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Par Mathilde Chevanche et Elena Bouchard

SOMMAIRE
I- Présentation
1- Qui sommes-nous ?
Nous sommes Elena Bouchard et Mathilde Chevanche, deux étudiantes en première année de BTSA Gestion et Protection de la Nature à l’IET de Lyon. Dans le cadre de nos études, nous avons réalisé un stage de 2 mois au sein de l’association Paysages Reconquis. Nous avons choisi de réaliser notre stage dans cette structure car cela nous permettait notamment d’allier analyse écologique, rencontre avec les acteurs locaux et rédaction de documents de diagnostic.
2- L’association Paysages Reconquis
Paysages Reconquis, notre structure de stage, est une association basée à Lyon et présidée par Claude Camilli, notre maître de stage. Elle accueille chaque année depuis 2013 des étudiants en stage de BTSA Gestion et Protection de la Nature.
Cette association a pour but la reconquête écologique et esthétique des paysages. Elle reconnaît l’importance de tous les paysages, qu’ils soient remarquables, ou du quotidien. De plus, elle cherche à mieux connaître, valoriser et préserver les patrimoines naturels, culturels et paysagers des territoires à travers la réalisation de diagnostics écologiques et paysagers, des inventaires naturalistes, des rencontres avec les acteurs locaux ainsi que des actions de sensibilisation. L’association contribue ainsi à une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et paysagers dans les projets de territoire et encourage une gestion durable des espaces naturels.
Le choix de réaliser notre stage au sein de l’association Paysages Reconquis s’est fait pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette structure nous a été recommandée par nos enseignants en raison de la qualité de ses missions et de son adéquation avec les objectifs de notre formation.
De plus, l’organisation du travail au sein de l’association repose sur une large autonomie. Cette confiance nous a permis de prendre des responsabilités, d’acquérir une expérience concrète de conduite de projet et de développer notre capacité à travailler de manière indépendante tout en respectant les objectifs fixés.
Enfin, nous avons été particulièrement sensibles aux valeurs portées par l’association, fondées sur la préservation des paysages, la protection de la biodiversité et la sensibilisation aux enjeux environnementaux. Ces engagements sont en cohérence avec nos aspirations professionnelles et ont renforcé notre motivation à participer à ce projet.
3- Le but de ce stage
L’objectif de notre stage est de réaliser le diagnostic d’une commune, tant sur le plan écologique qu’esthétique. Nous avons choisi de réaliser notre travail sur la commune de Péron, dans l’Ain, en raison de la richesse de son patrimoine naturel et des nombreux enjeux environnementaux. Le but est, d’une part, de présenter notre diagnostic aux élus, mais également, d’autre part, d’organiser une réunion publique afin de sensibiliser les riverains. La réalisation de ce diagnostic passe notamment par une étude du territoire et de ses paysages, des rencontres avec les acteurs locaux ou encore des mises en place d’actions.
4- Problématique
À la suite de nos analyses des paysages de la commune et de nos discussions avec différents acteurs du territoire, nous avons cerné l’enjeu central de la commune de Péron : l’urbanisation.
Ainsi, nous avons choisi de centrer notre diagnostic paysager autour de la problématique suivante : De quelle manière l’urbanisation, induite en partie par la frontière suisse, impacte-t-elle les paysages de Péron ?
II- La commune de Péron
1- Contexte.
- Contexte géographique :
Péron est une commune de 26,01 km² située dans le département de l’Ain, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle se trouve dans la région naturelle du Pays de Gex, située entre le massif du Jura et le lac Léman, et fait ainsi partie de la Communauté d’Agglomération du Pays de Gex, un établissement public de coopération intercommunale regroupant 27 communes et comptant 107 091 habitants. Péron, quant à elle, compte 2772 habitants en 2026.
Localisation de Péron sur la carte de France. Source : francegeo.fr.
La commune se trouve au pied du pan est de la Haute-Chaîne du Massif du Jura. Elle possède ainsi un climat montagnard, se caractérisant par des températures plus basses, des variabilités climatiques importantes et des vents forts. Elle est composée de 3 hameaux : Feigères, Greny et Logras.
Carte des hameaux de Péron. Source : Google map.
