Analyse écologique et paysagère de la commune de Taulignan par Matis Bernard et Théo Le Guen

Written by Claude CAMILLI
Sommaire
Remerciements  
1. Contexte
1.1 Présentation des étudiants
1.2 Présentation de la commune  
2. Nos inventaires
2.1 Notre inventaire floristique
2.2 Notre inventaire faunistique  
3. Les acteurs rencontrés  
4. Les espèces remarquables  
5. Les limites de l’étude  
6. Reconquêtes paysagère et mesure de gestion  
7. Conclusion

:

Nous remercions tout particulièrement Claude Camilli pour sa gentillesse et sa confiance dans notre mission au sein de l’association Paysages Reconquis. Elle nous a permis de réaliser un stage passionnant en lien avec notre projet professionnel.

Nous remercions également Jean-Louis Martin, le Maire de Taulignan qui nous a ouvert les portes de la mairie lors de notre mission et mis à notre disposition des salles de réunion afin de mener au mieux notre projet. Il nous a accordé beaucoup de son temps libre et s’est montré toujours disponible pour nous recevoir dans ses locaux.

Nous remercions Christine Coulon, responsable du mouvement « Patrimoine floral de Montélimar », qui est venue nous aider plusieurs journées complètes dans notre inventaire floristique. Elle nous a apporté beaucoup de connaissances en détermination de plantes et un nouveau regard concernant la flore.
Elle nous a conviés à une journée de rencontre avec René Celse, un apiculteur de métier et botaniste confirmé. Nous avons eu l’occasion d’assister à une intervention donnée par lui-même sur les plantes mellifères, à Montélimar.

Nous remercions Yann Vidal du Syndicat Mixte du bassin versant du Lez (SMBVL), qui a pu nous expliquer le rôle du syndicat pour le développement de la rivière du Lez et de son écosystème.

Nous remercions Bruno Gravelat, expert en étude de mammifères et ornithologue au sein d’un bureau d’étude en environnement, qui est venu nous rencontrer pendant l’un de ses jours de repos, pour voir si nous étions motivés par notre travail. Il a pu le confirmer et il a envoyé un message sur LPO Drôme en demandant aux abonnés confirmés de nous aider dans notre inventaire et de nous apprendre à reconnaître différentes espèces. Cela nous permis d’apprendre une multitude de choses.

Nous remercions donc Yann Smith et Germain Poignant, ornithologues et bénévoles au sein de la Ligue pour la protection des oiseaux de la Drôme (LPO Drôme), qui sont venus plusieurs journées et demi-journées pour faire des inventaires avec nous. Grâce à eux nous avons pu voir une multitude d’espèces et surtout nous avons pu poser un nom sur ces espèces. Et en particulier sur l’avifaune, nous avons pu apprendre à reconnaître une multitude de chants.

Nous remercions le secrétaire de la chasse Gérard Lalive qui a accepté de répondre à différentes questions au sujet de la chasse et de l’environnement.

Nous remercions René Roux botaniste et géologue qui nous a expliqué tout l’intérêt de la géologie du territoire car la flore et la géologie vont souvent de pair.

Nous remercions également Nathalie Silengo, une habitante de la commune de Taulignan, qui a eu la gentillesse de nous accompagner un peu partout sur la commune quand on en avait besoin !

Nous vous remercions tous, car nous avons rencontré des personnes passionnées et passionnantes !

Merci !

1- Contexte

1.1 Présentation des étudiants

Nous sommes deux étudiants en brevet de technicien supérieur agricole en gestion et protection de la nature, au sein de l’Institut Environnemental et Technologique de la ville de Lyon, dans le département du Rhône, en France. Dans le cadre de notre formation nous étions amenés à réaliser un ou plusieurs stages sur une durée de douze semaines minimum.

Nous avons décidé de nous mettre en binôme pour un stage de huit semaines au sein de l’association lyonnaise « Paysages reconquis » et en partenariat avec la mairie de la commune choisie. Ceci pour y effectuer une analyse écologique et paysagère de la commune de Taulignan, dans le département de la Drôme, en France.

Notre mission professionnelle est de faire un inventaire faunistique, floristique et paysagé, sur la commune. Et ainsi de faire l’analyse diagnostique de Taulignan sous deux aspects écologique et esthétique.

1.2 Présentation de la commune

Taulignan est un village de la Drôme Provençale avec une superficie de 34,65 km² qui possède quatre milieux différents, ce qui offre une diversité de paysages ainsi qu’une grande biodiversité. La commune fait partie du Parc Naturel Régional des Baronnies Provençales créé le 26 janvier 2015. Nous y retrouvons également des zones d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) de « type I » et de « type II ». Cette commune présente des milieux avec un grand intérêt biologique ou écologique ainsi que de grands ensembles naturels riches sans perturbation anthropique, ce qui offre des potentialités biologiques importantes.

Taulignan est une commune qui n’utilise aucun pesticide. Le mouvement « Stop aux pesticides, nous voulons des coquelicots » est très actif dans le village et réunit de plus en plus d’habitants chaque semaine. Ce mouvement propose et met en place un grand nombre d’initiatives. C’est également une commune sans éclairage nocturne, ce qui explique la venue de certains mammifères nocturnes dans les habitations (voir la photo ci-dessus). L’Association pour la protection de l’environnement du Pays de Grignan et de l’Enclave des Papes (APEG) met en place chaque année des inventaires pour les hirondelles rustiques et les hirondelles des fenêtres qui nichent sur la commune de Grignan. Pour la première fois cette année, cet inventaire a été réalisé à Taulignan.

L’agriculture est très présente sur le territoire, on y retrouve principalement des lavandes, des truffes et des vignes ainsi que quelques maraîchers, fruitiers et céréaliers. Les premières forment le paysage classique provençal.

Le Syndicat Mixte du Bassin Versant du Lez gère les différentes ripisylves, conserve les espèces adaptées (saule, frêne, peuplier…), abat les arbres qui présentent un danger, gère les différents embâcles et les plantes invasives.

La ligue pour la protection des oiseaux de la Drôme, (LPO Drôme), mène différentes actions de sensibilisation et nous a permis de rencontrer différents passionnés. La chasse permet la régulation des espèces sur le territoire en organisant des plans de chasse.

