements ont déjà été effectués avec la plantation de jeunes Tilleuls (à droite) et charmes.

D’un point de vue paysager l’un des ronds points de la commune n’est actuellement qu’un cercle tracé sur le sol. Il serait plus esthétique d’aménager un parterre de fleurs ou engazonner ou bien de mettre un hôtel à insectes.

Photo: Vincent Fraysse

Rond-point envisagé (exemple de la ville de Quiévrechain [59])

Les diverses pollutions

Les pollutions du centre-ville proviennent essentiellement du passage de l’autoroute au milieu de celui-ci.

La plus flagrante est la pollution visuelle que l’A75 impose, toutefois la pollution sonore est à noter également. D’après le Code de l’Environnement, ce type de voie est classé en catégorie 1 : c’est-à-dire qu’elle est la plus bruyante. Une autoroute ne représente pas moins de 81 décibels pour une mesure de jour, et 76 décibels pour une mesure de nuit (en moyenne). A plus de 85 décibels, le bruit peut provoquer une altération temporaire ou définitive de l’ouïe. Ces chiffres ne sont toutefois pas à prendre à la légère : à partir de 70 décibels, un bruit peut abimer la santé. Il peut provoquer fatigues, hypertension, troubles digestifs etc.

Photo: Vincent Fraysse

La loi « bruit » ainsi que la directive 2002/49/CE sur l’évaluation et la gestion du bruit dans l’environnement instaurent des règlementations de base afin de limiter ce genre de nuisance. La loi pousse donc les maîtres d’œuvre (en l’occurrence la société anonyme APRR) à prévoir des barrières antibruit le long des lignes de transport terrestre à fort potentiel de pollution sonore. Ainsi, « l’isolement standardisé pondéré » doit protéger la population à hauteur de 45dB au minimum pour une autoroute. Protection que l’on retrouve le long de l’A75.

La « Méridienne » telle qu’elle est surnommée, constitue également une source de pollution pour l’eau et les terres environnantes.

Ces particules et microparticules se dispersent dans les terres aux grés des pluies. Ce phénomène peut fortement altérer la qualité des eaux avoisinantes (nappes, cours d’eau etc.) et du sol. Il existe un système de bassin de rétention d’eaux polluées, mais le territoire ne fait manifestement pas partie des zones protégées par ce biais.

           En matière de reconstruction du paysage et de mesures compensatoires liées à l’autoroute, peu de choses ont été réalisées. En effet, l’A75 fut construite en 1972, transformant l’ex A9 en voie autoroutière. Malgré cela, le tronçon Issoire-Coudes (comme bien d’autres le long de la méridienne) a changé très tardivement de statut.

En réalité, il aura fallu attendre 1991 pour qu’elle soit légalement déclassée comme autoroute. Avant cela, on parlait de « Voies express intégrables » au réseau autoroutier, écartant ainsi toute forme de mesures compensatoires obligatoires pour une autoroute. Le caractère tardif de ce changement de statut a induit un fort ralentissement de la reconquête du paysage puydomois, et français de manière plus général.                                                                       

Si l’on se concentre sur la voierie propre à la commune, on constate que malgré les quelques efforts de la mairie pour verdir le bord des routes, le paysage reste urbain. Toutefois, la présence des deux rivières apporte un caractère authentique au centre de la commune. Le long de l’Allier, il est aisé de rencontrer quelques pêcheurs et baigneurs venant profiter du lieu.

3- La zone du Rivage

La zone du rivage se situe au nord du bourg. Elle suit le parcours de l’Allier jusqu’à la jonction entre Coudes et Montpeyroux. Pour la décrire en quelques lignes, cette zone est  l’inverse de celle vue précédemment. La seule réelle construction que l’on peut croiser est la station d’épuration.

On y trouve cependant une riche diversité. D’abord une diversité d’habitats : les pelouses sèches, le bois alluvial et le bois plus sec, l’Allier et sa ripisylve. Cette diversité d’habitats entraine une plus grande biodiversité que celle du bourg. La zone est bien plus « naturelle », le paysage urbain disparait. De plus, il n’y a pas de monument ou de bâtiments à l’architecture notable sur cette zone.

