10- Barr – Dambach-la-Ville

10- Barr – Dambach-la-Ville
6 mai 2017

 

Voici une vidéo retraçant la dixième étape d’un cheminement à travers la France, de la frontière allemande au nord de Strasbourg à, ( peut-être un jour!), la frontière espagnole au sud de Perpignan. Dans  cette longue marche, mon attention se porte en premier lieu sur les paysages, leur protection et leur reconquête éventuelle ainsi que sur la biodiversité et sa reconquête.

Lors de cette étape je poursuis ma marche à travers le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Il est question ici de maisons à colombages qui disparaissent du paysage, de Mittelbergheim, des grands crus du Zotzenberg,  des cépages comme le Riesling, le Gewurtztraminer, le Pinot Gris, le Sylvaner, des vendanges tardives, du botrytis cinerea ou pourriture noble et de Dambach-la-Ville.

Voici le texte de cette vidéo :

J’ai prévu que la première partie de mon trajet s’arrête ce soir, après dix jours de marche. Je devrai donc rejoindre une gare en fin d’après-midi ou bien faire de l’auto-stop mais ces perspectives ne me préoccupent nullement. Pour l’heure, je salue le barman de l’auberge « Le brochet » qui m’encourage avec une pointe d’envie. Lui aussi aime cheminer ainsi…

Quelle extraordinaire richesse de nos villages français aux architectures si diverses ! Comme nous sommes loin ici, dans les ruelles de Barr, de celles de la Drôme ou de celles du Tarn-et-Garonne ! Malheureusement ces belles maisons à colombages disparaissent peu à peu : chaque année, en Alsace, ce ne sont pas moins de 400 maisons à colombages qui s’effacent du paysage. Les maires ont leur part de responsabilité : certaines communes préfèrent construire des parkings ou des lotissements sacrifiant les maisons anciennes dont la rénovation est, il est vrai, compliquée et coûteuse.

Quittant Barr, je me dirige vers Mittelbergheim, considéré comme un des cents plus beaux villages de France, à travers le vignoble bien ensoleillé des grands crus du Zotzenberg qui pousse sur un sol de marnes et de calcaires, résistant bien à la sécheresse car retenant l’humidité, idéal pour les cépages comme le Riesling, le Gewurtztraminer, le Pinot Gris qui ne se distingue du Pinot noir que par la couleur de ses baies et le Sylvaner, traditionnel ici et seul Sylvaner classé grand cru en Alsace. J’apprends que pour les vendanges tardives, on sélectionne les grains nobles, ceux qui sont attaqués par le botrytis cinerea ou pourriture noble, un champignon qui consomme en partie l’eau des baies entraînant une forte concentration en sucre ce qui va donner un vin très riche et très moelleux.

Je poursuis ma route à travers les vignes jusqu’au beau village d’Andlau, lui aussi typique des villages alsaciens, puis je quitte le GR 5 pour franchir une colline, redescendre, toujours à travers les vignes, sur Bernardvillé et rejoindre la chapelle de Baumgarten, reste d’une abbaye cistercienne du 12ème siècle, jadis occupée par les « Bernardins » et qui a donné son nom au village voisin. Ce couvent s’appelait aussi abbaye de Pomarium. Baumgarten est le mot allemand pour verger et Pomarium signifie verger à pommiers.

Toujours marchant vers le sud, je passe les villages de Nothalten et Blienschwiller dans lesquels je cherche en vain un café, avant d’arriver à Dambach-la-Ville alors que les premières gouttes de pluie s’annoncent. Je le trouve là mon café, dans cette petite ville pittoresque et charmante. Alors que je pensais poursuivre ma route quelques heures encore, la pluie se met à tomber violemment. Ma décision est prise dans la minute : Dambach-la-ville sera le terme de cette première série d’étapes. Je m’enquiers de l’existence d’une gare où j’arrive à grands pas mais néanmoins trempée jusqu’aux os. La chance me sourit : un train passe dans un quart d’heure, juste le temps de prendre mes billets pour Strasbourg puis Lyon sur Internet grâce à l’application de mon téléphone. Car ici, pas de guichet dans cette petite gare condamnée dont je dirais qu’elle ne possède pas un charme fou, dernière vision plus lugubre que ravissante…

Eh bien voilà ! 10 jours de marche, 250 km parcourus. Je suis enchantée.

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