2. Nos inventaires

2.1 Notre inventaire floristique

Les résultats de nos inventaires floristiques :

Pour nos inventaires floristiques, nous nous sommes concentrés sur les espaces boisés classés (EBC) de la commune. Les EBC où nous sommes intervenus sont illustrés sur la carte ci-dessous.

Tableaux des statuts de conservation :

Voici l’intégralité de la flore identifiée lors de nos inventaires en binôme (sans la présence d’acteurs environnementaux de la région locale).

Ce tableau est la synthèse de toutes les espèces inventoriées sur les quatorze zones où nous avions effectué l’inventaire floristique. Pour chaque zone nous avons mis un coefficient d’abondance-dominance défini par Braun-Blanquet. Nous avons pu analyser les espèces dominantes pour chacune de ces zones.

Ci-dessous est illustré le tableau des espèces inventoriées sur la zone boisée près du lieu-dit « Les étangs ».

Rappelons que chaque chiffre présent dans la colonne « abondance » est le coefficient d’abondance-dominance. Nous nous sommes référés à l’échelle d’abondance-dominance présente ci-dessous.

Document tiré des cours de Méthode et outils de première année de BTSA GPN de l’institut de l’environnement et des technologies de Lyon

Famille Nom scientifique Nom vernaculaire F/F INPN Français INPN Rhône-Alpes
Orchidacées Ophrys fuciflora Ophys bourdon Flore VU EN
Aliacées Allium polyanthum Ail à fleur nombreuses Flore LC LC
Aliacées Allium sphareocephalon Ail à tête ronde Flore LC LC
Aliacées Allium oleraceum Ail de jardin Flore LC LC
Rosacées Sorbus aria Alisier blanc Flore LC LC
Rosacées Sorbus torminalis Alisier torminal Flore LC LC
Brassicacées Alliaria petiolata Alliaire officinal Flore LC LC
Apiacées Anthriscus caucalis Anthrisque commun Flore LC LC
Fabacées Anthyllis montana Anthyllide des montagnes Flore LC LC
Brassicacées Arabidopsis thaliana Arabette de thalius Flore LC LC
Elaeagnacées Hippophaë rhamnoides Arbousier Flore LC LC
Fabacées Argyrolobium zanonii Argyrolobe de zanon Flore LC LC
Fabacées Astragalus monspessulanus Astragale de montpelier Flore LC LC
Rosacées Crataegus monogyna Aubépine monogyne Flore LC LC
Betulacées Alnus glutinosa Aulne glutineux Flore LC
Fabacées Colutea arbreescens Baguenier, Arbre à vessie Flore LC LC
Lamiacées Stachys officinalis Bétoine Flore LC LC
Ericacées Calluna vulgaris Bruyère commune Flore LC NT
Bxacées Buxus sempervirens Buis commun Flore LC
Caprifoliacées Dipsacus fullonum Cadère Flore LC
Aspleniacées Asplenium trichomanes Capillaire des murailles Flore LC EN
Brassicacées Capsella bursa-pastoris Capselle bourse à pasteur Flore LC LC
Brassicacées Cardamine hirsuta Cardamine hirsute Flore LC LC
Asteracées Carlina vulgaris Carline commune Flore LC
Asteracées Centaurées jacée Centaurée jacée Flore LC LC
Caryophyllacées Cerastium glomeratum Céraiste agloméré Flore LC
Caryophyllacées Cerastium fontanum Céraiste commun Flore LC
Aspleniacées Asplenium ceterach Cérétac Flore LC
Asteracées Carduus nigrescens Chardon noirâtre Flore LC LC
Fabacées Quercus robur Chêne pédonculer Flore LC LC
Fagacées Quercus ilex Chêne vert Flore LC
Asteracées Cirsium vulgaris Cirse commun Flore Pas de données
Asteracées Cirsium arvensis Cirse des champs Flore LC
Asteracées Cirsium vulgaris Cirse lancéolé Flore LC LC
Papaveracées Papaver rhoeas Coquelicot Flore LC
Cornacées Cornus mas Cornouiller Mâle Flore LC
Cornacées Cornus sanguinae Cornouiller sanguin Flore LC
Asteracées Crepis vesicaria Crépis à feuilles de pissenlit Flore LC
Asteracées Crepis sancta Crépis de nimes Flore NA
Fabacées Cymbalaria muralis Cymbalaire des murs Flore LC
Fabacées Cytisophyllum sessilifolium Cytise à feuilles sessiles Flore LC
Fabacées Cytisus ratisbonnensis cytise à longue grappes Flore Pas de données
Astéracées Hieracium glaucinum Epervière bleuâtre Flore Pas de données
Orchidacées Epipactis palustris Epipactis des marais Flore LC LC
Aceracées Acer opalus Érable à feuilles d’obier Flore LC
Aceracées Acer campestre Erable champêtre Flore LC
Aceracées Acer monspessulanum Erable de Montpellier Flore LC
Aceracées Acer platanoides Erable plane Flore LC
Aceracées Acer pseudoplatanus Erable sycomore Flore LC
Geraniacées Erodium ciconium Erodium bec de cigogne Flore LC
Geraniacées Erodium cicutarium Erodium bec de grue à feuilles de ciguë Flore LC
Asteracées Eupatorium cannabinum Eupatoir Chanvrine Flore LC LC
Euphorbiacées Euphorbia serrata Euphobe à feuilles dentées Flore LC
Euphorbiacées Euphorbia amygdaloides Euphorbe à feuilles d’amandier Flore LC
Euphorbiacées Euphorbia characias Euphorbe characias Flore LC LC
Euphorbiacées Euphorbia peplus Euphorbe pélus Flore LC
Euphorbiacées Euphorbia helioscopia Euphorbe réveil matin Flore LC
Faux Lusul vaticum Flore
Fabacées Hippocrepis emerus Faux-baguenaudier Flore Pas de données
Dryopteridacées Pteridium aquiliunum Fougère aigle Flore LC LC
Aspleniacées Asplenium  ceterach Fougère dorée Flore LC
