Analyse écologique et paysagère de Lyons-la-Forêt (Eure) par Carole-Anne Bieniak et Anouk Pottier

Written by Claude CAMILLI
1. Contexte
1.1 Présentation des étudiantes
1.2 Présentation de la commune et de son village
2. La forêt domaniale de Lyons
2.1 La forêt dans sa globalité
2.2 Premier acteur rencontré
2.3 Analyses et mesures de gestion
3. Les autres acteurs rencontrés 
4. Nos inventaires
4.1 Notre inventaire floristique (dont remarquables) 
4.2 Notre inventaire faunistique  
5. Les projets de la commune et de la communauté de commune 
6. Les limites de l’étude  
7. Reconquête paysagère
8. Anecdotes !
9. Conclusion 
10. Sources et remerciements

1. Contexte

1.1 Présentation des étudiantes 

Nous sommes deux étudiantes, Anouk POTTIER et Carole-Anne BIENIAK, en brevet de technicien supérieur agricole dans la gestion et la protection de la nature, au sein de l’Institut Environnemental et Technologique de la ville de Lyon, dans le Rhône (69). 

Dans le cadre de nos études, nous devons réaliser un ou plusieurs stages sur une durée de 12 semaines. 

Nous avons choisi de faire notre premier stage pour une période de deux mois (juin-juillet), aux côtés de Claude CAMILLI au sein de son association “Paysages Reconquis”. 

Avec l’assistance de Claude, nous avons choisi au préalable la commune sur laquelle nous allions nous rendre pour effectuer notre étude. Notre choix s’est porté sur la commune de Lyons-la-forêt, dans le département de L’Eure (27), en Normandie. 

Notre mission professionnelle était de réaliser un inventaire floristique et faunistique. Nous devions aussi faire une étude historique et patrimoniale de la commune de Lyons-la-forêt. Par conséquent, le diagnostic et l’analyse de la commune de Lyons ont été réalisés à partir de plusieurs aspects : l’écologie, l’esthétique, le patrimoine, l’évolution et les richesses environnementales.

1.2 Présentation de la commune et son village

Lyons-la-forêt est une commune française située dans le département de l’Eure (27), région Normandie. En 2017, la commune a été labellisée « 4 fleurs » par le Conseil national de villes et villages fleuris de France.

La commune de Lyons-la-forêt s’étend sur environ 15 000 hectares. Nous y trouvons des zones d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) de « type I » et de « type II » mais aussi un site Natura 2000 “Directives habitats”.

Petite explication des termes ZNIEFF et Natura 2000 “Directives habitats”:

Une ZNIEFF constitue une base pour la constitution de zones de conservation de la biodiversité ainsi que pour la prise en compte de l’environnement dans les projets d’aménagement. 
Les ZNIEFF de type I sont de dimensions réduites mais accueillent au moins une espèce ou un habitat écologique patrimonial. Elles peuvent aussi avoir un intérêt fonctionnel important pour l’écologie locale.
Les ZNIEFF de type II sont plus étendues, présentent une cohérence écologique et paysagère et sont riches ou peu altérées, avec de fortes potentialités écologiques.

Natura 2000 correspond au nom d’un réseau de sites naturels qui vise à préserver la biodiversité au sein de l’Union européenne. Il a été créé par la directive européenne dite « Habitats » du 21/05/1992 et inclut la directive européenne dite « Oiseaux » du 02/04/1979. 
Il comprend deux types de sites naturels : les zones de protection spéciale (ZPS) qui visent à protéger les oiseaux et les zones spéciales de conservation (ZSC) qui visent à préserver les habitats naturels et les espèces (autres que les oiseaux) d’intérêt communautaire.

Nous avons fait l’acquisition d’une carte IGN pour mieux nous orienter et pouvoir délimiter la commune, les zones Natura 2000, les ZNIEFF (type I et type II) ainsi que tous les chemins que nous avons parcourus.Légende:  

Le village de Lyons-la-Forêt se serait constitué autour d’un château fort édifié au XIIIème siècle par Guillaume le Conquérant et achevé par son fils cadet le roi Henri Ier dit Beauclerc. 

“Petite anecdote: le village s’appelait à l’origine Saint-Denis. D’ailleurs l’église du village est placée sous le vocable de Saint Denis. Lyons était auparavant uniquement le nom de la forêt, comme semblent le montrer les attestations antérieures au XIIIe siècle”

“Niché au cœur de la forêt domaniale de Lyons, qui dresse un imposant rempart végétal autour du village, la forêt nourrissait de nombreux conflits entre Ducs de Normandie et rois de France. Celle-ci était convoitée car elle se situait sur la frontière entre l’ancien royaume de France et celui des ducs de Normandie, longtemps rattaché à l’Angleterre. Tantôt siège militaire, tantôt lieu de villégiature et de chasse pour Saint-Louis ou encore Philippe Le Bel, Lyons-la-forêt perd son château dans un incendie mais retrouve paix et prestige au XVIème siècle par l’établissement d’un bailliage » (au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, la circonscription administrative et judiciaire de la France était placée sous l’autorité du bailli).

L’essentiel des constructions date de cette période. L’hôtel de ville (qui est depuis la mairie), ancien siège du bailliage, a conservé sa salle de tribunal avec le mobilier d’époque et une tenture aux fleurs de lys du XVIIIème siècle.

Lyons a aussi conservé la magnifique halle au cœur du village qui date du même siècle.


Ancienne salle de tribunal, où se trouve actuellement la mairie

La halle de  Lyons, où se situe le marché 

Aujourd’hui, le village de Lyons-la-forêt est reconnu parmi les plus beaux villages de France. Il a été également classé “station verte”. 
Il accueille plus de 800 habitants et représente une icône du charme normand. Nous pouvons y retrouver des bâtisses anciennes à colombages et briques, des paysages vallonnés, ainsi qu’un environnement propice à des escapades nature à pied, à vélo ou encore à cheval.


Maison de madame Lise Wetzel (habitante que nous avons interrogée)
voisine de la maison du compositeur Maurice Ravel .