Comme le souligne cette carte provenant du site internet Géoportail, la zone est porteuse d’une ZNIEFF de type 1, et recouverte, au même titre que l’ensemble de la commune, d’une ZNIEFF de type 2, mais aussi du site Natura 2000.

Les premiers habitats que nous avons étudiés sur le site sont les pelouses sèches. Elles ne sont pas très étendues mais assez riches en matière de biodiversité. Ces parcelles sont recouvertes de plantes pionnières qui vont peu à peu se transformer pour former une strate buissonnante.

Nous avons observé une grosse station de Vulpie queue de rat (Vulpia myuros) qui est une plante xérothermophile. C’est-à-dire que cette plante a tendance à pousser et se répandre en milieu chaud et sec. Elle est indicatrice d’un sol pauvre en azote ou bien sableux, plutôt acide.

D’autres plantes sont également présentes en grande quantité comme l’achillée millefeuille par exemple.

Cette plante mellifère nous donne elle aussi des informations sur le sol et l’écologie du lieu. En effet, c’est une herbacée vivace qui apprécie particulièrement les pelouses méso-hydrique, c’est-à-dire qu’il ne doit pas y avoir trop d’humidité dans le sol pour qu’elles puissent prospérer. Elle est indicatrice d’un sol plutôt sec et peu calcaire.

La coronille bigarrée est également présente et souligne la sècheresse de ces prairies de par son caractère xérophile.

Ces stations de plantes xérophiles se situent sur une parcelle assez éloignée de l’Allier et de sa ripisylve, et bien plus en hauteur. Si l’on se rapproche de la rivière nous trouvons des plantes qui apprécient davantage l’humidité.

Par exemple, dans la zone qui fait encore partie du site Natura 2000, on peut observer des ormes, des frênes, des peupliers, des saules etc.  Autant d’espèces non protégées qui vivent en milieux humides et qui sont caractéristiques de ce type d’habitat. Si les zones humides n’étaient pas en grande majorité protégées en France, ces espèces se verraient décliner encore plus vite que ce n’est le cas actuellement.

4- La zone de Pérache

La zone de Pérache borde une partie du bourg, c’est une vallée alluviale avec différentes caractéristiques entre autres forêts alluviales,  îlots et berges, prairies humides et forêts boisées.

La rivière de l’Allier est pauvre d’un point de vue floristique mais cependant très riche faunistiquement parlant.

Le cours d’eau avec ses zones d’habitation

L’Allier d’un point de vue continuité écologique est une rivière très intéressante car elle offre à de nombreuses espèces des zones de repli, des habitats mais elle joue aussi le rôle de corridor écologique. Elle permet la communication entre différentes zones et milieux.

En ce qui concerne les poissons, la rivière est très riche, de nombreuses espèces y sont présentes :                  


1-La truite fario
Le chevaine
L’ombre commun
Le goujon

L’Allier est aussi un couloir de migration pour le saumon de l’Atlantique qui se sert de l’Allier pour rejoindre la Loire et descendre ensuite jusqu’à la mer.

La rivière sert aussi d’habitat à d’autres espèces tel que la loutre ou le castor. Mais celles-ci sont fortement dépendantes des milieux annexes c’est-à-dire par exemple la présence de la forêt alluviale à proximité de la rivière.

Du fait de sa grande richesse faunistique et floristique la zone de Pérache est classée en site Natura 2000.

Elle est aussi recouverte des ZNIEFF de types 1 et 2  pour son intérêt écologique et ses divers milieux.

La zone de Pérache est composée d’une mosaïque de différents milieux (pelouses ou prairies humides, ripisylve, forêt alluviale, forêt boisée).

Ces différents milieux abritent une flore remarquable et bio indicatrice de chacun des milieux.

Nous allons nous concentrer à présent sur la flore.

Par exemple au bord de l’Allier nous retrouvons plusieurs espèces symboliques, telles que le roseau, le plantain d’eau, la massette et le chiendent des champs. Ces espèces aiment les sables alluviaux et sont bio indicatrices d’un sol riche en limon et en eau et  excessif en nitrate.