Aspleniacées Athyrium filix-femina Fougère femelle Flore LC LC
Dryopteridacées Dryopteris filix-mas Fougère mâle Flore LC LC
Oleacées Fraxinus excelsior Frêne élevé Flore LC
Celastracées Eunonymus europaeus Fusin d’Europe Flore LC LC
Rubiacées Gallium mollugo Gaillet mollugine Flore LC
Rubiacées Rubia peregrina Garance sauvage Flore Pas de données
Rubiacées Rubia peregrina Garance voyageur Flore LC
Fabacées Spartium junceum Genet sparte Flore LC LC
Cupressacées Juniperus oxycedrus Genévrier cade Flore Pas de données
Cupressacées Juniperus Genévrier commun Flore LC LC
Geraniacées Géranium dissectum Géranium à feuilles découpées Flore LC LC
Geraniacées Geranium rotondifolia Géranium à feuilles rondes Flore LC
Geraniacées Géranium lucidum Géranium luisant Flore LC LC
Geraniacées Geranium molle Géranium mou Flore LC
Geraniacées Géranium robertianum Géranium pourpre Flore LC LC
Malvacées Malva sylvestris Grande mauve Flore LC
Equisetacées Equisetum telmateia Grande prêle Flore LC LC
Ranunculacées Helleborus foetidus Hellébore fétide Flore LC
Geraniacées Géranum robertianum Herbe à Robert Flore LC LC
Fagacées Fagus sylvatica Hêtre, fayard Flore LC
Orchidacées Orchis anthropphorum Homme pendu Flore LC LC
Irta Flore Pas de données
Asteracées Sonchus oleraceus Laiteron maraîcher Flore LC
Asteracées Sonchus asper Laiteron rude Flore LC
Lamiacées Lamium hybridum Lamier hybride Flore LC
Lamiacées Lamium purpureum Lamier pourpre Flore LC
Adoxacées Viburnum tinus Laurier-tin Flore Pas de données
Lamiacées Lavandula angustifolia Lavande sauvage Flore LC
Araliacées Hedera helix Lierre grimpant Flore LC LC
Orchidacées Limodorum abortivum Limodore arborive Flore LC LC
Lamiacées Mentha suaveolens Menthe à feuilles rondes Flore LC LC
Lamiacées Mentha longifolia Menthe à longue feuilles Flore LC LC
Ulmacées Celtis australis Micocoulier Flore LC
Brassicacées Lunaria annua Monnaie du pape Flore LC NA
Asparagacées Muscari neglectum Muscari négligé Flore LC
Corylacées Corylus avellana Noisetier Flore LC
juglandacées Juglans regia Noyer royal Flore LC
Orchidacées Ophrys scolopax Ophrys bécasse Flore LC LC
Orchidacées Ophrys insectifera Ophrys mouche Flore LC LC
Orchidacées Ophrys apifera Oprys abeille Flore LC
Orchidacées Himantoglossum robertianum Orchis à longue bractées Flore LC LC
Orchidacées Neotinea ustulata Orchis brulé Flore LC LC
Orchidées Himantoglossum robertianum Orchis géant Flore LC LC
Orchidacées Dactylorhiza viridis Orchis grenouille Flore NT LC
Orchidacées Orchis purpurea Orchis pourpre Flore LC
Orchidacées Anacamptis pyramidalis Orchis pyramidal Flore LC VU
Ulmacées Ulmus minor Ormeau Flore LC
Crassulacées Sedum dasyphyllum Orpin à feuilles épaisses Flore LC
Salicacées Salix purpurea Osier rouge Flore LC LC
Urticacées Parietaria judaica Pariétaire de judée Flore LC
Brassicacées Lepidium draba Passerage Drave Flore LC
Apiacées Scandix pecten-veneris Peigne de Vénus Flore LC
Liliacées Ruscus aculeatus Petit Houx Flore LC LC
Rosacées Poterium sanguisorba Petite pimprenelle Flore LC
Asteracées Helminthotheca echioides Picride fausse vipérine Flore LC
Astéracées Hieracium pilosella Piloselle Flore LC DD
Rosacées Sanguisorba minor Pimprenelle Flore LC LC
Pinacées Pinus halepensis Pin d’Alep Flore LC
Pinacées Pinus Pinaster Pin maritime Flore LC
Pinacées Pinus nigra Pin noir Flore LC EN
Pinacées Pinus sylvestris Pin sylvestre Flore LC LC
Plantaginacées Plantago media Plantain intermédiaire Flore LC
Plantaginacées Plantago lanceolata Plantain lancéolé Flore LC
Rosacées Malus sylvestris Pommier sauvage Flore LC LC
Boraginacées Pulmonaria officinalis Pulmonaire officinal Flore LC LC
Resedacées Reseda phyteuma Réséda raiponce Flore LC
Fabacées Robinia pseudoacacia Robinier, faux-acacia Flore LC
Lamiacées Rosmarinus officinalis Romarin Flore LC LC
Rosacées Roza trachyphylla Rosier des landes Flore LC LC
Rosacées Rosa pimpinellifolia Rosier pimprenelle Flore LC LC
Rosacées Rosa pouzinii Rosier, églantier de Pouzin Flore LC LC
Saponaria ocymoides Saponaire faux-basilic Flore LC LC
Lamiacées Salvia pratensis Sauge des près Flore LC
Salicacées Salix elaeagnos Saule Blanchâtre Flore LC LC
Lilicées Polygonatum multiflorum Sceau de salomon Flore LC LC
Asteracées Senecio vulgaris Seneçon commun Flore LC
Nymphalidés Brintesia circe Silène papillon Flore LC LC
Sorbier des roseliers ou oiseleur Flore
Asteracées Calendula arvensis Souci des champs Flore LC
Poacées Stipa pennata Stipe penné, Plumet Flore LC VU
Caprifoliacées Sambucus nigra Sureau noir Flore LC LC
Brassicacées Microthlaspi perfoliatum Tabouret perfolié Flore LC
Lamiacées Thymus Thym Flore LC LC
 Fabacées Trifolium pratense Trèfle des prés Flore LC

Rappelons aussi que VU (vulnérable), EN (en danger), NT (quasi menacée), LC (préoccupation mineure) et NA (non applicable) sont donnés par le tableaux des statuts de conservation ci-dessus.