Elle est limitrophe avec les communes de Chézery-Forens, Saint-Jean de Gonville, Dardagny (Suisse), Challex, Pougny et Farges. Se trouvant à proximité de la frontière suisse, Péron est une commune très attractive et en expansion. Elle fait également partie du Grand Genève, une entité territoriale développée afin de mettre en place une vision transfrontalière et de mieux gérer la biodiversité de ce territoire.
Péron comporte 3 milieux principaux :
- La Haute Chaîne du Jura, à l’ouest, présentant des milieux essentiellement forestiers. Le point culminant de Péron se trouve ainsi à 1501 mètres d’altitude.
- La partie urbanisée du village se trouvant en contrebas de la chaîne et à une moyenne de 956 mètres d’altitude, comportant l’implantation historique du village. Située entre le flanc de la chaîne et la plaine du bassin lémanique, elle se dégage ainsi des situations de brouillard ou de froid entraînées par les zones de cuvette.
- À l’est de la commune se trouve la partie agricole. C’est la partie la plus basse du village, avec un minimum de 411 mètres d’altitude.
Carte des reliefs de péron. Source : annuaire-mairie.fr.
- Contexte historique :
Péron est un site montrant des traces d’occupations datant, pour les plus vieilles, de l’âge de bronze, avec la présence de pierres gravées. De nombreux sites sur l’ensemble du territoire communal montrent également une colonisation gallo-romaine, avec notamment des fermes datant de l’Antiquité à Greny et Logras. Au Ve siècle, les chapelles de Feigères et Dommartin sont construites. Petit à petit, la commune s’agrandit avec le développement, au XIIe siècle, des féodalités et de l’artisanat. Des moulins sont construits à Logras et au lieu-dit de Baraty. Les différents villages se développent autour de lavoirs puisant leurs eaux dans les sources descendant de la montagne.
Initialement, il y avait 4 villages, essentiellement agricoles : Péron, Feigère, Logras et Greny. D’abord regroupés au sein de la même paroisse, avec d’autres communes telles que Satigny, ils sont rassemblés en 1790 sous la même entité communale. Aujourd’hui, Péron est la commune et Feigère, Logras et Greny constituent ses 3 hameaux.
Pour ce qui est du nom de la commune, elle était appelée Pyrons en 1150, Cura de Pyrons en 1344, Piron en 1528 et enfin Péron en 1554.
En 1590, Péron est victime des guerres de religion : 35 personnes sont tuées et le village est brûlé. En 1713, la commune comptait 878 habitants, contre 2772 en 2026. En revanche, en 1964, après l’exode rural, la commune ne comptait plus que 654 habitants. Durant la 2e partie du XXe siècle, la commune s’est grandement développée, à l’instar des autres communes de la région, grâce à la proximité de la Suisse, avec notamment le développement à l’international de Genève. Aujourd’hui encore, Péron est une commune particulièrement attractive, attirant de nombreuses personnes venant s’installer dans la commune et travaillant en Suisse.
Évolution de l’urbanisme à Péron entre 1950 et 2026. Source :Géoportail.
- Contexte architectural :
Le centre-ville de Péron a une identité architecturale homogène : les maisons y sont majoritairement mitoyennes et hautes, et les structures urbaines plutôt compactes. Les revêtements de façade et enduits sont dans des teintes couleur sable, liées aux matériaux que l’on pouvait trouver localement. Mais à cause sa proximité avec la Suisse, Péron est une commune attractive et l’extension urbaine y est importante. Cette extension ne suit pas l’identité architecturale originelle de la commune. Les nouvelles maisons sont plus grandes avec de grands jardins, ne sont plus mitoyennes et sont dans un style moins rural mais plus urbain. Le tout est agencé en lotissements, sans forcément une logique d’intégration en lien avec la topographie ou de la végétation déjà en place.
La commune comporte quelques monuments, tels que l’église Saint-Antoine, ou encore deux moulins à Logras et au lieu-dit de Baraty. Il y a également une forte présence d’anciens lavoirs dans toute la commune et ses hameaux, avec un total d’environ 22 lavoirs (liste non exhaustive).
Carte des lavoirs de Péron. ©Paysages Reconquis.