Dans la zone de Pérache nous retrouvons de la menthe à feuille ronde bio indicatrice d’un sol gorgé d’eau, et d’une hydromorphie du sol c’est-à-dire d’une saturation régulière en eau du sol. Il y a aussi la présence d’autres espèces comme  la reconcule rampante, la grande ortie, le liseron.

Cette zone est menacée par l’afflux régulier de baigneurs et promeneurs. Peut être serait-il plus judicieux de ne pas laisser cet endroit si accessible, notamment aux voitures. Le mieux serait de créer des périodes ou l’on pourrait accéder à la zone, et d’autres ou la visite serait interdite au grand public.

L’invasion de la Renouée du Japon pourrait être limitée par un arrachage annuel des plants de cette invasive.

5- La zone des plaines (EST et OUEST)

Ces zones se situent à l’est et à l’ouest de la commune, elles ont beaucoup évolué depuis quelques années avec la construction à proximité d’un nouveau lotissement. Ces infrastructures urbaines sont venues changer le paysage et son visuel.

Nous avons principalement travaillé sur la zone des plaines de l’est, pour la simple raison qu’un approfondissement n’aurait pas été utile. Cette zone est une plaine de monocultures sans interruption. Analyse paysagère mise à part, nous n’avons pas réussi à collecter assez de données dans ces immenses champs, pour en faire une analyse complète.

 La zone des plaines de l’est est principalement agricole et constituée en majorité de culture de blé, d’orge et de tournesol. Elle est bordée par une forte dominance de chêne pubescent et robinier avec la présence aussi de quelques autres essences tel que l’aubépine, le peuplier noir.

Cette zone de plaines a bien évolué depuis quelques années, l’espace était plutôt boisé ou occupé par des champs non cultivés et prairies à perte de vue.

Cette comparaison photographique nous montre l’évolution du paysage de la zone entre 1950 et aujourd’hui.

Auparavant cette zone de plaine était composée de prairies, de clairières, de bois abritant un gibier riche, les haies entre les champs servant d’abris et de corridor écologique à la faune.

Ces haies ont disparu par suite du remembrement et à la mise en place d’une agriculture intensive sur les plus grandes surfaces d’exploitation possibles.

Dans le but d’améliorer la productivité agricole, les agriculteurs ont développé des pratiques qui créent des fortes pressions :

traitements multiples (fertilisation, pesticides, produits phytosanitaires)

irrigation et prélèvement d’eau dans les nappes souterraines ou dans les rivières à proximité (la Couze et l’Allier)

– augmentation de la taille des parcelles avec la suppression au fils des années des liaisons de connexion entre les champs et des supports de biodiversité (haies, chemins, murets).

Le résultat de ce changement mène à un paysage monotone banal laissant très peu de place à la faune et la flore.

L’exploitation et l’artificialisation de la zone n’ont laissé aucun espace ou zone de replis à la faune présente. On a pu noter la disparition ou la rareté de certaines espèces comme le perdreau ou la caille des blés autrefois présents en nombre.

Les espèces des milieux « ouverts » (prairies..) souffrent de l’apport important des pesticides et insecticides. Les espèces des milieux « fermés » (forêts.) ne trouvent pas de refuge. Par conséquent ce type de milieu dominé par une agriculture intensive favorise les espèces « agricoles » c’est-à-dire celles introduites par l’homme (colza, blé.).

Le remembrement a largement été pratiqué en France des années 1960 à 1980, moins fréquemment dans les années 1990. Il a engendré des impacts importants sur les éco paysages, sur l’eau (inondations, drainage, eutrophisation) et sur les sols.

Le remembrement s’est donc accompagné autrefois d’un important appauvrissement écologique du milieu en raison de l’ intensification de l’agriculture, et surtout à la suite de la destruction du réseau de haies, talus, fossés et points d’eau, ce qui a aggravé l’érosion des sols et la pollution de l’eau.