Maurice Ravel

2. La forêt domaniale de Lyons

2.1 La forêt dans sa globalité

La forêt domaniale de Lyons-la-forêt qui est un fabuleux patrimoine naturel, constitue actuellement l’une des plus belles hêtraies d’Europe qui s’étend sur plus de dix mille sept cents hectares

Elle est réputée pour ses arbres à haut fût lui donnant un aspect “ cathédrale” qui impressionne dès le premier regard.

La forêt domaniale de Lyons est gérée par l’Office National des Forêts dont le siège de l’unité territoriale Lyons-Vexin-et-Bray est à Lyons-la-forêt. Les techniciens forestiers qui composent l’équipe placée sous la responsabilité d’un ingénieur forestier (à Lyons, Emmanuel Boivin, acteurs rencontrés, cf partie 3), se répartissent le suivi du territoire.

La majeure partie des travaux est mise en œuvre par les ouvriers sylviculteurs et les chauffeurs de tracteur de l’agence de travaux de l’ONF de Haute-Normandie, sous la responsabilité du conducteur de travaux. 

L’activité est saisonnière, rythmée par les martelages (opération consistant à marquer avec le marteau forestier les arbres à abattre ou à réserver dans une coupe, cela demande une certaine connaissance des différentes espèces et des différentes étapes de la croissance de celles-ci), la chasse, les travaux de plantation l’hiver, l’entretien du domaine et des infrastructures, les prises de mesures sur les peuplements, les prévisions de travaux et de congés de l’année suivante. Sans oublier les missions d’accueil du public (compliquées suite au COVID 19), de surveillance et de protection de l’environnement toute l’année ( surveillance des différents arbres : états de santé, champignons, évolution, etc…) .

Toutes ces tâches répondent à la politique forestière nationale qui est  essentiellement basée sur la gestion durable du patrimoine boisé et qui a pour but de mettre en valeur le patrimoine forestier sans oublier les personnes qui y contribuent , en rapport avec le document d’aménagement en vigueur et les engagements de la gestion durable de l’ONF.

La forêt de Lyons assure une part importante de la production de hêtre en Haute-Normandie.

Les bois de qualité sont transformés dans la région ou exportés vers l’Asie. Le bois d’industrie (issu des premières coupes dans les jeunes futaies) est maintenant transformé en plaquettes pour alimenter les chaufferies régionales. Le bois de bûche transformé connaît un nouveau développement pour les entreprises locales en relation avec l’augmentation du coût des énergies fossiles. Pour sa production, la forêt de Lyons contribue notablement à l’activité économique du territoire. 

Lyons et sa forêt ont traversé les siècles en parfaite harmonie. Cependant cela n’a pas empêché des changements radicaux depuis l’origine de l’histoire de la Normandie. 

En effet, durant les années d’après-guerre, des résineux sont introduits en forêt, notamment dans les zones détruites par les bombardements. Cette opération a été financée par le Fond Forestier National.  

De 1960 à 1985, un dépérissement de la forêt est constaté: les hêtres sont attaqués.
Les causes sont multiples : conditions météorologiques à la fin des années 50, hêtraie monospécifique vieillissante, mais aussi la présence du Nectria qui est un champignon véhiculé par la cochenille. 
Le volume d’arbres malades récoltés par les forestiers représente jusqu’à 50 % de la récolte annuelle. 

En 1981 la pépinière des Bordins est transformée en arboretum, l’ouverture au public s’est faite en 1994. 
L’aménagement (1989 – 2003) prévoit un renouvellement de la forêt principalement en chênes sessiles par plantation. Le parcellaire actuel est mis en place.

Les réserves biologiques domaniales du Bois du Gouffre et du Mont du Frêne sont créées et la gestion est pilotée par un comité scientifique. Comme pour tous les espaces protégés, elle a une mission de protection (faune, flore et autres ressources naturelles).
Mais une réserve biologique domaniale a également un objectif éducatif : observation scientifique et sensibilisation du public.

L’aménagement 2004 – 2023 prévoit un renouvellement de la forêt au ⅔ par régénération naturelle de hêtres, le tiers restant par plantation de chênes sessiles, résineux et feuillus divers. 
La surface annuelle à renouveler pendant cette période est de 90 hectares.

Voici quelques photos des monuments historiques croisées lors de nos sortie

Située sur la face atlantique, la forêt de Lyons a subi plusieurs perturbations climatiques au  fil des siècles. Voici quelques dates importantes qui ont marqué son histoire et influencé l’aspect des peuplements de la forêt de Lyons. 

  • 1519 : ouragan qui a détruit près de 3000 hectares entre Lyons et Gisors 
  • 1876 : ouragan qui détruit 44 000 m3 
  • 1929 à 1930 : tempête qui détruit 26 000 m3 
  • 1957 : ouragan qui détruit 47 000 m3 en 10 min (arbres devenus des volis)
  • 1984 : tempête qui détruit 360 000 m3 
  • 1987 : tempête qui détruit 190 000 m3 
  • 1990 : tempête qui détruit 240 000 m3 
  • 1999 : tempête LOTHAR qui détruit 150 000 m3 

Pendant notre étude, nous avons pu croiser des arbres renversés par les tempêtes.
Encore aujourd’hui la forêt de Lyons fait face à des tempêtes ou des ouragans.

Notons que l’Office National des Forêts récolte en une année environ 80 000 m3 d’arbres dans la forêt de Lyons.

2.2 Premier acteur rencontré

En premier lieu, nous avons rencontré un ingénieur forestier de l’ONF, également président de l’association HAUGR (Association du patrimoine culturel historique et naturel des Hogues en Lyons), Emmanuel Boivin

Il nous a consacré énormément d’heures, malgré son emploi du temps très chargé, en nous montrant et expliquant les différents aspects de la forêt comme évoqués précédemment (hêtraie, plantation, plan de gestion, accueil, etc…).

Il nous a détaillé les plans de gestion pour la forêt de Lyons en nous fournissant des documents tels que le DOCOB (Document d’objectifs) de Lyons (voir définition ci-dessous). 