- Contexte socio-économique :
Urbanisation
Péron est une commune à proximité de la frontière Suisse, de Genève et du CERN, lui conférant ainsi une forte attraction économique, avec de nombreux frontaliers venant s’installer dans cette commune. Cela entraîne une importante extension urbaine, avec une urbanisation s’effectuant généralement en périphérie des hameaux déjà existants et ne respectant pas l’identité architecturale historique de Péron. Cette extension urbaine empiète sur les terres agricoles, réduisant ainsi petit à petit la surface de terres cultivées. Des infrastructures pour la mobilité ont également dû être construites, telles qu’une route départementale, des routes, des voies de bus ou encore des pistes cyclables.
Cette dynamique de développement modifie progressivement l’organisation du territoire et les paysages de la commune. Cette évolution soulève plusieurs enjeux, notamment la préservation des terres agricoles, le maintien des continuités écologiques et la conservation de l’identité paysagère du village. La commune doit ainsi concilier son attractivité résidentielle avec la protection de son patrimoine naturel et rural.
Agriculture
L’agriculture est une des activités majeures de Péron. Elle prend principalement place dans la partie plus basse et plane de Péron, sur une surface agricole utilisée de 902.8 ha en 2024. Nous retrouvons sur Péron, en 2024, 25 exploitations dont 3 opérateurs BIO, ces derniers occupant 69.1 ha, soit 7.7% de la surface agricole utilisée. L’agriculture sur Péron tend à être plus intensive qu’extensive.
Nous retrouvons ainsi de nombreuses cultures, les plus importantes étant le maïs, le blé et le colza. Notons le Verger Tiocan, un verger de sauvegarde des variétés de pommes anciennes sur un terrain de 2,3 ha avec une collection de 360 arbres pour 140 variétés de pommes ainsi que quelques variétés de poires et de prunes.
Répartition des types de cultures à Péron en 2024. Source : AgriMap.
D’un point de vue historique, après la guerre, de nombreuses terres se sont retrouvées sans propriétaire, du fait que de nombreux paysans étaient décédés. Ces terres ont été redistribuées aux paysans locaux encore présents, leur conférant ainsi une plus grande surface agricole. C’est ce qu’on appelle le remembrement agricole. Cependant, ces paysans se sont retrouvés avec plus de terrains pour le même temps de travail. Afin d’optimiser leur temps de travail, ils ont agrandi les parcelles et ont réduit le bocage, pourtant intéressant écologiquement parlant. Péron reste une commune ayant encore beaucoup de bocage. De nos jours, de plus en plus de ses territoires sont menacés par l’extension urbaine.
Le Pays de Gex étant une région où la vie est chère à cause de sa proximité avec la Suisse, les agriculteurs sont souvent issus de familles présentes sur ces terres depuis plusieurs générations. Ainsi, ils sont attachés et sensibles à leur territoire.
Tourisme
Le tourisme y est également important, avec notamment des circuits de grandes randonnées passant par la crête (GR 9 – GR 509). Beaucoup fréquentés, de nombreux sentiers et deux chalets sont présents sur la crête de Péron afin d’accueillir les randonneurs : le chalet du Gralet et le chalet de la Poutouille. Dans les années 90, il y avait environ 900 nuitées contre environ 1600 aujourd’hui. En hiver, la pratique du ski de fond ou de la randonnée en raquette est également très courante. Afin d’accueillir les promeneurs et les cyclistes, une voie verte traversant la commune a été aménagée sur une ancienne voie ferrée. Elle traverse Farges jusqu’à Péron.
Voie verte de Péron. Source : Pays de Gex – Monts Jura.
Chasse et pêche
La pratique de la chasse et de la pêche est très importante. Nous trouvons ainsi la Société de Chasse de Péron, notamment chargée de réaliser le suivi de l’écopont de Péron. Il y a également l’Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique de l’Annaz, cette dernière faisant partie de la fédération départementale de pêche de l’Ain. Pratiquant principalement la pêche de truite dans le ruisseau de l’Annaz.
N’ayant malheureusement pas pu entrer en contact avec ces deux structures, nous ne possédons que peu d’informations concernant leurs pratiques.
