32- GR7 Tarsul – Darois Côte d’Or 7 juin 2017

Written by Claude CAMILLI

32-  Tarsul-Darois    GR7

Côte d’Or 7 juin 2017

Voici une vidéo retraçant la 32ème étape d’un cheminement à travers la France, de la frontière allemande au nord de Strasbourg à, ( peut-être un jour!), la frontière espagnole au sud de Perpignan. Dans  cette longue marche, mon attention se porte en premier lieu sur les paysages, leur protection et leur reconquête éventuelle ainsi que sur la biodiversité et sa reconquête.

Lors de cette étape sur le GR7 en Côte d’Or, je poursuis ma marche à travers la région Bourgogne-Franche Comté. J’évoque ici  le sol sec et caillouteux qui convient aux orchidées comme l’Orchis pyramidal et dans la  réserve biologique domaniale de la Combe Quinquendolle des plantes rares et protégées comme l’Anthyllide des montagnes, l’Iberis intermédiaire, le Gaillet de Fleurot, inscrit au livre rouge de la flore menacée de France, la Thécla du prunellier et la Mélitée des Digitales, papillons rares, la combe du Val Suzon et sa fontaine de Jouvence.

Voici le texte de cette vidéo :

La journée débute par le retour confortable, en petit bus, à Tarsul, point d’arrivée de la randonnée d’hier. Rappelons-nous qu’hier soir nous nous en étions éloignés pour trouver un camping. Je pars seule ce matin encore, Daniel m’accompagnera plus tard dans la journée. En quittant Tarsul, je longe des maisons dont les locataires sont bien prévoyants pour les mois d’hiver, qui entassent soigneusement le bois de chauffage. Je m’élève sur une petite route de campagne qui bientôt domine le village, à travers les champs de colza et de blé et les prairies où fleurissent les scabieuses et les marguerites et quelques rares coquelicots. Au pied des haies touffues de chênes, poussent en abondance les papilionacées, ici des vesces vivaces, jolies fleurs bleues des talus. Le sol est sec et caillouteux et convient aux orchidées. S’agit-il ici de l’orchidée sauvage ? Nommée Anacamptis pyramidalis, l’Orchis pyramidal qui colonise les sols calcaires, les pelouses, les prairies sèches bien exposées, et qui est classée « préoccupation mineure » dans la liste de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature?  

Voici Vernot, son église et son lavoir en pierres dorées. Le GR quitte la route pour emprunter la route forestière des Grolles qui traverse la réserve biologique domaniale de la Combe Quinquendolle. Entre falaises, éboulis, pelouses semi-arides sur sols calcaires, fentes de rochers et fruticées, cette combe présente de nombreux habitats de grand intérêt car ces milieux sont riches en espèces – l’Anthyllide des montagnes, plante protégée, l’Iberis intermediaire, plante rarissime en Bourgogne et protégée,  le Gaillet de Fleurot plante également rarissime en Bourgogne, inscrite au livre rouge de la flore menacée de France, la Thécla du prunellier et la Mélitée des Digitales papillons rares. On trouve aussi un lichen montagnard très rare en Bourgogne. Des zones de marais temporaires de plateau, habitats très rares en plaine, sont caractérisées par des plantes spécifiques comme par exemple le Jonc à fruits globuleux, plante exceptionnelle en Bourgogne.

Au sortir de cette combe je débouche sur de nouveaux champs de colza et sur le village de Saussy sur son plateau calcaire, avec sa tour du 19ème équipée d’un système hydraulique et surmontée d’un sémaphore. Daniel y a garé le California et nous repartons joyeusement sous le soleil, à travers les champs dorés de céréales, en direction de la combe du Val Suzon que nous descendons avec insouciance. Après quelques kilomètres en sous-bois, nous arrivons à la jonction du GR7 et du GR2, ce GR qui part de Dijon, passe par la région parisienne et gagne Le Havre. Nous sommes à une trentaine de kilomètres des sources de la Seine et à 90 kilomètres de Nolay que j’atteindrai dans trois jours. C’est très certainement dans ce Val Suzon que Daniel, malgré son équipement de protection, sera piqué en plusieurs endroits, par de vilaines tiques, ce qui lui vaudra un traitement antibiotique…

Nous nous séparons, il remonte le Val et moi je poursuis mon chemin en logeant le Suzon jusqu’à la source de … Baise ma mie et la fontaine de Jouvence où je casse une petite graine en compagnie des gastéropodes, à défaut de rencontrer la nymphe Juventa, aimée de Jupiter, émergeant jeune et fraîche de la fontaine, fontaine que fréquentait déjà, au 14ème siècle, le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi.

Parlons du hêtre et de son cycle de régénération juste pour le plaisir du vocabulaire : semis, fourrés, gaulis, perchis, jeune futaie et futaie adulte.

Je quitte ce lieu charmant par un sentier très raide qui débouche sur un plateau. Le GR est curieusement indiqué, ne correspondant pas au tracé de la carte et après plusieurs retours sur mes pas je me décide à longer le plateau puis à obliquer par un chemin de traverse pour reprendre le sens de ma marche. Je ne tarde pas à couper une route et à retrouver les pancartes, comme je l’avais prévu, mais qui sont celles de l’ancien tracé. Je comprends que ce tracé a été abandonné car sans doute le chemin que je suis maintenant est considéré comme trop périlleux. En fait le passage est simplement un peu aérien… Je franchis la combe et remonte en face pour retrouver les vastes étendues d’orge, de colza et de blé où je perds une nouvelle fois le tracé. Qu’importe, je vais traverser cette réserve naturelle régionale pour finir par une route qui me conduit aux abords de Darois où m’attendent le petit bus et son aimable chauffeur !  Quelle patience et quelle abnégation !… Pas de camping dans cette petite ville mangée par les lotissements, nous devons rouler jusqu’aux abords de Dijon, à Talant, où un camping assez sympathique nous accueille.

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