Aujourd’hui l’Etat et les départements, quand ils accompagnent financièrement les remembrements, conditionnent leurs aides au respect de conditions environnementales et de procédures légales. Elles doivent maintenant être accompagnées de mesures compensatoires visant notamment à reconstituer ou préserver les milieux naturels détruits, et pour ce faire s’accompagner d‘étude d’impact. Or, nous n’avons pas trouvé de quelconques traces de ces études d’impact.

Nous avons pu relever quelques espèces arbustives à travers les haies isolés ou bosquets restants.

L’aubépine

Nous avons pu voir ou entendre certaines espèces d’oiseaux.

Source: oiseaux.net

Alouette des champs (Alauda arvensis, LC préoccupation mineure)
Alouette Lulu (lullula arborea, LC préoccupation mineure)

  Caille des blés (coturnix coturnix, LC préoccupation mineure)

6- La Couze et sa ripisylve

A présent la zone que nous allons vous présenter se situe au sud du bourg en bordure des plaines de l’est.

Tout au long du cours d’eau de la Couze une formation végétale arborée s’est formée avec le temps. 

On y retrouve certaines essences d’arbres caractéristiques tels que les aulnes, les peupliers, on peut observer une grande présence de chênes pédonculés. On y croise aussi quelques ormes champêtres ou érables planes.

Comme pour les plaines,  on peut constater une urbanisation croissante et menaçant la ripisylve et ses différents habitats.

La présence des habitations créé une pollution pour le cours d’eau de la Couze mais aussi une pollution sonore pour la biodiversité vivant dans ce milieu.

De plus certaines espèces envahissantes à long terme sont un danger pour la ripisylve telle que la Renoué du Japon. Cette espèce ne cesse de pousser jusqu’à étouffer les autres espèces au niveau de leur système racinaire.

Il est essentiel de sauvegarder et préserver la ripisylve car elle est un élément essentiel du paysage. De plus elle permet de garder un bon état du cours d’eau et de son système fluvial grâce à la rétention des sédiments et la stabilisation des berges.

Elle joue aussi un rôle dans le cycle de l’eau avec ses fonctions de captage et de purification de l’eau réalisée par les espèces arbustives qu’elle abrite.

Il faut savoir qu’un cours d’eau sans ripisylve perd un grand intérêt autant paysager qu’écologique. Nous présentons  maintenant certaines espèces habitant ce milieu et que nous avons pu croiser ou entendre en chemin.

Source: oiseaux.net

Fauvette à tête noire (Sylvia Atricapilla , LC préoccupation mineure)
Grive musicienne (Turdus philomelos , LC préoccupation mineure)
Grive draine (Turdus viscivorus LC préoccupation mineure)
Pic épeiche (Dendrocopos major, LC préoccupation mineure)
Héron cendré (Ardea cinerea, LC préoccupation mineure)

7- Le bois des Graves

Le bois des Graves se situe entre l’autoroute A47 d’un côté et les plaines de l’Est de l’autre côté. La prospection de cette zone a semblé compliquée de premier abord au vu de sa situation géographique.

Cependant nous avons pu accéder au bois par la zone des plaines.

Les bois sont dominés par le chêne pédonculé et le robinier faux-Acaccia avec  la présence de quelques rares sureaux et Cornouillers.

Le bois est composé d’une végétation basse (composition de mousses et tissu herbeux) avec peu d’arbustes.

En termes de faune, le bois sert de refuge, d’abris à plusieurs mammifères, nous avons pu photographier des terriers de renard et un de blaireau.

Photos: Grégory Francomme

En ce qui concerne la faune le bois sert de refuge, d’abris à plusieurs mammifères, nous avons pu photographier des terriers de renard et un de blaireau.

On a pu aussi émettre l’hypothèse de la présence du chevreuil dans la zone, suite à la découverte de bouts de branches déchiquetés et d’écorces de jeunes arbres arrachées.

8- Les Ecopaysages

Afin de mieux comprendre les paysages auvergnats et notamment ceux de la commune de Coudes, nous avons choisi, à travers l’anneau ci-dessous,  de représenter les différents écopaysages que l’on retrouve dans la région du Puy-de-Dôme et plus précisément sur la commune de Coudes.