Le  DOCOB est réalisé en 3 grandes parties  :

–  Description du site : inventaire et cartographie des habitats naturels et des espèces.

–  Analyse des enjeux environnementaux et socio-économiques et définition des objectifs de conservation du site (espèces intéressantes, ZNIEFF et Zone Natura 2000)

–  Propositions des mesures de gestion (entretien des arbres, sélection et coupe pour le commerce, nouvelles plantations etc..).

“Le document d’objectifs (DOCOB) rapporte l’état de conservation des habitats et des espèces ayant justifié la désignation du site Natura 2000. Il établit leurs localisations ou leurs répartitions sur le site. Il constitue également le plan de gestion du site Natura 2000.”

Emmanuel Boivin

Dans le métier depuis plusieurs années maintenant il a pu nous retracer l’histoire de la forêt, que ce soit au niveau des plantations, de la gestion mais aussi des différentes espèces remarquables du site. 

“Nous avons ici, un arbre, qui a maintenant une centaine d’années, il est très connu grâce à sa particularité: cette boule au niveau du tronc. Monsieur Boivin nous explique que depuis maintenant quelques années, de plus en plus d’arbres sont touchés par un champignon qui cause des malformations chez les arbres.”

Il nous a aussi évoqué un projet pour l’avenir de la forêt en nous montrant un dossier nommé “ La forêt de Lyons dans 50 ans” rédigé par ses soins.

Ce dossier évoque l’évolution des différentes espèces de Lyons-la-forêt, mais cela ne reste que des théories. Cela nous a tout de même permis de voir d’un œil plus attentif les différentes espèces qui nous entouraient. 

2.3 Analyse, mesures de gestion 

La part de hêtres est en baisse constante car les forestiers ont comme souci de diversifier la production pour diminuer les risques liés aux aléas climatiques ou économiques. La vocation feuillue du massif est toutefois réaffirmée. 

En 2005, la forêt de Lyons comptait 1000 ha de plus de 150 ans et 1300 de plus de 120 ans. Aujourd’hui il n’y a plus que 200 ha de plus de 150 ans (chênes ou hêtres) et 1500 ha de 120-150 ans.

Une zone de la forêt est classée en réserve intégrale (zone de recherche), Natura 2000 : Les habitats classés (hêtraie à houx et jacinthe) deviennent rares. 

Le hêtre cède la place au chêne.  

Le mélange des essences est recherché par les forestiers. 

Une partie de la forêt est en “irrégulier” (diversité des diamètres, des essences sur la parcelle) ce qui favorise une meilleure “ résilience” (capacité à résister aux aléas) de la forêt. 

Les milieux diversifiés sont favorables aux oiseaux dont la présence se maintient sauf quelques espèces migratrices qui sont devenues très rares (ex: tourterelle des bois) .

De plus, concernant la faune, la population de cerf est en difficulté (moins d’échanges possibles entre les grands massifs de Gisors, Vernon, Thelles et  Eawy) car leur espace vital et les zones de tranquillité ont été réduits. 

Concernant la gestion de la forêt, des suivis en continu de son état sont mis en place. Des outils satellites sont installés afin de suivre les sécheresses ou le dépérissement. 

L’ensemble du massif est couvert par un réseau de placettes de suivi de la forêt : sol, peuplement et faune. Ce suivi complémentaire des données satellites est utilisé par les chercheurs et les gestionnaires. 

Dans la forêt de Lyons, la chasse est considérée comme un acte de gestion essentiel (protection des cultures et du renouvellement de la forêt), la régulation des grands ongulés (gibiers et nuisibles) continue de se faire par l’homme sauf pour les petits mammifères et gibiers tels que le lièvre ou la bécasse qui s’autorégulent. L’introduction de prédateur comme le loup est impossible car l’espace vital est insuffisant et il y aurait une incompatibilité avec la densité de population. 

3. Les autres acteurs rencontrés

Les différentes rencontres que nous avons pu faire nous ont permis de mieux comprendre l’évolution du village, de la forêt, ainsi que celle de la commune. Nous avons pu constater une grande évolution, que ce soit au niveau des projets environnementaux (aménagement de la forêt, plantation, coupe de certaines espèces pour le commerce etc…), des loisirs, de la population, ou encore du tourisme. 

Nous avons par la suite rencontré, à plusieurs reprises, une habitante de Lyons-la-Forêt, retraitée depuis plusieurs années, Lise Wetzel, qui a consacré une grande partie de sa vie au village de Lyons et sa forêt. 

Ancienne présidente de l’association “ Les amis de Lyons ”, elle nous a reçu chez elle où nous avons pu discuter de son passé à Lyons, consulter des documents et comprendre l’évolution de la vie de Lyons du XVIIIe siècle.

Lors de ses années en tant que présidente d’association de Lyons elle a étudié aussi la forêt et mené des conférences sur le patrimoine et sur la forêt de Lyons. 

Lise Wetzel

“ A partir du XVIIème siècle, les artistes succèdent aux seigneurs et font de Lyons une destination mondaine : Isaac de Benserade, poète à la cour de Louis XIV s’y installe, tout comme plus tard Maurice Ravel. Leurs imposantes demeures aux façades hourdis de briques ou de pans de bois comptent parmi les plus beaux témoignages du patrimoine architectural de Lyons.”  

Lise Wetzel fait partie de la famille Dollfus, son oncle Jean Dollfus, géographe et peintre, a dessiné la première carte de Lyons-la-forêt notifiant les espèces remarquables. (Ci-dessous).

Elle nous a raconté que Lyons était un petit village d’artisans comprenant des charpentiers, des menuisiers, des sabotiers, des bûcherons et des petits commerces. On y trouvait principalement des artisans, des élevages et des fermes. 

Maintenant nous retrouvons des métiers comme bûcherons accompagnés de nouvelles professions telles que sylviculteurs, débardeurs (transport du bois abattu des forêts) et chauffeurs grumiers.

Au XVIIe siècle, les maisons étaient assez vastes et coupées en petits espaces. Maintenant ces maisons sont regroupées et forment de grandes demeures. Nous avons pu le constater en visitant sa maison. 