Analyse des résultats :

Dans l’intégralité de notre inventaire, nous pouvons identifier les espèces dominantes grâce à leur indice d’abondance-dominance, pour chaque zone. Selon les résultats, nous pouvons remarquer les espèces qui sont dominantes dans une majorité des zones inventoriées. Si nous nous référons à ce coefficient, nous pouvons alors relever ces espèces qui ressortent le plus dans cet inventaire.

Les principales espèces dominantes que nous avons identifiées lors de notre inventaire sont les suivantes :

  • Le Chêne vert (Quercus ilex)
  • Le Lierre grimpant (Hedera helix)
  • Le Thym commun (Thymus vulgaris)
  • Le Spartier (Spatium junceum)

Nous allons maintenant développer les caractéristiques de ces espèces.

Les informations suivantes sont fournies par le site internet « tela botanica ». Ce site internet a pour vocation de « favoriser l’échange d’informations, d’animer des projets grâce aux nouvelles technologies de la communication et de produire des données libres de droit au service de l’ensemble des botanistes. »

Le Chêne vert apprécie les milieux secs exposés au soleil avec un pH neutre. Il a besoin d’une température élevée, d’un climat plus ou moins maritime ainsi que d’un taux de salinité inexistant. Son milieu doit être également assez pauvre en matières organiques.

Le Lierre grimpant est une espèce intermédiaire quant à son besoin de lumière. Il est également intermédiaire pour le taux d’humidité atmosphérique. Il aime les plaines et les milieux montagneux pour la température. On le rencontre dans un climat sub-océanique. Il préfère les milieux où le pH est neutre, éventuellement alcalin. Les fentes des parois et les blocs peuvent être des endroits propices à son installation. C’est une espèce qui ne supporte pas la salinité de plus de 0,1%.

Le Thym commun très présent sur la commune, est une espèce héliophile et méso-méditerranéenne, qui aime les sols à pH basique et très secs. On peut le trouver sur des sols limoneux et méso-oligotrophes. Lui, ne supporte pas le sel et a besoin de milieux pauvres en matière organique.

Cela fait un point en commun avec le Spartier, appelé également faux-genet d’Espagne, c’est également une espèce héliophile et méso-méditerranéenne. En termes d’humidité atmosphérique il est intermédiaire et présent dans des climats sub-océaniques. En revanche il aime les milieux au pH acide se rapprochant du neutre, sur un sol argileux. Il peut être présent sur des milieux de sable fin où il y a une absence totale de salinité. Il s’installe sur des milieux pauvres en matière organique.

D’après les différentes caractéristiques de ces espèces, nous pouvons remarquer qu’elles sont inféodées à des milieux secs. Elles ont besoin d’un potentiel hydrogène (pH) égal ou supérieur à sept.

Voyons ce que cela signifie.

Les informations suivantes sont fournies par le site internet « futura science ».

Le potentiel hydrogène est un indicateur de l’acidité, il indique l’acidité et l’alcalinité d’un milieu ou d’un liquide sous forme de mesure. Lorsque le pH est inférieur à sept c’est que le milieu est acide, lorsqu’il est égal à sept c’est qu’il est neutre et lorsque qu’il est supérieur à sept c’est qu’il est basique.

Nous avons pu remarquer que la majorité des milieux où nous sommes intervenus était composée de milieux au pH supérieur ou égal à sept, nous pouvons donc en déduire qu’il s’agit de milieux calcaires.

Nous allons nous pencher sur les caractéristiques d’un milieu calcaire, appelé également calcicole.

Les informations suivantes sont fournies par le conservatoire d’espaces naturels de Lorraine.

« Un milieu caractérisé comme étant calcaire est souvent localisé sur des flancs de coteaux calcaires, c’est-à-dire des milieux aux paysages particuliers qui sont caractérisés par un relief en forme de collines ainsi qu’un sol constitué de craie, ce qui laisse l’eau s’infiltrer très rapidement dans le sol. Ce sont des sols secs et pauvres, ce qui facilitent la venue d’espèces faunistiques et floristiques remarquables. »

3.1 Notre inventaire faunistique

Tous d’abord nous allons approcher le sujet du point de vue juridique.

Nous avons sur notre territoire énormément d’espèces variées, uniques et utiles pour le fonctionnement de la biodiversité. Parmi celles-ci certains ordres ou espèces sont protégés. Il nous est donc totalement interdit de les capturer sans faire de demande à la direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (DREAL). La flore est également touchée par cette loi. Certaines plantes sont protégées et, à moins d’être un botaniste autorisé, nous ne pouvons les cueillir pour un herbier ou pour les identifier. Capturer des espèces protégées fait partie du même règlement. Nous avons donc décidé d’exclure de nos inventaires toutes les espèces que l’on doit capturer pour les inventorier. Par exemple nous avons mis de côté la technique du verre avec de la bière ou du vinaigre, technique qui est pourtant très intéressante. Pour ce protocole, il suffit d’enfoncer un verre dans le sol, de le laisser dépasser légèrement et de mettre un fond de bière ou de vinaigre, l’odeur attire les insectes et les tue. Elle permet de capturer une grande quantité d’insectes sur un territoire mais on ne peut pas contrôler quels sont les insectes qui tomberaient dans le piège. La biodiversité se raréfie et ce n’est pas notre rôle de lui donner un coup de pouce.


Lucine (lépidoptère) Hamearis lucina ou Ravien de Gurnier

En revanche, comme nous avons eu l’occasion de capturer par la photographie une espèce rare ou protégée, on ne s’en est pas privé.

L’IKA (l’indice kilométrique d’abondance) peut être mis en place pour des inventaires de chiroptères ou pour la repasse afin d’étudier les rapaces nocturnes. A noter que faire des repasses nocturnes peut venir déranger certaines espèces. A cause de notre présence, j’ai observé lors d’une repasse un petit mammifère perché dans un arbre crier pour avertir ses congénères de ma présence. Émettre un chant de rapaces nocturnes doit être fait avec précaution. On dispose d’une liste des espèces inventoriées, avec un ordre précis.