Pour commencer on peut définir la notion d’écopaysage comme un assemblage de différents milieux sur un espace. Les écopaysages forment une continuité écologique et permettent aux espèces de se déplacer sur le territoire. Un écopaysage est en quelque sorte une combinaison entre un paysage et l’écosystème qui y prend place.

 Ci-dessus un aperçu (issue de nos données) des différents écopaysages que l’on retrouve sur la commune de Coudes. On peut constater une dominante des paysages de grandes cultures intensives et de forêt de plaines et collines.

Ecopaysage grandes cultures intensives

C’est un secteur dominé par une agriculture intensive. La zone des plaines de la Limagne sur la commune de Coudes est un des espaces les plus agricoles et représentatifs de cet écopaysage sur le territoire auvergnat.

Certaines espèces végétales y sont privilégiées (l’orge, le blé, l’avoine..). En Auvergne dans ce type d’écopaysage une vingtaine de variétés de céréales locales sont cultivées. Le sol riche et profond des Limagnes dites « terres noires » est le plus propice à ce type de culture.

A travers le graphique suivant nous pouvons comparer  les zones les plus représentées par cet écopaysage. Les différents espaces que nous avons sélectionnés se trouvent tous dans la région.

 Cet écopaysage avec ses cultures intensives de blé, maïs, orge est le plus présent sur la Limagne sud et nord.

Cependant ce type de culture à des impacts négatifs et positifs sur certaines espèces :

Les Avantages + Les Inconvénients –  
– Certaines espèces dites « opportunistes » ou « résistantes »se sont acclimatées à ce type de milieu.
 – L’absence de prédateur ou de compétition leur a permis de s’intégrer plus facilement.
– Les cultures et les labours ont permis à certaines espèces comme le sanglier ou le chevreuil d’avoir un lieu de gagnage c’est-à-dire un lieu de nourriture à proximité de leur lieu de vie.
– Forte régression des espèces messicoles     (« messi »=moisson, « cole »=habitat) Ex : le bleuet, marguerite, coquelicot
– Disparition des auxiliaires de culture et des sols suite à l’apport conséquent de pesticides et aux méthodes de labour. Ex : le ver de terre, coccinelle
– Fragilisation de la chaine alimentaire notamment avec la disparition du ver de terre
– Erosion du sol

Pour finir ce type de milieu joue différentes fonctions écologiques au niveau du sol par son rôle de stockage du carbone, de filtration et de purification des eaux de ruissellement.  Il permet également la décomposition et le recyclage de la matière organique et assure aussi le maintien des sols notamment grâce aux micros organismes.

Ecopaysage des systèmes agropastoraux

En Auvergne il existe 3 grands types d’écopaysages agropastoraux :

– les écopaysages  avec une dominance de prairies dites «  permanentes » c’est-à-dire des prairies peu ou pas travaillées servant au pâturage ou à la récolte de fourrage.

– les écopaysages avec des prairies temporaires c’est des prairies à usage limité dans le temps.

-les écopaysages composés d’un mixte culture/prairie

On peut constater qu’en majorité les prairies permanentes se trouvent dans le secteur des volcans d’Auvergne et très peu voire pas présentes sur  la commune de Coudes.

D’après nos observations, nous pouvons voir une grande présence des prairies temporaires sur  les zones d’Aurillac et des Combrailles.

Elles sont peu présentes sur la commune.

Dans cet écopaysage, on retrouve beaucoup de points cités précédemment qui ont un impact fort et négatif sur la biodiversité  à cause  de travail régulier de la terre (labour..).

Dans ces écopaysages agropastoraux les bosquets ont un rôle important car ils permettent une continuité écologique et contribuent à la beauté du paysage.

Ils ont aussi une fonction écologique : ils permettent de stocker le carbone, d’entretenir  la flore et la faune et de filtrer l’eau.

Ecopaysage  coteaux thermophiles

Les plateaux et coteaux basaltiques ont une histoire particulière en Auvergne. Pour bon nombre d’entre eux ils ont été pendant longtemps recouverts de vergers ou de vignes. L’élevage et le pastoralisme ont permis de maintenir les pelouses nombreuses dans ce type d’écopaysage.