Suite à l’arrivée des “Artistes”, comme les nomme Lise Wetzel, Lyons se divise peu à peu  en deux parties. D’un côté les artisans et de l’autre les artistes. Cependant cela convenait à tous car ces deux “ classes” vivaient de manière complémentaire et en harmonie. 

Elle nous a également conté l’évolution des fêtes à Lyons comme la fête du feu de la Saint-Jean. Auparavant tous les cultivateurs apportaient leurs branchages et allumaient ce grand feu de plusieurs mètres de haut. 

Malheureusement elle n’a plus sa place à Lyons depuis peu car celle-ci est considérée comme trop coûteuse, chronophage mais surtout dangereuse. Il est en effet impossible de la sécuriser correctement. 

Les forestiers s’investissaient énormément pour cet événement, aujourd’hui, l’ONF considère que cet événement ne vaut plus la peine de s’investir autant. 

Nous pouvons voir sur cette photo d’époque la manière dont les trois pyramides étaient faites, lors du feu de la Saint-Jean

Nous avons eu la chance d’être reçues dans le bureau du maire, à la mairie, afin de partager une matinée entière avec Thierry Plouvier

Conseiller municipal de Lyons-la-forêt depuis 1983, maire depuis 2008, Monsieur Plouvier se bat depuis plus de trente ans pour son village de naissance. Il a pu nous raconter l’histoire de son village et de son investissement (maintenir l’apparence du village et l’urbanisation en dehors du village).

Mr Thierry Plouvier

Lyons est un village remplie d’histoire…, en traversant les siècles accompagné de sa forêt  et de son architecture témoin d’une histoire singulière, Lyons la forêt est un village incontournable, un lieu d’échange au patrimoine bien préservé. Mon objectif est avant  tout de  conserver l’histoire et le site tout en le faisant évoluer.“

Monsieur le maire nous a conté l’histoire de Lyons depuis son commencement tout en passant par les aspects économiques, environnementaux, touristiques ou encore esthétiques. Il nous a apporté de nombreux documents concernant la ville de Lyons comme le PLU datant de 2014 (voir ci-dessous) mais également bien d’autres cartes et documents concernant la forêt.

En 1993, en tant que maire adjoint à l’époque, Thierry Plouvier a fait un plan urbanisé de Lyons. Sur 17 hectares “urbanisables” seulement quatre hectares sont devenus une zone dite “ urbanisée”.

“ Le but était, et est toujours, de préserver un maximum la nature tout en évoluant. Beaucoup de pédagogie concernant la préservation du paysage et du patrimoine a été menée  afin pour pouvoir se démarquer des autres villages” 

Voici un plan de l’organisation de l’espace communal de Lyons-la-forêt qui permet de visualiser les différents espaces : 

Avant 1967, l’urbanisme dans la commune dépendait du bon vouloir du maire, sous le contrôle de l’État via le règlement collectif. 

Depuis 1967 les communes auraient dû se doter d’un plan d’occupation des sols (POS). Cette disposition est cependant contraignante et de nombreuses communes ne l’avaient pas adopté.

Or le plan d’occupation des sols a permis une prise de conscience collective, afin de mettre un terme à la dispersion de l’habitat (hameaux, dents creuses, etc…). Il a permis l’observation et la réflexion autour des terrains ainsi qu’une prise de conscience des coûts importants des aménagements supportés par les collectivités. 

En 2000, la loi de solidarité et renouvellement urbain (SRU) a remplacé les plans d’occupation des sols (POS) par les plans locaux d’urbanisme (PLU).

Le plan d’aménagement de développement durable (PADD) est un document qui permet d’imaginer la commune sur plusieurs années. Ceci a favorisé la réussite du PLU. 

Le PLU se compose d’un rapport de présentation, d’un graphique et enfin d’un règlement. Lyons-la-forêt a approuvé son PLU le 05/09/2014 et a sévèrement renforcé ses contrôles afin de répondre au caractère touristique de la commune.

En effet, Monsieur le maire nous a expliqué qu’au plan local, il a fallu ces 40 dernières années prendre en compte le vieillissement de la population, maintenir les commerces et services de Lyons, équiper le village, maintenir un service public de proximité et enfin mutualiser les moyens avec les autres communes (syndicats, communauté de communes).

Aujourd’hui, les mesures appliquées sont en cohérence et en harmonie. 

“ Chaque volonté de travaux au sein du village de Lyons doit d’abord m’être exposé, avant tout commencement. Chaque habitant voulant modifier sa maison doit me contacter pour une concertation car il est important de ne pas défigurer le village de Lyons pour qu’il puisse continuer à monter en gamme et à garder ses racines. Nous trouvons toujours des arrangements afin que tout le monde soit content.  Nous sommes situés loin de tout, en pleine nature. Notre village n’a pas subi la révolution industrielle. Nous avons également échappé aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Mis à part quelques aménagements historiques, Lyons-la-Forêt est resté dans son jus depuis sa création au Moyen Âge. Mais au-delà de cet aspect « chanceux », les équipes municipales successives ont fait beaucoup pour préserver le caractère du village.

Dans les années 80-90, lorsque la communauté de communes a créé les “zones d’activités” (zones industrielles), Lyons la forêt a tout de suite refusé, préférant conserver son authenticité et favoriser les petits commerces. 

Cela a valu au village de nombreux titres, notamment en 1996 ou Lyons a été élu l’un des « plus beaux villages de France » ou encore le titre de « village fleuri  » (4 fleurs) et enfin celui de « station verte ». Ce dernier titre est un label d’écotourisme car le village développe des initiatives durables, en faveur d’une nature respectée et préservée, propose une offre complète d’activités en lien avec un patrimoine naturel, culturel ou historique, s’engage dans un tourisme de proximité à la fois humain et respectueux du territoire et valorise les attraits naturels du territoire).

Lyons-la-forêt a conservé les monuments historiques en les restaurant, en aménageant également un square qui était encore il y a 15 ans une friche.  

Nous avons également rencontré le directeur Olivier Blanchard de l’association ALSAF( Association de sauvegarde des abords de la Lévrière et de la forêt de Lyons) qui travaille en collaboration avec l’ONF. 

Son association mène plusieurs interventions comme l’animation, la sensibilisation, la sauvegarde et la restauration mais aussi de nombreuses actions comme le nettoyage des marres, l’étude des fossiles etc… 

Il nous a éclairées sur les méthodes d’interview à adopter et nous a également informé des projets et actions de l’association. 

Chaque année l’association organise une traversée de crapauds (espèce rare et protégée dans la région). Les routes sont barrées et des bâches sont disposées afin de permettre aux crapauds de traverser sans encombre. 

L’ALSAF a pour projet, l’année prochaine, de concevoir une maquette virtuelle (sur ordinateur) de la commune afin de sensibiliser les habitants sur l’environnement et les espèces du site.  

4. Nos inventaires 

Afin de réaliser nos inventaires, que ce soit floristique ou faunistique, nous avons appliqué certains protocoles. 

Nous avons choisi un protocole commun pour les deux inventaires : la méthode du transect.

Méthode du transect : sur un périmètre et une distance choisie au préalable, nous observons toutes les espèces que nous croisons entre notre point de départ (point A) et notre point d’arrivée (point B). Après avoir réalisé des allers-retours entre nos points A et B, nous avons pu recenser un certain nombre d’espèces. Nous avons établi ce protocole sur différentes zones afin de pouvoir rencontrer et recenser un maximum d’espèces. 

Pour l’avifaune, nous avons également fait des points d’écoute à différents endroits et moments de la journée (minuit, 1h, 2h, 3h et 5h du matin et après-midi). Nous nous sommes également postées à des endroits stratégiques (passage d’animaux, zone de chasse, champs, plaines)  afin de pouvoir observer la faune sauvage. 

4.1  Notre inventaire floristique

FamilleNom vernaculaireNom scientifique

 Amanitaceae

Amanites tue-mouche

Amanita muscaria 

Cantharellaceae 

Girolles

Cantharellus cibarius
 


 Cantharellaceae


Trompettes de la mort


Craterellus cornucopioides 


 Morchellaceae


Morilles comestibles


Morchella 


Boletaceae 


Bolets bais


Xerocomus badius 
     Boletaceae
Cèpes des pins

Boletus pinophilus
     
  Fagaceae 


Chêne rouge


Quercus rubra 

Dennstaedtiaceae 

Fougère aigle

Pteridium aquilinum 


Oxalidaceae 


Oxalis petite oseille


Oxalis acetosella 

Rosaceae

Ronce ( commune)

