8- Wangenbourg-Urmatt

Wangenbourg-Urmatt

4 mai 2017

Voici une vidéo retraçant la huitième étape d’un cheminement à travers la France, de la frontière allemande au nord de Strasbourg à, ( peut-être un jour!), la frontière espagnole au sud de Perpignan. Dans  cette longue marche, mon attention se porte en premier lieu sur les paysages, leur protection et leur reconquête éventuelle ainsi que sur la biodiversité et sa reconquête.

Lors de cette étape je poursuis ma marche à travers le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Il est question ici de coucou, de chat sauvage, d’Ixodida, un acarien peu agréable et glouton, du sommet du Schneeberg, des châteaux et de la cascade du Nideck et des villages d’Oberhaslach et d’Urmatt.

Voici le texte de cette vidéo:

  • Wangenbourg – Urmatt     Jeudi 4 mai 2017

Ce matin je grimpe au sommet du Schneeberg, à près de 1000 mètres d’altitude. Le sentier s’élève rapidement vers le haut du village, se poursuit par un escalier et débouche dans la forêt. C’est ici que se croisent les trois GR, celui que je suis, balisé par des rectangles rouges et les deux autres, les jaunes et les bleus. Je rejoins une large piste qui s’élève doucement lorsque j’entends le Coucou Gris, signe que le printemps est revenu. On rencontre le Coucou dans tous les milieux, plaine ou montagne. La femelle pond au printemps jusqu’à une vingtaine d’œufs qu’elle répartit dans autant de nids différents, les nids d’autres espèces. Ce sont donc celles-ci qui assurent la couvaison et l’alimentation des jeunes individus. Ainsi le coucou pratique ce qu’on appelle le parasitisme de couvée.

La journée se poursuit par une belle surprise : je vois à quelques mètres deux chats sauvages. Le chat forestier ou sylvestre n’est pas apparenté à notre chat domestique, il n’est pas leur ancêtre mais l’un de ses cousins. Et il ne faut pas le confondre avec le chat haret qui est un chat domestique retourné à l’état sauvage. C’est avec le lynx l’un des seuls félins en France. Le chat forestier vit dans les grandes forêts comme celles des Vosges du Nord et chasse de petits rongeurs tels que mulots et campagnols. Ce chat sauvage est malheureusement menacé par l’hybridation avec le chat haret.

Les somptueuses forêts du Schneeberg se découvrent à travers les lambeaux de brume matinale. Cette grande beauté me remplit le cœur d’une joie profonde. Je suis accompagnée de précieux compagnons, écoutons-les, écoutons les oiseaux

A la descente du Schneeberg, le sentier débouche soudain sur les ruines des deux châteaux du Nideck, élevés aux 13ème et 14ème siècles au-dessus de la cascade du Nideck qui se jette du haut d’une muraille de roche volcanique, à 25 m de hauteur. Mais je ne pourrai pas la voir car, à la suite d’un éboulement, le sentier d’accès à la cascade est interdit. Un autre sentier me permet de rejoindre la vallée de la Hasel par un long détour, vallée que je suis jusqu’au village d’Oberhaslach avant de m’enfoncer de nouveau dans la forêt par une piste détrempée et d’arriver au village d’Urmatt sur la rive gauche de la Bruche.

Ce soir je suis accueillie à l’hôtel de la Poste. Je partage des instants de complicité avec l’hôtelier à qui je demande d’extraire de mon bras une vilaine petite tique. Pourtant je n’ai quitté les manches longues qu’un bref instant. C’est précisément ce moment qu’elle a choisi pour fondre sur moi du haut d’un arbre. La retirer n’est pas simple et par précaution je pars en stop au village voisin pour consulter la pharmacienne et revenir munie de désinfectant, de répulsif et de tire-tiques… J’y apprends que les Vosges sont infestées de tiques et donc touchées par la maladie de Lyme.

L’Ixodida ou tique est un acarien. On a pesé sur une balance de précision une femelle d’une tique avant et après s’être gorgée de sang : elle était 624 fois plus lourde après son repas qu’avant ; c’est comme si je passais de mes 50 kg à plus de 30 tonnes. De tels repas permettent aux tiques de pondre de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d’œufs (ce chiffre variant selon les espèces et selon les individus au sein de l’espèce). Elles peuvent à cette occasion transmettre à leurs hôtes de nombreux virus ou bactéries…

Mais ce n’est pas cette petite bête qui va m’empêcher de dormir…

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