23- GR7 Darney – Frain

Written by Claude CAMILLI

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DARNEY-FRAIN

20 mai 2018

Voici une vidéo retraçant la 23ème étape d’un cheminement à travers la France, de la frontière allemande au nord de Strasbourg à, ( peut-être un jour!), la frontière espagnole au sud de Perpignan. Dans cette longue marche, mon attention se porte en premier lieu sur les paysages, leur protection et leur reconquête éventuelle ainsi que sur la biodiversité et sa reconquête.

Lors de cette étape je chemine, dans le département des Vosges, au croisement de la Champagne-Ardenne, de la Lorraine et de la Franche-Comté…. Il est question du Camp Kleber et de la naissance de la Tchécoslovaquie, du silène flos-cuculi ou lychnis fleur de coucou, du  Viburnum opulus ou Viorne obier, de la pyrale du buis, du  château de Lichecourt, de l’église du prieuré clunisien de Relanges, du château féodal du 14ème siècle de Saint-Baslemont et de la Roche des douze apôtres.

Voici le texte de cette vidéo:

Ce matin nous quittons les faubourgs de Darney en direction du mémorial du Camp Kleber où vécurent 6 000 légionnaires Tchèques et Slovaques pendant la Grande Guerre. C’est là, à Darney, que le 30 juin 1918, le président Raimond Poincaré a reconnu le droit à l’indépendance et à la liberté des peuples tchèques et slovaques et donc c’est là qu’est reconnue la naissance officielle de leur nation, la Tchécoslovaquie, au cœur de l’Europe. 

Le GR 7 s’éloigne à travers champs en prenant une direction nord-ouest puis carrément nord, pas vraiment idéale pour rejoindre l’Espagne ! Nous sommes toujours en Lorraine, dans le département des Vosges. Et dans ce département, la forêt n’est jamais bien loin.

A cette saison, les fleurs des prés, marguerites, pissenlits et boutons d’or, poussent en abondance.

Voici le silène flos-cuculi, que l’on nomme communément lychnis fleur de coucou ou œillet des prés ou encore œil de perdrix, qui doit son nom à sa période de floraison, quand le coucou commence à chanter.

Comment ne pas aimer la silhouette majestueuse de ce chêne magnifique ? Cet arbre force l’admiration et nous incite à nous arrêter et nous retourner…

Un peu d’humanité pour nos animaux domestiques : ces ânes et chevaux finissent paisiblement leur vie dans cette maison de retraite nommée « Crins blancs ».

Et voici qu’à travers le feuillage s’échappe la maison du verrier de Thysac accolée au château de Lichecourt, inscrit aux monuments historiques, demeure à l’allure seigneuriale de gentilshommes verriers.

Un peu plus loin, en face de la maison forestière de Relanges, s’étire la tranchée de la Pépinière, autre vestige de la Grande Guerre…

Nous nous séparons ici avec Daniel qui retourne chercher notre petit bus. Longeant ce petit étang – la région possède des zones humides – je poursuis jusqu’au village de Relanges, avec ici son lavoir.

L’église du prieuré clunisien fondé par les sires de Darney, est une œuvre de l’art roman. Elle date du 12ème siècle mais sa nef ogivale a été reconstruite au 16ème.  Son chevet, vu du cimetière a de belles proportions et on comprend que cette église ait été classée Monument historique.

Son clocher domine les ruelles calmes du village.

Qu’est-ce que l’affouage ? C’est la possibilité que le conseil municipal réserve une partie de la forêt communale à l’usage domestique des habitants. Cette piste est donc interdite à la circulation ordinaire pour permettre l’affouage…

Cette piste qui se dirige toujours vers le nord jusqu’à la Roche des douze apôtres, encore nommée Belle Roche, une roche de grès, taillée au 18 ème siècle et qui représente l’enfance et la Passion du Christ.

Dans le talus, l’aubépine épineuse et odorante caresse agréablement les narines. Le chemin passe maintenant  devant les vestiges de la chapelle de Bonneval, ancien prieuré et débouche bientôt sur les prés, proche du vallon de chèvre-roche, en vue du village de Saint-Baslemont dominé par son massif château féodal du 14ème siècle.

C’est ici sur ce promontoire d’où la vue s’étend vers le nord, justement au point extrême nord de cette section Remiremont-Langres, que Daniel me rejoint pour le déjeuner, moment toujours bien sympathique !

Changement de direction ! Direction sud-ouest, enfin !

Je file maintenant sur une petite route de campagne ensoleillée qui, bientôt sur ma gauche, domine les Grands-Bois.

Je marche le nez au vent et mes yeux se réjouissent de l’éclat des fleurs des champs, des folles et charmantes  ancolies, ou encore des blanches fleurs des talus comme ce Viorne obier, Viburnum opulus, ou plus couramment Boule de neige, avec ses feuilles palmées…

Droit devant moi vers l’ouest, s’étendent à perte de vue d’immenses champs de céréales et légumineuses: orge, blé, maïs ou colza, formant de joyeux damiers de verts et d’ocres.

Au loin, mais cachés par les plis du relief, se trouvent le village de Dombrot-le-Sec et, et à peine plus loin au nord, la ville thermale de Contrexéville.

Sous les nuages qui s’amoncellent, je rejoins le Col du Haut de Salin, où, une fois encore, je croise la ligne de partage des eaux.

Daniel m’y attend, mais le soleil refaisant son apparition,  je souhaite poursuivre encore mon chemin. C’est qu’à partir de ce lieu m’attend une ligne droite sans fin qu’il serait bon de ne pas parcourir en une seule fois!  Car le GR suit une ancienne voie romaine absolument rectiligne toujours dans le département des Vosges, au croisement de la Champagne-Ardenne, de la Lorraine et de la Franche-Comté…

Cet arbuste serait-il mangé par la pyrale du buis ? Sans doute, car la pyrale a fait une entrée fracassante en Lorraine. Originaire d’Extrême-Orient cette chenille a été introduite accidentellement en Europe dans les années 2000, elle y est rapidement devenue invasive.  L’espèce figure d’ailleurs depuis 2008 sur la liste d’alerte de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes. Les chenilles tissent des toiles autour des plants infestés. Les chrysalides sont donc protégées par un cocon de feuilles et de soie.

La route, droite, est longue, bien longue…

Je décide de m’arrêter à l’intersection de cette voie romaine et de la départementale qui relie Martigny-les-Bains et le village de Frain tout proche.

Ce soir nous faisons halte au sympathique camping de Bourbonne-les-Bains.

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