C’est-à-dire que selon leur morphologie ils seront classés par priorité lors de la repasse. Nous allons commencer par les plus petits et finir par les plus gros. La liste change en fonction des milieux étudiés.

Ordre des espèces en fonction des habitats

Milieu Montagnard et forestier

Chevêchette d’Europe
Petit-duc scops
Chouette de Tengmalm
Hibou moyen-duc
Chouette hulotte
Grand-duc d’Europe

Plaine, bocage, petit boisement

Chevêche d’Athéna
Effraie des clochers
Chouette hulotte
Hibou moyen-duc
Grand-duc d’Europe

Le protocole que l’on a le plus utilisé pour la faune est le même que celui pour la flore. C’est un itinéraire aléatoire. Vous prenez un chemin (pas forcément créé par l’homme) qui va d’un point A à un point B, vous tracez une ligne continue, un zigzag ou des courbes et vous le faites à pied dans un sens puis dans l’autre.

Vous identifiez tout ce que vous découvrez de nouveau. Il est simple d’utilisation et d’installation. Il est préférable de le faire plusieurs fois aux cours de l’année et à différentes heures de la journée pour ne manquer aucune espèce. Sans oublier de prendre des photos des espèces pour ne pas les toucher comme, par exemple, les papillons car on pourrait leur nuire. Il faut aussi éviter de cueillir car on ne sait pas toujours si la plante est rare ou commune. Il ne faut pas non plus oublier de photographier les lieux pour voir l’évolution au fil des saisons et des lieux visités. Cet itinéraire permet également de recueillir des indices divers et variés, comme des traces d’animaux qui peuvent être des excréments, des empreintes, des bois cassés ou mangés. Une multitude d’éléments qui peuvent attester de la présence d’une espèce.