En Auvergne et sur la commune, on peut observer la présence importante de ce type de milieux sur la zone de la Limagne et sur les Combrailles. A Coudes, on retrouve cet écopaysage notamment sur la zone du Rivage.

Les pelouses sèches qui recouvrent ce type de milieu sont très importantes, il est donc primordial de les protéger et de les conserver.

Les Avantages + Les Inconvénients –
– Elles abritent des espèces rares et protégées comme les orchidées. Ex : orchis, ophrys
-Les coteaux sont très favorables à l’avifaune avec la présence de milieux ouverts et de points d’observation.
– Elles sont favorables aux oiseaux méridionaux Ex : les hiboux moyens et petits-ducs et la chouette chevêche  

– Dans ce type de milieu,  les zones à affleurements rocheux sont dépendantes  du pastoralisme et des activités humaines pour les maintenir.
-En absence de pastoralisme et activité,  on observe une fermeture de ces coteaux par une formation de friche thermophile (formation végétale d’arbustes et arbrisseaux)    

Il est primordial de conserver ces espaces car ils permettent aux espèces méridionales de trouver des zones relais en Auvergne en lien avec les nombreuses vallées escarpées auvergnate.

Ecopaysage forestier

Cet écopaysage regroupe les milieux de forêt en plaines et collines tels que les lisières, clairières. Il faut savoir que sur le secteur de l’Allier 85% des forêts sont composées de feuillus.

Depuis le 18ème siècle, nous  avons une forte augmentation de l’espace forestier sur le territoire auvergnat.

Ecopaysage forêt de plaines et de collines : sur la commune de Coudes nous avons une dominance de feuillus avec une omniprésence du chêne pédonculé.

              En Auvergne on peut distinguer 3 types de chênaies :

  • la chênaie pédonculée que l’on trouve  sur la commune de Coudes. Appréciant les sols acides et argileux, on la retrouve principalement le long de l’Allier et dans le nord du Puy-de-Dôme. On y trouve également quelques autres espèces arborescentes telles que châtaignier, charme, bouleau et tilleul. Ces forêts abritent aussi différents types de mousses comme la Dycrane en balais ou l’hymne de bruyère.
  • la chênaie sessiflore qui préfère quant à elle,  les sols acides bien drainés. Ce type de chênaie abrite d’autres  espèces arborées tels que le châtaigner ou le hêtre. On peut parfois retrouver des chênes pédonculés au côté des chênes sessiles.
  • la chênaie pubescente qui préfère des températures  chaudes. On trouve davantage ce type de chênaie dans l’écopaysage des coteaux thermophiles de la Limagne. Elle abrite pour sa part beaucoup d’espèces méridionales comme le chèvrefeuille ou le trèfle.

Ces forêts sont donc très importantes pour le fonctionnement de l’écosystème et pour la biodiversité dont elles regorgent.

Les Avantages + Les Inconvénients –

-un grand nombre d’insectes se nourrissent et profitent des bois morts Ex : les coléoptères
-un grand nombre d’oiseaux trouvent refuge et garde-manger (insectes, fruits…)
-les rapaces aiment venir s’installer en hauteur dans les houppiers des arbres
-la présence d’eau dans la forêt renforce la biodiversité avec un grand nombre de reptiles, amphibiens, papillons, libellules.
     

Les forêts jouent un rôle essentiel dans les continuités écologiques car elles permettent à de nombreuses espèces d’avoir en permanence des espaces pour se nourrir, boire ou se cacher.

De plus elles ont aussi une fonction  écologique :

– elles entrainent de façon naturelle une dynamique de renouvellement des arbres, elles permettent aussi de puiser le carbone.

– elles ont aussi une capacité de captage et de rétention d’eau car elles permettent de réguler l’écoulement des eaux de ruissellement et le niveau des nappes souterraines. Elles jouent un rôle essentiel dans la régulation du niveau d’eau car elles limitent les risques d’inondations, ce sont  de véritables agents climatiques.

– elles régulent aussi la qualité de l’air.