Rubus fruticosus 
 

Liliaceae



Jacinthe des bois



Hyacinthoides non-scripta 




Pinaceae 




Epicéa commun




Picea abies 


Pinaceae 


Pin sylvestre


Pinus sylvestris 

Fagaceae 

Chêne pédonculé

Quercus robur

Fagacées

Hêtre commun

Fagus sylvatica

 Tiliaceae

Tilleul commun

Tilia ×europaea


Rosacées




Aubépine


Crataegus monogyna
 Salicaceae
Saule commun

Salix alba


 Betulaceae


Aulne glutineux


Alnus glutinosa

 Oleaceae

Frêne commun

Fraxinus excelsior

Betulaceae 

Charme

Carpinus betulus


Sapindaceae 


Marronnier commun


Aesculus hippocastanum

Sapindaceae 

Epicéa de Sitka

Picea sitchensis

 Fagaceae

Chêne sessile

Quercus petraea


Fabaceae 


Robinier faux-acacia


Robinia pseudoacacia

Rosaceae 



Merisier vrai

Prunus avium


Betulaceae 


Bouleau pubescent


Betula pubescens

Aceraceae 

Erable Sycomore

Acer pseudoplatanus



Aceraceae 



Erable Plane



Acer platanoides

 Aceraceae

Erable champêtre

Acer campestre


Rosaceae 


Ronce framboisier


Rubus idaeus

Caprifoliaceae 

Sureau yèble

Sambucus ebulus

 Apiaceae

Sanicle d’Europe

Sanicula europaea
 
Asteraceae


Séneçon des forêts


Senecio sylvaticus

Rosacées 

Alisier

Sorbus torminalis


Lamiaceae 


Epiaire des Alpes


Stachys alpina

Caryophyllaceae 

Stellaire des fanges

Stellaria alsine



Taxaceae 



If commun



Taxus baccata


Veronica montana 


Véronique des montagnes


Veronica montana



 Asclepiadaceae



Dompte venin officinal



Vincetoxicum hirundinaria

Saxifragacées

Dorine à feuilles alternes


Chrysosplenium alternifolium 

Renonculacées

Anémone fausse renoncule

Anemone ranunculoides



Scrofulariacées



Digitale pourpre



Digitalis purpurea



Poacées



Brome dressé



Bromus erectus


Brassicacées


Cardamine bulbifère


Cardamine bulbifera



Cypéracées



Laîche étoilée



Carex echinata


Orchidacées


Céphalanthère rose


Cephalanthera rubra


Astéracées


Gnaphale des forêts


Gnaphalium sylvaticum

Osmundaceae 

Osmonde royale

Osmunda regalis


Polypodiaceae 


Polypode commun


Polypodium vulgare


Rosaceae 


Alchémille vert jaunâtre


Alchemilla xanthochlora

Gentianaceae 

Erythrée élégante

Centaurium pulchellum



Onagraceae 



Epilobe rosé



Epilobium roseum



Poaceae 



Orge des bois



Hordelymus europaeus


Juncaceae 


Jonc bulbeux


Juncus bulbosus


Campanulaceae 


Raiponce en épi


Phyteuma spicatum


Scrophulariaceae 


Molène lychnite


Verbascum lychnitis

 Poaceae

Agrostide des chiens

Agrostis canina


Solanaceae 


Belladone


Atropa bella-donna



Cyperaceae 



Laîche des lièvres



Carex ovalis


Cyperaceae 


Laîche pendante


Carex pendula


Cyperaceae


Laîche maigre


Carex strigosa


Orchidaceae 


Céphalanthère à grandes feuilles


Cephalanthera damasonium

Saxifragaceae 

Dorine à feuilles opposée

Chrysosplenium oppositifolium

Clusiaceae 

Androsème

Hypericum androsaemum


Fabaceae 


Gesse des bois


Lathyrus sylvestris

Boraginaceae 

Grémil officinal

Lithospermum officinale

Dryopteridaceae 

Polystic à aiguillon

Polystichum aculeatum



Salicaceae 



Saule à oreillettes



Salix aurita


Ulmaceae 


Orme des montagnes


Ulmus glabra


Poaceae 


Agrostide géante


Agrostis gigantea

Blechnaceae 

Blechnum en épi

Blechnum spicant


Poaceae 


Brome rude


Bromopsis ramosa



Campanulaceae 



Campanule gantelée



Campanula trachelium


Brassicaceae 


Cardamine flexueuse


Cardamine flexuosa



Cornaceae 



Cornouiller mâle



Cornus mas


Scrophulariaceae 


Digitale jaune


Digitalis lutea



Cyperaceae 



Éléocharide des marais



Eleocharis palustris



Orchidaceae 



Epipactis à larges feuilles



Epipactis helleborine



Poaceae 



Fétuque géante



Festuca gigantea



Poaceae 



Fétuque hétérophylle



Festuca heterophylla

Rhamnaceae 

Bourdaine

Frangula alnus

Cistaceae 

Hélianthème

Helianthemum nummularium


Hypericaceae 


Millepertuis perforé


Hypericum perforatum

Hypericaceae 

Millepertuis à quatre ailes

Hypericum tetrapterum




Juncaceae 




Jonc articulé




Juncus articulatus



Juncaceae 



Jonc aggloméré



Juncus conglomeratus

Juncaceae 

Luzule multiflore

Luzula multiflora


Primulaceae 


Lysimaque des bois


Lysimachia nemorum


Primulaceae 


Lysimaque nummulaire


Lysimachia nummularia



Lamiaceae 



Menthe des champs



Mentha arvensis



Poaceae 



Molinie bleue



Molinia caerulea



Caryophyllaceae 



Malaquie aquatique



Myosoton aquaticum


Orchidaceae 


Ophrys mouche


Ophrys insectifera

Liliaceae 

Parisette à quatre feuilles

Paris quadrifolia



Apiaceae 



Boucage élevé



Pimpinella major

Primulaceae 

Primevère élevée

Primula elatior

Grossulariaceae 

Groseillier épineux

Ribes uva-crispa

4.2 Notre inventaire faunistique

Nous n’avons malheureusement pas pu voir toute la faune ci-dessous mais nous nous sommes fait aider par Mr Boivin.

FamilleNom
Arachnide Tique
Tabanidés         Taon des pluies

Forficulidae

Forficule

Sciuridés

Ecureuil roux

Mustélidés

Fouine d’Europe
 
Mustélidés
 
Belette
Mustélidés Hermine
Mustélidés Putois
 Gliridés Lérot commun
 Gliridés Muscardin
 Cricetidés Campagnol roussâtre
 Cricetidés Campagnol souterrain
  Cricetidés  Campagnol des champs
 Cricetidés  Campagnol agreste
  Cricetidés  Rat musqué
 Muridés Rat des moissons
 Muridés Mulot gris
  Muridés  Surmulot
 Muridés Souris grise
  Léporidés  Lièvre d’Europe
 Léporidés Lapin de garenne
  Mustélidés  Martre commune
 Canidés Renard roux
 Mustélidés  Blaireau européen
Cervidés  Cerf élaphe
Cervidés  Chevreuil d’Europe
 Suidés  Sanglier
Sittidae Sittelle torchepot

Corvidés

Geai des chênes
Fringillidés  Pinson des arbres
Picidés  Pic Epeiche
Picidés  Pic vert
Picidés  Pic noir
Strigidés  Chouette Hulotte
Erinacéidés  Hérisson d’Europe
 Talpidés Taupe d’Europe
 Soricidés Musaraigne couronnée
 Soricidés Musaraigne Pygmée
SoricidésCrocidure musette
Vespertilionidés  Pipistrelle commune
Vespertilionidés  Sérotine commune
 Vespertilionidés Vespertilion de Daubenton
GéotrupidaeGéotrupe

Les espèces remarquables / disparues

Arbres remarquables : Il y en a peu, les derniers survivants de la futaie cathédrale disparaissent peu à peu. La relève est encore jeune mais la population s’y intéresse de plus en plus. 

La majorité a malheureusement subi un changement climatique trop violent, ce qui n’a donc pas permis leur adaptation. Les arbres restants ont attrapé des champignons et des maladies qui ont poussé l’espèce à la disparition.

 5. Projets de la commune et de la communauté de communes

Du côté de la commune : 

Lyons a tout misé depuis 50 ans sur le tourisme. 

Depuis la création de l’office du tourisme dans les années 50, le centre de Lyons s’est piétonnisé de manière accrue. Lyons a également obtenu une signalétique jusque vers l’autoroute A13. Les communes voisines se sont impliquées pour ce petit village très apprécié. 

Du côté de la Communauté de communes : 

Depuis février 2019, la Communauté de communes de Lyons Andelle élabore le futur “Plan climat air énergie territorial” (PCAET) avec l’aide des forces du territoire ayant souhaité y participer. 

La démarche de ce plan vise à élaborer un diagnostic des caractéristiques, afin de construire un projet à une échelle appropriée, celle d’un bassin de vie. 

Pour ce faire, des données ont été récoltées auprès d’organismes spécialisés (observatoire régional énergie climat air de Normandie, Atmo Normandie, les gestionnaires réseaux énergie, etc…) pour mieux connaître l’activité du territoire sur les thématiques de la consommation et la production d’énergies mais également sur les émissions de gaz à effet de serre, les polluants atmosphériques et le potentiel de développement des énergies renouvelables. 

Ce diagnostic a permis d’identifier des enjeux auxquels il était nécessaire de répondre pour limiter l’impact local du changement climatique. Dans le respect des objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, ces constats ont permis d’orienter la stratégie de la Communauté de communes de Lyons-Andelle, les objectifs ci-dessous ont été votés lors du conseil communautaire du 7 novembre 2019.