Accipitridés Aquila chrysaetos Aigle royal Faune VU VU
Fringillidés Carduelis carduelis Chardonneret élégant Faune VU VU
Muscicapidae Ficedula hypoleuca Gobemouche noir Faune VU VU
Alcedinidés Alcedo atthis Martin pécheur d’Europe Faune VU VU
Accipitridés Milvus milvus Milan royal Faune VU VU
Fringillidés Sirius sirius Serin cini Faune VU VU
Colombidés Streptopelia turtur Tourterelle des bois Faune VU VU
Sphingidés Macroglossum stellatarum Sphinx colibri Faune Pas de données
Ardeidés Egretta garzetta Aigrette garzette Faune LC
Alaudidés Lullula arborea Alouette lulu Faune LC
Aeshnidés Anax imperator Anax empereur Faune LC
Theridiidés Latrodectus mactans Veuve noire Faune Pas de données
Ascalaphidés Libelloides coccajus Ascalaphe soufré Faune Pas de données
Lycaenidés Polyommatus daphnis Azuré de l’orobe Faune LC VU
Nymphalidés Vanessa cardui Belle dame Faune LC
Mustelidae Mustela nivalis Belette d’Europe Faune LC
Motacillidés Motacilla alba Bergeronnette grise Faune LC
Mustélidés Meles meles Blaireau européen Faune LC
Cettiidés Cittia cetti Bouscarle de cetti Faune NT
Emberizidés Emberiza cirlus Bruant zizi Faune LC
Calopterygidés Calopteryx splendens Caloptéryx éclatant Faune LC
Calopterygidés Calopteryx haemorrhoidalis Caloptéryx hémorroïdal Faune LC
Calopteryx SP Faune LC
Anatidés Anas platyrhynchos Canard colvert Faune LC
Nymphalidés Araschnia levana Carte géographique Faune LC LC
Castiridés Castor fiber Castor d’Europe Faune LC
Cervidés Capreolus capreolus Chevreuil Faune LC
Corvidés Coloeus monedula Choucas des tour Faune LC
Cicadidés Lyristes plebejus Cigale plébéienne Faune Pas de données
Cicadidés Tibicina haematodes Cigale rouge Faune Pas de données
Cicadidés Cicada orni Cigale grise Faune Pas de données
Cinclidés Cinclus cinclus Cingle plongeur Faune LC
Accipitridés Circaetus gllicus Circaète jean le blanc Faune LC
Pieridés Gonepteryx rhamni Citron Faune LC
Coccinellidés Psyllobora vigintiduopunctata Coccinelle 22 points Faune Pas de données
Corvidés Corvus frugiledus Corbeau freux Faune LC
Cordulegaster boltonii Cordulégastre annelé Faune LC
Corvidés Corvus corone Corneille noir Faune LC
Cuculidés Carculus canorus Coucou gris Faune LC
Natricidés Natrix maura Couleuvre vipérine Faune NT LC
Chrysomèles Timarcha tenebricosa Crache-sang Faune Pas de données
Acrididés Caelifera sp Criquet sp Faune Pas de données
Tettigoniidés Decticus albifrons Dectique à front blanc Faune LC
Melanargia galathea Demi deuil Faune LC
Sciuridés Sciurus vulgaris Ecureuil roux Faune LC
  Caprimulgidés Caprimulgus europaeus Engoulevent d’Europe Faune LC
Accipitridés Accipiter nisus Épervier d’Europe Faune LC
Sturnidés Sturnus vulgaris Etourneau sansonnet Faune LC
Nymphalidés Coenonympha pamphilus Fadet commun Faune LC LC
Falconidés Falco tinnunculus Faucon crecerelle Faune NT
Sylviidae Sylvia atricapilla Fauvette à tête noire Faune LC
Sylviidés Sylvia communis Fauvette grise Faune LC
Sylviidés Sylvia melanocephala Fauvette mélanocéphale Faune LC
Sylviidés Sylvia cantillans Fauvette passerinette Faune LC
Papilionidés Iphiclides podalirius Flambé Faune LC LC
Corvidés  Garrulus glandarius Geai des chênes Faune LC
Gomphus graslinii Gomphe de Graslin Faune LC VU
Nymphalidés Argymis aglata Grand nacré Faune LC LC
Ardeidés Ardea alba Grande aigrette Faune NT VU
Ranidés Pelophylax ridibundus Grenouille rieuse Faune LC NA
Certhiidés Certhia brachydactyla Grimpereau des jardins Faune LC
Turdidés Turdus viscivorus Grive draine Faune LC
Turdidés Turdus pilaris Grive litorne Faune LC
Turdidés Turdus iliacus Grive mauvis Faune LC
Turdidés Turdus philomelos Grive musicienne Faune LC
Meropidés Merops apiaster Guêpier d’Europe Faune LC
  Scarabaeidés Melolontha melolontha Hanneton Faune Pas de données
Ardeidés Ardea cinerea Héron cendré Faune LC
Nymphalidés Thymelicus sylvestris Hespérie de la houque Faune LC LC
Strigidés Otus scops Hibou petit-duc Faune LC
Hirundinidés Delichon urbicum Hirondelle des fenêtres Faune NT
Hirundinidés Hirundo rustica Hirondelle rustique Faune DD
Scarabaeidés Hoplia coerulea Hoplie bleue Faune Pas de données
Upupidae Upupa epops Huppe fasciée Faune LC
Léporidés Oryctolagus cuniculus Lapin de garenne Faune NT
Lacertidés Podarcis muralis Lézard des murailles Faune LC
Lacertidés Lacerta bilineata Lézard vert Faune Pas de données
Leporidés Lepus europaeus Lièvre d’Europe Faune NT
Locustellidés Locustella naevia Locustelle tacheté Faune NT
Oriolidés Oriolus oriolus Loriot d’Europe Faune LC
Luciole Faune
Apodidés  Apus apus Martinet noir Faune NT
Apodidés Apus pallidus Martinet pâle Faune LC
Nymphalidés Lasiommata megera Mégère, Satyre Faune LC LC
Turdidés Tudus merula Merle noir Faune LC
Paridés Cyanistes caeruleus Mésange bleue Faune LC
Paridés Parus major Mésange charbonnière Faune LC
Aegithalidés Aegitaloscaudatus Mésange longue queue Faune LC
Paridés Periparus ater Mésange noir Faune LC
Accipitridés  Milvus migrans Milan noir Faune LC
Passeridés Passer domesticus Moineau domestique Faune LC
Nymphalidés Maniola jurtina Myrtil Faune LC
Nymphalidés Lasiommata maera Némusien Faune LC
Nymphalidés Boloria selene Petit collier argenté Faune NT LC
Apidés Xylocopa iris Petit xylocope bleu Faune LC
Nymphalidés Aglais urticae Petite tortue Faune LC LC
Picidés Dendrocopos major Pic épeiche Faune LC
Picidés Picus viridis Pic vert Faune LC
Corvidés Pica pica Pie bavarde Faune LC
Pièridés Pieris rapae Piéride de la rave Faune LC
Columbidés Columba livia Pigeon biset Faune LC
Columbidés Colombas oenas Pigeon colombin Faune LC
Columbidés Columba palumbus Pigeon ramier Faune LC
Pijnackeria masettii Pijnackeria masettii Faune Pas de données
Fringillidés Fringilla coelebs Pinson des arbres Faune LC
Vespertilionidés Pipistrellus pipistrellus Pipistrelle Faune NT LC
Phylloscopidés Phylloscopus bonelli Pouillot de Bonelli Faune LC
Phylloscopidés Phylloscupus collybita Pouillot véloce Faune LC
Crambidés Cydalima perspectalis Pyral du buis Faune Dangereux
Canidés Vulpes vulpes Renard roux Faune LC
Muscicapidae Luscinia megarhynchos Rossignol Philomèle Faune LC
Muscicapidés Phoenicurus ochruros Rouge queue noir Faune LC
Muscicapidés Erithacus rebecula Rouge-gorge familier Faune LC
Acrocephalidés Acrocephalus scirpaceus Rousserolle effarvatte Faune LC
Suidés Sus scrofa Sanglier Faune LC
Sittidés Sitta europaea Sittelle torchepot Faune LC
Piéridés Colias crocea Souci Faune LC
Libellulidés Sympetrum sanguineum Sympétrum sanguin Faune LC
Nymphalidés Argynnis paphia Tabac d’Espagne Faune LC LC
Muscicapidés Saxicola rubicola Tarier pâtre Faune LC VU
Lycaenidés Técla SP Thècle SP Faune LC
Columbidés Streptopelia decaocto Touterelle turque Faune LC
Nymphalidés Aphantopus hyperantus Tristan Faune LC LC
Troglodytidés Troglodytes troglodytes Troglodyte mignon Faune LC
Accipitridés Gyps fulvus Vautour fauve Faune LC VU
Coraciidés Coracias garrulus Rollier d’Europe Faune LC NT

Analyse des résultats.

Dans chaque espace nous retrouvons des espèces caractéristiques comme le moineau domestique et le rouge queue que l’on retrouve dans le village et près des habitations. Comme les alouettes, les grives, les étourneaux, l’œdicnème criard, les bruants zizi, les lièvres, les demi-deuils, les couleuvres vertes et jaunes que l’on trouve dans les plaines agricoles. Comme les loriots d’Europe, les martins-pêcheurs, les rossignols, les fauvettes, les canards colvert, les gomphes (libellule), les tabacs d’Espagne que l’on retrouve dans les ripisylves et près d’elles. Ou encore comme les sangliers, les chevreuils, les renards, les blaireaux que l’on retrouve dans les forêts. Au final les espèces qui sont en préoccupation mineure « LC » dans le tableau des statuts de conservation sont celles que l’on retrouve dans l’ensemble du paysage sud-drômois et nord-vauclusien.

Le tabac d’Espagne illustré sur le tableau ci-dessus est un papillon de la famille des nymphalidés.


3- Les acteurs rencontrés

Nous avons commencé avec Christine Coulon, créatrice et responsable du mouvement communal « patrimoine floral de Montélimar ». Botaniste de passion elle nous a permis d’ouvrir les yeux sur les différentes fleurs communes que l’on trouve au bord des chemins ou des routes notamment.