Si elles venaient à disparaître tout d’abord d’un point de vue visuel leur absence se fera très remarquer au niveau paysager.

De plus elles jouent un rôle social et permettent de découvrir la nature et sa biodiversité.

8- Nos inventaires faunistiques et floristiques

Voici les données des relevés faunistiques et floristiques que nous avons effectués :

Voici ci-dessous les données floristiques, réalisées zone par zone:

Remerciements

Pour nous avoir permis de réaliser ce stage dans de bonnes conditions, nous remercions tout d’abord  la mairie de Coudes et son adjoint Monsieur le Marrec qui nous a, dès le premier jour,  reçu et aiguillé sur certaines recherches.

 Nous remercions particulièrement notre maître de stage Madame Claude Camilli pour ce stage enrichissant et intéressant sur la commune de notre choix.

Pendant le stage, nous avons pu aussi réaliser quelques sorties d’observation de l’avifaune avec Monsieur Jean Mazade (membre de la LPO). Ces sorties nous ont permis d’être plus efficaces dans la reconnaissance des chants d’oiseaux. D’ailleurs, une grande partie des oiseaux inventoriés l’a été grâce à leur cri, il est difficile de pouvoir observer tous les oiseaux directement afin de les identifier. L’observation directe, si elle n’est pas aidée par des jumelles ou longues vues, ne constitue pas une preuve suffisante pour distinguer une espèce d’une autre. Certaines se ressemblent beaucoup et méritent donc qu’on les distingue avec plus de précisions. Heureusement, nous étions équipés des outils adéquats.

Ensuite nous remercions tous les acteurs que nous avons rencontrés, pour leur disponibilité et leurs renseignements : les agriculteurs de Coudes, le responsable de la fédération de chasse, le garde-chasse et nature, les habitants.

Retour sur expérience

Ce stage nous a, à première vue,  paru difficile  car notre tutrice nous a  laissé nous organiser afin que nous soyons autonomes  dans nos recherches. De plus, aborder des notions que nous ne connaissions pas avant le stage nous a obligé à nous adapter et nous informer d’autant plus. Par ailleurs, nous avons été contraints par la période de canicule qui a ralenti notre travail et nous a obligé à adapter nos horaires.

Tout au long du stage, nous avons pu nous rendre compte de la difficulté de prendre des rendez-vous avec des professionnels. Puis d’être capables de nous présenter ainsi que de présenter notre démarche et les objectifs du stage. Nous avons toujours obtenu un bon accueil des personnes que nous avons contactées.

Ce stage nous a permis d’acquérir de nouvelles connaissances notamment sur les paysages et nous a permis d’évoluer autant en savoir être (être autonome) qu’en savoir-faire (cartographie par exemple).

La rencontre avec différents acteurs locaux nous a permis aussi d’évoluer dans notre manière de voir certaines choses, de sortir du monde scolaire et de rentrer dans le monde professionnel. Lors du stage nous avons eu la chance de réaliser 3 sorties « reconnaissance de chants des oiseaux » avec un membre de la ligue de protection des oiseaux (LPO). Ce qu’il nous a appris nous a beaucoup servi par la suite dans le stage.

Ce stage nous a apporté beaucoup de nouvelles connaissances autant en termes de paysages qu’en terme de données naturalistes.

Sitographie

Nous avons consulté plusieurs sites pour la cartographie QGIS , Géoportail

-www.paysagesdauvergne.fr

-www.coudes.fr

-histoire-commune-coudes-puy-dome

http://www.meteofrance.fr/publications/glossaire/150609-effet-de-foehn

https://www.chainedespuys-failledelimagne.com/le-bien/la-faille-de-limagne/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coudes

https://www.sancy.com/patrimoine-naturel/couze-chambon/

https://inpn.mnhn.fr/programme/inventaire-znieff/presentation

http://paysagesreconquis-monblog.com/

Bibliographie

Guide des lacs et étangs (Guide Nature Hachette)

-Fleurs des campagnes (Fernand Nathan)

-Les arbres (Nathan Nature)               

-Papillons et chenilles (Nathan Nature)

-Petite flore de France (Belgique, Luxembourg, Suisse)

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