6 – La petite Pierre – Saverne

La petite Pierre – Saverne

Mardi 2 mai 2017


Voici une vidéo retraçant la sixième étape d’un cheminement à travers la France, de la frontière allemande au nord de Strasbourg à, ( peut-être un jour!), la frontière espagnole au sud de Perpignan. Dans cette longue marche, mon attention se porte en premier lieu sur les paysages, leur protection et leur reconquête éventuelle ainsi que sur la biodiversité et sa reconquête.

Lors de cette étape je poursuis ma marche à travers le Parc naturel régional des Vosges du Nord. J’évoque les maisons troglodytes de Graufthal, La ville de Saverne, la diversité des forêts, ou encore  Sceau de Salomon, Faux Amadouvier  et scarabée…

Voici le texte de cette vidéo:

La petite Pierre – Saverne

Mardi 2 mai 2017

Je quitte à regret La Petite Pierre après un petit-déjeuner de fort belle tenue. Le sentier passe devant le rocher du corbeau et dévale dans la vallée pour remonter rapidement sur une crête en sous-bois. J’y découvre un pare-terre de Sceaux de Salomon dont les fleurs tubulaires blanches ourlées de vert pendent sous la tige alors que les feuilles se dressent à l’opposé vers le haut. C’est une fleur élégante que j’affectionne particulièrement et dont j’apprends qu’elle est l’hôte  d’un petit hyménoptère, la tenthrède de Salomon.

Le village de Graufthal présente une curiosité, ses maisons troglodytes dont l’une fut habitée jusqu’en 1958 par Catherine Ottermann, la Feslekät, la « Catherine du rocher » qui recevait aimablement touristes et journalistes, leur racontant des anecdotes plus ou moins inventées sur la vie dans ces maisons. Un siècle plus tôt des fabriques d’allumettes chimiques employaient femmes et enfants de Graufthal dans des conditions de travail épouvantables, notamment en raison des émanations de phosphore.

Je longe un joli ruisseau dont les eaux finiront tôt ou tard dans le Rhin, j’observe les parois de grès rose, les traces de chevreuil,  le Faux Amadouvier qui s’installe sur les bois âgés, ces bois morts qui sont de véritables lieux de vie : les trous creusés par la pourriture protègent toute une petite faune telle que mulots, escargots, fourmis ou araignées…

Pique-nique et petite sieste à Oberhof avant de grimper dans les bois par un chemin plein de charme qui débouche sur une large piste que le GR suit un moment avant de s’enfoncer de nouveau dans la forêt. Je ne me lasse pas de l’extrême diversité des forêts que je traverse. Je ne me lasse pas non plus des plantes qui égayent ma route, ici des euphorbes dont les fleurs sont si étranges, feuilles ou fleurs ? Leurs couleurs sont toujours vives, doucement acidulées, hésitant entre le vert et le jaune. Les feuilles vert sombre poussent en touffe au bas de la tige.

Passage obligé sur ce chemin nord-sud : franchir le seuil de Saverne, ou trouée de Saverne qui permet de communiquer du Plateau lorrain à la plaine d’Alsace. C’est évidemment dans cette dépression que passent les grands axes de communication. Je traverse donc successivement la ligne TGV Est Européenne, l’autoroute A4 qui relie Strasbourg à Metz, Reims et Paris ainsi que l’ancienne nationale N4. Curieux intermède de civilisation avant de retrouver les calmes sous-bois où je prends le temps de regarder ces merveilles de la nature que sont par exemple ces scarabées noirs  aux reflets verts, luisants et trapus en plein festin. C’est un insecte utile qui fertilise le sol en le débarrassant des excréments et autres matières en décomposition.

De ce rocher rose, devenu  site d’escalade, Charles, un prince lorrain, fait un saut fabuleux avec son cheval, échappant à ses assaillants, retombant sans problème sur le roc et le marquant de ses empreintes…, ainsi le veut bien sûr la légende.

J’arrive à Saverne, une des sous-préfectures du Bas-Rhin. Les Romains avaient déjà compris l’importance stratégique de ce site qui permet un passage aisé des Vosges par le col dit de Saverne.

L’ancienne résidence épiscopale, l’Oberhof, 16ème et 17ème siècle, domine la grande place du château des Rohan, 18ème et 19ème siècle où se sont données des fêtes somptueuses et qui s’étire de manière majestueuse devant le port de plaisance.

La ville est traversée par le canal de la Marne au Rhin sur lequel deux écluses permettent de franchir une différence de niveau de plus de 5 mètres.

Avant de rejoindre cette jolie chambre chez mon hôtesse Nicole Morere, je m’offre une Flammeküeche, une sublime tarte flambée arrosée d’un Riesling servi dans un verre ballon haut perché sur sa tige verte, indispensable pour éliminer mes toxines….

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
Ce contenu a été publié dans Fugue pédestre, Uncategorized, Vidéos, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *