46- Droiturier – Le Breuil

Written by Claude CAMILLI

 DROITURIER – LE BREUIL

 22 mars 2019

Voici une vidéo retraçant la 46ème étape d’un cheminement à travers la France, de la frontière allemande au nord de Strasbourg à, ( peut-être un jour!), la frontière espagnole au sud de Perpignan. Dans cette longue marche, mon attention se porte en premier lieu sur les paysages, leur protection et leur reconquête éventuelle ainsi que sur la biodiversité et sa reconquête.

Je chemine hors GR (je quitte le GR 3 qui part vers le sud alors que je me dirige vers le sud-ouest)  dans une campagne vallonnée jusqu’au village du Breuil. C’est le début du printemps avec les premiers bourgeons.

Voici le texte de cette vidéo:

Partie tôt le matin de la Gare de Lyon-Vaise pour 5 nouvelles étapes, je rejoins en train le dernier point d’arrivée de la section précédente, c’est-à-dire le petit village de Droiturier à côté de Lapalisse, dans le département de l’Allier. A la gare de Vichy, je pensais trouver un bus mais celui-ci n’existant que le samedi, je commence par marcher à pied pour quitter la ville et faire de l’auto-stop. Cinq chauffeurs successifs, charmants, me font faire un bout de trajet ; l’un d’eux, un Néerlandais qui revient d’Espagne dans son camping-car me dépose à 4 km de mon départ.

Je passe à pied sur le pont de la Vallée avec ses trois arches, ses parapets en pierre et ses chasse-roues si particuliers. C’est ce pont qui permettait à la Route Royale de Paris à Lyon de franchir la petite rivière Andan. Un habitant de Droiturier me fait grimper dans sa voiture et me dépose là-même où, avec Daniel, nous avions terminé la section de Saône-et-Loire en septembre 2018.

Je n’ai pas perdu mon temps depuis que j’ai quitté Lyon ce matin : il n’est que 10 heures et demie quand je passe devant l’ancienne cabine téléphonique, transformée en une sympathique micro-librairie dont la devanture rappelle avec humour et discernement que « la lecture nuit gravement à l’ignorance ». Je retrouve l’église Saint-Nicolas, un ancien prieuré bénédictin du 11ème et 12ème  siècle, inscrit au titre des monuments historiques et classé récemment site clunisien.

Je laisse le GR3 partir vers le sud pour me diriger vers le sud-ouest, direction plus conforme à mon objectif final qui est, ne l’oublions pas, la frontière espagnole vers Perpignan. Carte IGN à la main, je pars donc sur une petite route, dans ce paysage vallonné que je retrouve avec plaisir.

Mon chemin, un chemin de pays, un PR, « promenade et randonnée », s’étire absolument rectiligne à travers les champs, après avoir franchi la N7 qui file sur Paris.

C’est le tout début du printemps, les chatons femelles d’un saule marsault, fourreaux argentés et soyeux, sont en pleine gloire après leur fécondation.

Contrairement au gui dont on voit ici les boules, le lierre grimpant, n’est pas une plante parasite pour son arbre support, bien au contraire ; les deux plantes se rendent des services mutuels. Cette liane, sans doute d’origine tropicale, protège l’arbre des intempéries et lui assure une croissance plus régulière. De plus ses pelotes servent d’abri aux insectes et oiseaux et de lieu d’hibernation à toute une petite faune.

Je passe maintenant sous le viaduc de la voie ferrée Lyon Clermont… sur laquelle j’ai circulé en train quelques heures plus tôt !

A Montciant, la faim commence à me tenailler mais rien à l’horizon ! J’interroge deux travailleurs dans leur estafette, sur l’éventualité d’un restaurant à Châtelus. Ils s’y rendent justement et m’invitent à grimper à leurs côtés. Nous parcourons rapidement les quelques kilomètres qui m’éloignent de mon chemin, passons devant  le château de Châtelus, bavardons un moment au comptoir avant de faire honneur à la bonne cuisine familiale. Puis je refais le chemin à pied par le petit vallon verdoyant jusqu’à Montciant quitté quelques heures plus tôt, passe devant le musée de la meunerie, hélas fermé, avant de reprendre la direction sud par de petites routes charmantes qui me conduisent jusqu’à la Besbre dans laquelle la fédération de pêche de l’Allier a engagé un programme de réintroduction de l’ombre commun, Thymallus thymallus, ce poisson discret avec sa robe couleur de l’ombre, sa très grande sensibilité à la qualité de l’eau, et dont la survie est malheureusement particulièrement menacée.

Au terme de la journée j’atteins le petit village du Breuil, passe devant cette cour de ferme où est aménagé un pigeonnier que j’imagine abandonné, salue mes hôtes qui tiennent leur gîte Au Bonheur du Parc, découvre ma chambre, joyeuse, joliment décorée, donnant sur la campagne vallonnée qui s’éveille au printemps, me chauffe aux derniers rayons de soleil au pied de la petite église aux décorations polychromes et enfin m’attarde dans le parc où, visiblement reine de l’endroit, une petite fille solitaire joue en chantonnant …

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