La baisse de consommation d’énergie a été répartie par secteurs, le transport et le résidentiel étant ceux pour lesquels les économies d’énergie doivent être plus ambitieuses. 

Afin d’atteindre ces objectifs à l’horizon de 2030 puis 2050, une feuille de route a été fixée autour de cinq axes : 

  • Des déplacements optimisés en favorisant les modes actifs (marche et vélo) et des pratiques partagées ; 
  • Une rénovation énergétique performante sur des logements les plus énergivores ; 
  • Un partenariat avec le secteur industriel et agricole pour favoriser les pratiques vertueuses ; 
  • Un développement diversifié des énergies renouvelables et de récupération et en particulier du bois-énergie, tout en respectant les enjeux environnementaux ; 
  • Un territoire résilient face aux enjeux du changement climatique par un aménagement et des pratiques adaptées. 

En attendant l’adoption définitive du PCAET, la communauté de communes souhaite mettre en place des actions de sensibilisation au travers de ses différents événements mais surtout communiquer sur les pratiques vertueuses déjà en place sur le territoire.  

6. Les limites de l’étude

Durant cette période de stage de deux mois au sein de Lyons-la-forêt, nous avons vu au fil des semaines nos objectifs et nos envies évoluer. Au fur et à mesure des rencontres que nous avons menées, cela nous a amené à étudier plus en profondeur l’histoire passionnante de Lyons-la-Forêt. 

Nous avons également, comme c’était notre objectif principal, mené un inventaire sur une durée équivalente à deux semaines. Nous avons bénéficié de  l’aide de différentes personnes qui ont pu enrichir nos inventaires. Nous avons fait des recherches sur chaque espèce que nous avons trouvée, pour voir leurs caractéristiques, leurs fleurs, leur répartition sur le territoire français et pour nous assurer de la validité de nos découvertes, comme nous l’ont enseigné nos professeurs durant notre première année. 

Bien entendu, nous ne sommes pas des professionnelles, c’est pourquoi certaines espèces peuvent manquer à l’appel. 

Ayant de nombreux objectifs tels que réaliser un rapport complet sur différents aspects de la commune, nous sommes passées à côté de nombreuses espèces que nous ne sommes pas parvenues à identifier. De plus n’étant pas présentes toute l’année, côté flore, certaines espèces ont fleuri avant ou après notre stage ce qui a rendu leur identification beaucoup plus difficile.

Il conviendrait de creuser cet aspect plus en détail, faire un inventaire complet sur la totalité d’une année pour identifier le plus d’espèces possible. Nous avons pu discuter de la complexité de l’exercice d’un inventaire avec monsieur Boivin et le maire de Lyons, qui nous ont rassurées sur le fait que, réaliser un inventaire complet de cette commune pouvait prendre plusieurs années. 

L’intérêt principal de cette mission était de réussir à faire un inventaire floristique et faunistique le plus complet possible, tout en rencontrant les différents acteurs locaux de la commune.

Nous avons par la suite décidé de suivre nos ambitions, en nous plongeant davantage dans l’histoire de Lyons afin de pouvoir présenter ce village de façon complète.

Malheureusement, notre stage s’est déroulé à la suite du confinement (à cause de la COVID-19) ce qui a rendu les déplacements, les rencontres et parfois les accès à différents lieux impossibles. Cela a été un handicap assez important lors de notre stage.  

7. Reconquête paysagère

D’un point de vue général sur la commune, nous avons trouvé des déchets illicites, qui ont été tout de suite repérés. Quelques jours plus tard des panneaux indiquant les sanctions ont été instaurés. Malgré quelques déchets nous n’avons fait face à aucun problème sanitaire important.

Selon nous, Lyons-la-forêt est un exemple parfait d’un village respectueux de l’environnement et de son histoire.  Ses maisons normandes anciennes à colombages et briques, ses paysages vallonnés composés principalement de hêtres n’ont pas besoin de subir de modifications anthropiques.

De plus, le maire Thierry PLOUVIER refuse de laisser l’urbanisation envahir la commune, pour garder l’harmonie de Lyons-la forêt comme petit village naturel, historique et agricole.

Aujourd’hui, nous n’avons pas de reconquête paysagère à proposer. 

Lyons-la-forêt n’est pas encore menacé par l’urbanisation qui viendrait perturber ses beaux paysages. Par ailleurs, le village se trouvant au beau milieu de la forêt, celle-ci domine le paysage sans le perturber. Les espèces animales ou végétales qui ont un statut de conservation vulnérable, se trouvent sur des zones à intérêt faunistique et floristique de type I et II et dans les directives “habitats” de Natura 2000. L’esthétique, elle, est maintenue par l’ONF. Cet acteur ne pense pas changer sa gestion pour les futures années qui consiste à faire un suivi par satellite pour étudier les sécheresses ou le dépérissement. Des chercheurs et gestionnaires apportent également un suivi complémentaire des données satellites.

8. Anecdotes ! 

Lyons fait son cinéma : 

Le patrimoine est si  bien préservé que Lyons a inspiré de nombreux artistes, notamment des cinéastes, comme Claude Chabrol. Il y tourna son film “ Mme Bovary” en 1990, il fit ériger une fontaine sur la place, qui malheureusement fut vite dégradée par les intempéries, car bâtie en plâtre. 

Cependant les Lyonsais ont alors ouvert une souscription pour la remplacer. Le bassin actuel atteste le souvenir qu’ils ont gardé de ce tournage auquel de nombreux habitants ont participé, dont les cousines de Lise Wetzel !

Lise Wetzel et son mari ont pu assister à toutes les scènes depuis leur maison, ont pris quelques photos et ont conservé quelques articles de presse de l’époque :

Voici l’équipe de tournage du film. Nous pouvons voir en arrière plan les boutiques et la halle de Lyons.