Avec Christine Coulon

Pour la botanique nous avons passé également une demi-journée avec René Roux, botaniste de métier. René Roux nous a apporté des connaissances sur la détermination des plantes, de manière détaillée. Avec lui nous avons également remarqué que certaines espèces étaient très petites et difficiles à identifier.

René Roux

Ensuite nous avons contacté de Yann Vidal, salarié au Syndicat Mixte du bassin Versant du Lez (SMBVL), qui a passé quelques heures avec nous. Avec lui nous avons effectué une marche de 4 km le long du Lez, ce qui nous a permis d’observer les dégâts des crues ainsi que des signes de présence de castors. Il a pu nous apporter des connaissances sur les arbres les plus fréquents que l’on rencontre au bord des rivières mais également il a pu témoigner de problèmes récurrents de communication entre les employés du syndicat et les propriétaires de terrains qui longent les berges du Lez. Il nous a montré aussi la pollution du Lez comme on peut le voir sur cette photo. Cette pollution est un problème récurrent et la solution est difficile à trouver. Ici c’est la rivière qui a révélé au grand jour cette décharge à ciel ouvert.

Le Lez avec Yann Vidal

Après avoir contacté le Parc Naturel Régional des Baronnies Provençales, nous sommes rentrés en contact avec Bruno Gravelat, mammalogue et ornithologue au sein d’un bureau d’études. Nous avons eu la chance de pouvoir passer une demi-journée avec lui, nous avons identifié des espèces de fleurs ainsi que des espèces d’oiseaux. Nous avons pu échanger longuement avec lui sur les différents protocoles que l’on peut appliquer pour chaque espèce, mais également sur le métier d' »étudiant d’impact environnemental » au sein d’un bureau d’étude. Il nous a recommandé de lui envoyer un tableau avec les périodes où nous pourrions effectuer des inventaires, pour chaque ordre d’insectes, de mammifères et d’autres espèces que nous pourrions rencontrer.


En présence de Bruno Gravelat

Suite à cette rencontre, nous avons contacté la Ligue de Protection des oiseaux de la Drôme (LPO Drôme). Nous sommes rentrés en contact avec un jeune bénévole de la LPO Drôme, et nous avons pu passer également une demi-journée en sa présence. Nous avons effectué avec lui un inventaire de la flore au nord de la commune, dans le bois de Taulignan. Cette rencontre était intéressante car elle se démarquait des précédentes, du fait de son jeune âge et de son parcours moins riche par rapport aux autres personnes que nous avions rencontrés tout au long du stage. Ceci était loin d’être négatif, car il a pu nous transmettre des connaissances qu’il avait fraîchement acquises ainsi que sa vision neuve sur certains points. Grâce aux rencontres précédentes nous avons pu lui échanger les connaissances que nous avions acquises récemment, ce qui enrichissait cette rencontre avec lui.

Bénévole de la LPO

Par l’intermédiaire de Bruno Gravelat, mammalogue au sein d’un bureau d’études, nous avons eu la chance de rentrer en contact avec Yann Smit et Germain Poignant, deux ornithologues et observateurs actifs sur « Faune Drôme », qui est une application de recensement de toutes les espèces de faune du département de la Drôme, et qui dépend de la LPO Drôme. Nous avons passé plusieurs journées et demi-journées avec eux. Nous avons effectué plusieurs inventaires faunistiques et floristiques dans le sud et le nord de la commune, le long du Lez. Ils ont pu nous transmettre de nombreuses connaissances sur l’identification d’oiseaux ainsi que sur la flore. C’est grâce à eux que nous avons pu développer nos connaissances et reconnaissances en chants d’oiseaux.

Par l’intermédiaire de Christine Coulon, nous avons eu la chance de participer à une visite botanique dans la ville de Montélimar avec René Celce, apiculteur de métier et botaniste confirmé. Cet événement était organisé par le « Patrimoine floral de Montélimar ». Durant cette intervention nous avons acquis des connaissances en ce qui concerne l’apiculture ainsi qu’en ce qui concerne la biologie de certaines plantes. Mais avant cette visite nous avons eu la chance d’échanger avec lui sur de nombreux points, notamment sur l’identification de certaines espèces d’abeilles ainsi que sur les relations entre les plantes mellifères et les abeilles.


En présence de Christine Coulon et René Celce

4- Espèces remarquables

Parmi la faune et la flore observées, certaines espèces apparaissent comme plus intéressantes car plus rares. En flore elles sont toutes dans des lieux déjà protégés comme l’orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis) et l’ophys bourdon (Ophrys fuciflora) sauf une, le stipe pennée, plumet (Stipa pennata) qui est sur un terrain privé. Les deux premières ont un statut de conservation élevé « vulnérable » et « en danger ». C’est pour cela que nous n’évoquerons pas leurs lieux précis.
En faune nous trouvons davantage d’espèces qui ont un statut de conservation élevé. Ces espèces-là sont très intéressantes mais parmi celles-ci, certaines le sont davantage encore. Par exemple, comparons différents grands rapaces aux petits passereaux.

L’aigle royal, le vautour fauve, le milan royal sont pour nous moins intéressants, d’une part parce qu’ils peuvent couvrir un grand territoire en peu de temps et d’autre part parce qu’il y a un nid d’aigle royal à Saou, petit village au nord de Taulignan réputé pour sa forêt. Quant aux vautours, l’association Vautours en Baronnie a réintroduit cette espèce dans les Baronnies. On retrouve régulièrement, si ce n’est tous les jours, des vautours fauves au-dessus de Taulignan ou des communes voisines.
Les passereaux ou les espèces qui nichent sur la commune nous semblent d’autant plus intéressants qu’ils apportent une plus-value à la commune. Autant pour son patrimoine esthétique qu’écologique. On y retrouve en abondance des espèces dites emblématiques comme l’Hirondelle rustique ou celles des fenêtres, le Guêpiers et rolliers, le Faucon crècerelle, la Buse variable, le Circaète Jean-le-blanc, la Tourterelle des bois, le Martin-pêcheur, le Cincle plongeur et parmi les petits passereaux nous retrouvons le Cerin sini, le Chardonneret élégant, le Gobemouche noir et le Trier pâtre. Ces espèces nous paraissent plus ou moins communes mais elles sont intéressantes car si elles ont décidé de nicher et de se reproduire sur la commune c’est qu’elles se sentent en sécurité. Il y a suffisamment de nourriture, des lieux pour nicher en sécurité bien exposés au soleil, des terrains de chasse pour les grands rapaces et différents autres paramètres qui permettent à ces espèces-là de venir se reproduire. Et parmi celles-ci nous retrouvons des espèces que l’on peut voir sur la carte ci-dessous.

5- Les limites de l’étude

Nous sommes intervenus sur cet inventaire sur une durée de deux semaines au total. Après nos journées de travail nous faisions des recherches sur chaque espèce que nous avions trouvées, pour voir leurs caractéristiques, leurs fleurs et leur répartition sur le territoire français et pour nous rassurer de la validité de nos trouvailles.

Malheureusement, cette période de stage ne nous permettait pas de creuser plus en détail toute la flore de chaque secteur. Notre temps était compté pour réaliser cet inventaire, donc nous avons dû avoir un rythme assez rapide et nous ne pouvions pas rester sur une seule espèce que l’on n’arrivait pas à identifier. Nous sommes passés à côté de nombreuses espèces que l’on n’arrivait pas à identifier. De plus nous n’étions pas là toute l’année, certains ont fleuri avant notre stage et d’autres après, ce qui rendait leur identification beaucoup plus difficile.

Il conviendrait de creuser cet aspect plus en détail, faire un inventaire complet sur la totalité d’une année pour identifier le plus possible d’espèces.

L’intérêt principal de cette mission était de réussir à faire l’inventaire faunistique et floristique le plus complet que possible, tout en réunissant les différents acteurs locaux du département ainsi que ceux des départements voisins, sur une période donnée. De plus la météo a été un facteur important, car elle nous a empêché quelques fois d’effectuer dans les meilleures conditions des inventaires faunistiques. Il a donc fallu anticiper en effectuant des études supplémentaires sur la flore et sur la faune.

6- Reconquête paysagère et mesures de gestion

Le fait d’identifier une espèce floristique, d’analyser ses caractéristiques ainsi que d’identifier les milieux où elle a été trouvée, nous donne beaucoup d’informations sur les particularités du milieu où elle se trouve.

Pour commencer, lorsque nous parlons de gestion du territoire, il y a deux options. La première, concerne la gestion d’aménagement et la gestion des espèces. La deuxième option est la plus utilisée et la plus efficace, elle consiste à laisser le milieu concerné sans intervention anthropique. Il faut néanmoins effectuer des suivis réguliers pour analyser l’évolution de la situation et envisager d’utiliser la première option. La gestion des espaces est un travail délicat et difficile à mettre en place. Lorsque nous n’avons pas suffisamment de données sur les espèces et que nous ne possédons pas toutes les qualifications pour traiter les différents ordres d’espèces (l’ordre est le quatrième niveau de classification classique des espèces vivantes, exemple : lépidoptères ou mammifères…), nous ne pouvons pas mettre en place une gestion des espaces solide.

De plus sur la commune nous n’avons pas trouvé de déchetterie illicite, ni d’importants problèmes sanitaires.

Selon nous, Taulignan est un exemple classique d’un petit village provençal. Ses maisons caractéristiques sont faites en pierre et en safre, avec des toits de tuile ondulés. Ses paysages sont colorés par la lavande, les vignes et les truffiers composés principalement de Chêne vert et de Chêne blanc. Ils n’ont pas besoin de subir de modifications anthropiques. De plus, le maire Jean-Louis Martin refuse de laisser l’urbanisation envahir la commune, pour garder Taulignan en tant que petit village naturel et agricole. Aujourd’hui, nous n’avons pas de reconquête paysagère à proposer. Taulignan n’est pas encore menacé par l’urbanisation qui viendrait perturber les beaux paysages provençaux. Par ailleurs, le village se trouvant plus ou moins dans une cuvette, lorsque nous le regardons depuis les terres agricoles, nous voyons principalement le centre du village qui domine le paysage. Les espèces animales ou végétales qui ont un statut de conservation vulnérable, se trouvent sur des zones à intérêt faunistique et floristique de « type II ».

7– Conclusion

Grâce à notre phase d’analyse nous pouvons affirmer que nous sommes intervenus sur des milieux principalement calcaires. Ces milieux sont considérés comme fragiles et rares, du fait de la présence de nombreuses espèces rares et protégées.

Cette analyse nous a permis de prouver que la commune taulignanaise présente un intérêt géologique et écologique remarquable. Cet inventaire floristique nous a permis d’identifier les caractéristiques des différents sols de la commune grâce aux espèces trouvées. De plus la flore peut nous donner un indicateur sur la faune que l’on peut potentiellement trouver, des lièvres dans les champs de vigne, des hirondelles au-dessus des champs de céréales dans le quartier de Saint-Martin ou encore des pics-verts dans les ripisylves. C’est-à-dire que grâce à la faune et la flore nous pouvons déterminer un habitat et grâce à la flore uniquement nous pouvons savoir si le sol est acide ou basique.

Définition : DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. Ce service ministériel de l’Etat donne l’accord au sujet de la capture ainsi qu’au sujet de l’inventaire de certaines espèces.

Bibliographie :

  • Guide Delachaux des fleurs de France et d’Europe.
  • Petite flore de France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Belin, Régis Thomas, Margarette Maillard
  • Les plantes par la couleur, Delachaux, Schauer, Caspari
  • Guide des insectes, Delachaux, dr Wolfgang Dierl, Werner Ring
  • Le guide ornitho ; Delachaux, Lars Svensson, Killian Mullarney, Dan Zetterström
  • Guide Delachaux des traces d’animaux, Delachaux, Lars-Henrik Olsen

Site internet :

  • DREAL : http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/
  • INPN : https://inpn.mnhn.fr/accueil/index
  • Géoportail : https://www.geoportail.gouv.fr/carte
  • Muséum d’Histoire Naturelle de Paris : https://www.mnhn.fr/
  • Conservatoire des Espaces Naturels de Rhône-Alpes https://www.cen-rhonealpes.fr/
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