Lyons à travers le monde : 

Un groupe de chercheurs tokyoïtes a entamé une prospection en France il y a quatre ans. Ils souhaitaient étudier l’environnement, le patrimoine, l’histoire et les paysages des villages français. Ils se sont appuyés sur le classement des plus beaux villages. Et pour des raisons pratiques, ils se sont concentrés sur ceux non loin de Paris.

Le maire de Lyons a été convié à des conférences au Japon pour parler du village de Lyons-la-Forêt. Pendant 4 ans, des étudiants de l’université de Tokyo ont mené cette étude.

9. Conclusion

 Nous avons eu la chance, pendant deux mois, d’étudier la commune de Lyons-la-forêt et ses paysages. Une petite commune normande agréable avec son architecture, son histoire et bien évidemment sa magnifique forêt. 

Cette commune comme nous avons pu le voir, regorge de biodiversité ce qui nécessite une gestion et des réglementations en faveur de la protection de la nature. 

Il a été très enrichissant de rencontrer des acteurs qui ont un rôle important à jouer sur cette commune. Grâce à eux nous avons découvert des réglementations, des métiers, nous avons recueilli des avis sur les paysages, sur la ville, la nature ou encore sur l’urbanisation sans oublier les petites anecdotes historiques. 

Pour résumer notre stage, nous pouvons affirmer que la commune de Lyons-la-forêt nous a offert plusieurs types de paysages, tous plus beaux les uns que les autres avec des histoires passionnantes. La commune fait au mieux pour réduire les impacts néfastes et conserver son environnement apprécié dans le monde entier.

Ce fut pour nous un stage très enrichissant. 

10. Sources 

Sites internets : 

ONF Lyons la forêt : http://www1.onf.fr/enforet/lyons/explorer/decouverte/20130828-133101-774969/@@index.html

Communauté de communes Lyons Andelle : https://www.cdcla.fr/

Lyons Andelle tourisme : http://www.lyons-andelle-tourisme.com/

Les amis de Lyons : https://www.lesamisdelyons.com/

Eure tourisme: https://www.eure-tourisme.fr/

Chasse :https://www.chasse.onf.fr/domaine/foret-domaniale-de-lyons-la-foret/

INPN : https://inpn.mnhn.fr/accueil/index

Géoportail : https://www.geoportail.gouv.fr/carte

Bibliographie : 

Edition du patrimoine de Lyons la forêt, Association de Lyons  

Magazine municipal, Une année à Lyons la forêt, Mairie de Lyons  

Rendez-vous nature ! Forêt de Lyons, ONF

Guide touristique de Lyons Andelle # 2019, Lyons andelle office du tourisme Lyons Andelle le Mag’, le magazine de la communauté de communes 

Petit guide de la forêt de Lyons, ONF 

Etude de cas forêt de Lyons, par L’ONF 

Livre sur la forêt de Lyons consulté chez Lise Wetzel 

Guide Delachaux, Insectes de France et d’Europe 

Bible naturaliste, Identifier les animaux, Biotope Edition 

Petite flore de France, Edition Belin 

Interviews : 

Maire de Lyons-la-forêt : Thierry PLOUVIER 

ONF : Emmanuel BOIVIN 

Directeur Association ALSAF : Olivier BLANCHARD 

Habitante de Lyons : Lise WETZEL 

Remerciements : 

Nous tenons tout particulièrement à remercier Claude CAMILLI, de nous avoir permis de vivre cette expérience très enrichissante. Nous la remercions également pour sa gentillesse, pour le temps qu’elle nous a consacré et bien évidemment pour sa confiance en nous et dans notre mission au sein de son association “Paysages Reconquis”. Nous lui devons un stage passionnant en lien avec notre projet professionnel. 

Nous remercions également Thierry PLOUVIER, le maire de Lyons-la-forêt qui nous a accordé de son temps malgré son emploi du temps chargé. Il s’est montré toujours passionné par notre mission et disponible pour nous recevoir à la mairie de Lyons.

Nos remerciements vont également aux secrétaires de la mairie de Lyons, qui ont su répondre à toutes nos questions et nous fournir toutes sortes de documents et coordonnées afin de nous aider dans notre étude.   

Merci à Emmanuel BOIVIN, Responsable de l’Unité Territoriale de Lyons, Vexin et Bray au sein de L’ONF et également vice-président de l’association HAUGR, basée aux Hogues. Il s’agit de l’association du patrimoine et de l’environnement Canton de Lyons-la-Forêt qui organise des activités sur le thème de la nature. 

Emmanuel BOIVIN est venu nous aider à plusieurs reprises, malgré sa charge de travail, en nous montrant les différents aspects de la forêt domaniale. Il nous a apporté beaucoup de connaissances sur la forêt de Lyons, la gestion des forêts de manière générale et nous a fourni de précieux documents pour nos recherches.

Nous remercions les interlocutrices de l’Office de tourisme de Lyons pour nous avoir éclairées sur le tourisme de la commune et avoir répondu à nos différentes questions sur le village. 

Nos remerciements vont aussi à la Communauté de communes de Lyons Andelle, qui ont répondu à nos interrogations concernant leurs différents projets. 

Nous remercions, le président de l’association de L’ALSAF (Association de sauvegarde des abords de la Lévrière et de la forêt de Lyons) de nous avoir accueillies afin de nous expliquer  les buts, actions et projets de son association et nous avoir conseillé sur les méthodes à adopter lors d’interviews auprès des habitants de Lyons. 

Nous remercions également Lise WETZEL, une habitante de Lyons-la-forêt et ancienne présidente de l’association “Les amis de Lyons”. Elle a eu la gentillesse de nous accueillir chez elle à plusieurs reprises pour discuter de son passé à Lyons, de l’évolution de son village. Nous avons pu bénéficier de documents d’époque qui nous ont été d’une aide incroyable. Elle a toujours été disponible dès que nous avions besoin d’aide. Cette rencontre était la plus touchante de notre stage. 

Nous vous remercions tous pour votre temps, votre gentillesse et votre investissement envers notre mission, car nous avons rencontré des personnes passionnées et passionnantes qui nous ont permis de découvrir et d’apprendre énormément de choses. 

Merci !


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