Industrie et commerces
Péron est une commune dynamique et possède plusieurs commerces. Il y a également une école maternelle et primaire, un collège, une maison des associations ou encore un centre de loisirs.
- Contexte écologique
Milieux
Péron est une commune riche en biodiversité et en milieux naturels. Ainsi, nous trouvons de nombreux milieux tels que des bois, des prairies sèches, des forêts de montagne, des terres agricoles, des haies bocagères ou encore des zones urbaines.
Ainsi, à Péron, 55,2% (1542 ha) des sols sont occupés par la forêt, surtout sur la partie montagneuse. 38,3% (941 ha) des sols sont utilisés par l’agriculture, dans la partie la plus basse de la commune. Enfin, 5,7% sont occupés par l’urbanisation, avec 117 ha de terres artificialisées.
Graphiques d’occupation des sols de Péron
Source : Annuaire mairie.
Forêt
Péron possède deux principaux ensembles forestiers faisant 800,06 ha : la forêt des Piémonts du Jura, située sur le flanc des Monts du Jura, et le bois de Ban, situé à l’Est de la commune. Avec une majorité de forêts publiques, la gestion forestière est principalement réalisée par l’ONF.
La forêt des Piémonts du Jura s’étend sur la Haute Chaîne du Jura et est principalement constituée de hêtraies-sapinières drainées.
Forêt des piémonts du Jura. ©Paysages Reconquis.
Le bois de Ban est un grand ensemble forestier de 29 ha présent sur deux communes (Péron et Farges) et géré par le CEN. C’est un ancien marais abritant une grande population d’amphibiens vivant dans les nombreuses ornières du bois. Nous pouvons notamment noter de nombreux sonneurs à ventre jaune, une espèce de crapaud remarquable. Il y a également la présence, entre autres, de la salamandre tachetée, du triton alpestre ou encore du crapaud calamite. Il est principalement constitué de frênes et bouleaux.
Ornières dans le bois de Ban. ©Paysages Reconquis.
Pour ce qui est de la gestion forestière, un grand enjeu est lié à la crise du scolyte, un coléoptère qui se nourrit de la résine du bois et touche principalement les épicéas en creusant des galeries et en abîmant les arbres. Ainsi, les gestionnaires de forêts tels que l’ONF demandent des coupes de bois contaminé pour préserver les parcelles saines à proximité. Pour éviter la coupe à blanc la réserve a mis en place un arrêté préfectoral de coupe sanitaire, qui cadre les modalités à propos de ce bois contaminé. Ainsi, le garde qui s’occupe de la forêt se rend sur le terrain avec le forestier pour choisir les bois à couper pour préserver ceux qui ont des cavités où des passereaux ou chouettes pourraient nicher.
Un autre enjeu important est lié au changement climatique. En effet, de nombreux arbres meurent dû au réchauffement des températures. Certaines essences, comme l’épicéa, sont particulièrement sensibles au stress hydrique. Ces arbres ont normalement la capacité de produire de la résine afin de se protéger contre les attaques d’insectes, de champignons ou de bactéries. Cependant, lorsque les températures sont trop élevées et que le sol est sec, leur capacité de défense diminue fortement. Ils deviennent alors plus vulnérables aux attaques de ravageurs, qui peuvent entraîner leur mort.
Cette fragilisation des forêts est également perceptible dans le paysage. En effet, il est possible d’observer par endroits des clairières au sein des massifs forestiers, correspondant aux secteurs où les arbres dépérissent.
Cours d’eau
Péron est traversée par de nombreux cours d’eau, le plus important étant l’Annaz, prenant sa source au hameau de Logras. Nous retrouvons également le Ruisseau de Chanvière, le Barbot, le Nant des Morats et d’autres encore, n’ayant pas été nommés en raison de leur petite taille. Nous trouvons également une cascade artificielle ainsi que des bassins de lagunages, également artificiels.
Cascade artificielle de Péron ©Paysages Reconquis.
Nant des Morats ©Paysages Reconquis.
Gestion
Afin de gérer de manière cohérente les différentes actions à réaliser sur ces cours d’eau, Pays de Gex Agglomération utilise le schéma directeur GeMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations), un outil mis en œuvre en concertation avec les élus de l’agglomération et des communes, des techniciens, des associations et des citoyens.
Le territoire du Pays de Gex (bassin versant Pays de Gex-Léman) est identifié en situation d’équilibre fragile pour la ressource en eau par le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) pour la période 2022-2027. Un Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE) a été élaboré afin de mieux gérer cette ressource.
Les lagunes de Feigères
Les lagunes de Feigères sont des anciens bassins de lagunage reconvertis en espaces naturels à vocation écologique. Situées au sein du corridor écologique reliant la Haute Chaîne du Jura à la plaine gessienne, elles participent aux continuités écologiques du territoire. Depuis l’arrêt de leur fonction de traitement des eaux, les bassins ont évolué vers des milieux humides diversifiés, accueillant une biodiversité remarquable. Les inventaires mettent en évidence la présence d’habitats favorables aux chauves-souris, amphibiens, oiseaux, reptiles et insectes. Toutefois, la fermeture progressive du milieu, l’accumulation de matière organique, la réduction des surfaces d’eau libre et la présence d’espèces exotiques envahissantes limitent leur fonctionnalité écologique.
Les lagunes sont directement liées au ruisseau de Chanvière, dont l’érosion fragilise les berges et la digue séparant les bassins du cours d’eau. Cela a orienté le projet de restauration écologique prévoyant la remise en eau de deux bassins, le remodelage des berges et la réouverture des plans d’eau. L’objectif est de restaurer un fonctionnement écologique durable tout en renforçant le rôle du site comme réservoir de biodiversité.
Selon Virgile Benoit, écologue ayant participé au projet, les premiers résultats montrent une amélioration de la diversité végétale et le maintien de zones favorables à la reproduction des amphibiens. Toutefois, un manque d’alimentation en eau limite encore le potentiel écologique du site. L’absence de suivi écologique à long terme ne permet pas d’évaluer précisément les effets de la restauration dans la durée. Les observations suggèrent une gestion actuellement limitée, avec une progression importante de la végétation sur certains secteurs. Par ailleurs, aucun plan de gestion détaillé n’a pu être retrouvé, ce qui ne permet pas de connaître précisément les modalités actuelles d’entretien du site.
Lagunes de Feigères. ©Paysages Reconquis.
Nous pouvons trouver sur le site du bois de Ban l’étang artificiel de Cornelly, dont la société de chasse de Péron est gestionnaire. Au départ, il a été creusé pour attirer les oiseaux d’eau servant de gibier. Il est maintenant également utilisé par la pêche.
Le marais de Greny
Le marais de Greny est un site d’environ 15 ha classé ZNIEFF de type I. La construction de la 2×2 voies du Pays de Gex a scindé le Marais de Greny en trois communes : Péron, Saint-Jean de Gonville et Challex. À l’instar d’autres zones humides de taille importante, ce marais fait partie d’un réseau de zones humides orienté nord-sud en lien avec les petits cours d’eau ouest-est descendant de la haute-chaîne pour se jeter dans le Rhône. Le marais est particulièrement dégradé. Il subit aujourd’hui les nuisances propres aux grands axes de circulation, dont une pollution chronique par les hydrocarbures et le rejet de déchets divers. La route constitue également un obstacle difficilement franchissable pour de nombreuses espèces (amphibiens, mammifères, certains oiseaux…).
Périmètre du marais de Greny.
Source : Contrat Corridor Vert et Bleu “Mandement – Pays de Gex”.
Trames vertes et bleues (TVB)
Les TVB sont mises en place par la politique publique française d’aménagement du territoire visant à préserver et restaurer les continuités écologiques. Les trames vertes concernent les continuités écologiques de boisement (bois, forêt, haie bocagère…) et les trames bleues les continuités écologiques aquatiques (rivière, étang, ornière, zone humide…). Elles sont inscrites dans la loi avec l’adoption du Code de l’environnement en 2009, mais également dans le code de l’urbanisme.
Les TVB sont essentielles pour la faune. En effet, elles constituent des corridors écologiques permettant à la faune de circuler aisément entre les différents lieux. Veiller à avoir des TVB fonctionnelles est ainsi essentiel pour le maintien en bon état des populations faunistiques. Le vivant a besoin de place, mais aussi de connexions : les espèces doivent pouvoir se déplacer pour se nourrir, se reproduire, se disperser, recoloniser, maintenir des échanges génétiques et s’adapter aux changements (dont le changement climatique)
Sur Péron, les TVB sont soumises à la pression liée à l’urbanisation. Les avis quant à leur bon état varient selon les points de vue des acteurs. Péron reste néanmoins une commune ayant plusieurs TVB fonctionnelles malgré une urbanisation importante.
Cartographie des trames vertes et bleues sur la commune de Péron. ©Paysages Reconquis.
D’autres trames, moins connues mais tout aussi importantes, existent également :
| Trame noire | Les continuités écologiques nécessaires aux espèces dépendantes de l’obscurité (limiter pollution lumineuse). |
| Trame brune | S’intéresse aux ruptures liées à l’imperméabilisation du sol, au tassement, à l’érosion ou à certaines pratiques de gestion qui appauvrissent la vie du sol et réduisent ses fonctions écologiques. |
| Trame turquoise | Concerne l’interface entre terre et eau. |
Espèces
Avec ses milieux naturels riches et variés, Péron abrite une grande diversité d’espèces faunistiques et floristiques. Nous y trouvons ainsi plusieurs espèces emblématiques telles que le grand tétras, le loup gris, le lynx boréal ou encore l’aigle royal. Parmi ces espèces, certaines font l’objet d’un enjeu important. C’est le cas, par exemple, du grand tétras, un oiseau vivant dans les forêts de conifères et menacé par la modification de son habitat et par des perturbations pendant sa période de reproduction. Il y a également le sonneur à ventre jaune, un amphibien rare et protégé, dont une grande population occupe les ornières du bois de Ban.
Grand tétras. ©oiseaux.net.
Sonneur à ventre jaune. ©Paysages Reconquis.
Il y a également une grande diversité d’espèces floristiques, dont de nombreuses espèces subalpines. Les prairies en altitude sont également le foyer de nombreuses espèces typiques, telles que l’orchis mâle, le géranium des Pyrénées ou encore le myosotis alpestre. Nous trouvons plusieurs espèces exotiques envahissantes, telles que la vigne vierge. Ces espèces peuvent menacer les espèces indigènes.
Zones protégées
La commune de Péron comporte plusieurs zones protégées, telles que la Réserve Naturelle Nationale de la Haute Chaîne du Jura, le Parc Naturel Régional du Haut-Jura, des Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type I et II, ou encore un site Natura 2000. Il y a également des zones gérées par le Conservatoire d’Espaces Naturels (CEN), qui n’est pas réellement un statut de protection, mais qui permet tout de même une certaine préservation.
Cartographie de la réserve naturelle nationale et du site Natura 2000 de Péron. ©Paysages Reconquis.
Cartographie des ZNIEFF de Péron. ©Paysages Reconquis
Actions
Péron est une commune soucieuse de l’environnement. Ainsi, plusieurs actions ont été mises en place sur le territoire afin de préserver la biodiversité :
- Restauration, préservation et suivi des cours d’eau et lagunes.
- Conservation des prairies de bas-monts ouvertes.
- Limitation des collisions sur le trafic routier et construction de l’écopont.
- Rétablissement des continuités écologiques le long des cours d’eau et dans les milieux boisés.
- Mise en œuvre d’un plan de gestion sur l’ancien marais de Greny.
- Identification, maintien et restauration des continuums à chauves-souris.
- Inventaire et lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
- Favorisation du franchissement de la route de Chanvière par les amphibiens.
- Actions de sensibilisation.
L’ensemble de ces actions témoigne d’une volonté de préserver les fonctionnalités écologiques du territoire. Toutefois, elles montrent également que les continuités écologiques de Péron sont soumises à des pressions, notamment liées à l’urbanisation et au développement du territoire.
De plus, Pays de Gex Agglomération a, au titre de la loi du 12 juillet 2010, publié en 2024 un rapport de développement durable, prenant en compte les enjeux liés au réchauffement climatique, la préservation de l’environnement et l’épanouissement de tous les habitants. Ce rapport propose plusieurs actions, en vue de certains objectifs.
2- Réglementations
Plusieurs réglementations sont en place sur la commune de Péron et ont un impact plus ou moins direct sur la biodiversité et les paysages.
- PLUiH
Le Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUiH) est un document de planification territoriale qui définit le classement des sols et réglemente leur constructibilité pour l’ensemble des 27 communes du Pays de Gex. Il résulte de la fusion de deux documents : le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal et le Programme Local de l’Habitat. Il s’agit donc d’un outil dédié à l’aménagement qui est régi par le code de l’urbanisme. Le PLU est composé d’un diagnostic, établi selon les mêmes critères que pour les SCoT, inclus dans un rapport de présentation. Il est composé ensuite d’un projet d’aménagement et de développement durable (PADD), des orientations générales d’aménagement et de programmation (OAP) et, enfin, d’un règlement ainsi que des annexes (servitudes d’utilité publique, …).
Le PLUiH du Pays de Gex joue un rôle déterminant dans la préservation de la biodiversité et des paysages de la commune de Péron. En encadrant le développement urbain et en limitant l’étalement des constructions vers les espaces naturels et agricoles, il contribue à réduire la fragmentation des habitats et à maintenir les continuités écologiques entre les massifs forestiers du Jura, les zones agricoles de la plaine gessienne et les secteurs naturels intermédiaires. Le document identifie et protège plusieurs espaces à fort enjeu environnemental, notamment les réservoirs de biodiversité, les corridors écologiques, les boisements et les zones humides. Cette démarche permet également de préserver les paysages caractéristiques de Péron, marqués par l’alternance entre espaces agricoles ouverts, lisières forestières et reliefs jurassiens.
Toutefois, le PLUiH doit concilier ces objectifs de protection avec une pression démographique importante à l’échelle du Pays de Gex, ce qui nécessite un équilibre constant entre développement urbain et préservation du patrimoine naturel et paysager. Le Programme Local de l’Habitat (PLH), intégré au PLUiH, fixe notamment une limite de 12 000 nouveaux logements sur le Pays de Gex à l’horizon 2030. Depuis le 21 février 2014, la Communauté d’agglomération du Pays de Gex est l’autorité compétente en matière de document d’urbanisme.
- SCoT
Le SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) est un projet de territoire qui fixe la stratégie d’aménagement et de développement du territoire et permet de répondre aux défis des transitions. C’est un document intégrateur des objectifs des politiques publiques nationales et régionales, c’est pourquoi il a une portée juridique avec laquelle un certain nombre de plans, programmes, opérations et autorisations doivent être compatibles. Il nécessite la mobilisation de nombreux acteurs du territoire pour son élaboration (élus, acteurs institutionnels, société civile).
Le SCoT permet la planification du développement du territoire, avec l’aide du PLUiH et des plans locaux d’urbanisme communaux. C’est sur la base de ces documents que le Pays de Gex Agglomération conduit des études spécifiques dans le cadre de projets d’aménagement ou élabore des Projets Urbains Partenariaux (PUP).
À l’échelle de la commune de Péron, le SCoT vise à concilier le développement urbain induit notamment par l’attractivité transfrontalière du territoire avec la préservation des milieux naturels et des paysages. Le SCoT fixe des orientations favorisant une gestion économe de l’espace, limite l’étalement urbain et protège les espaces naturels et agricoles. Il permet la préservation des continuités écologiques et la conservation des paysages emblématiques du Pays de Gex. En définissant un cadre de développement durable à long terme, le SCoT contribue ainsi à préserver l’identité paysagère et écologique de Péron tout en accompagnant les dynamiques démographiques et économiques du territoire.
- RLPi
Dans la continuité de cette politique d’urbanisme, Pays de Gex Agglomération a également défini un Règlement Local de Publicité intercommunal (RLPi) qui fixe, par zones, les obligations en matière de publicité, d’enseigne et pré-enseigne. Le RLPi constitue un élément essentiel pour la préservation des paysages, pour la visibilité des commerces et le bon fonctionnement du territoire.
- Natura 2000
Le réseau Natura 2000 est un dispositif européen visant à préserver les habitats naturels et les espèces remarquables. Il repose sur deux directives :
- La directive “Oiseaux” avec la création des ZPS (Zones de Protection Spéciale).
- La directive “Habitats faune-flore” avec la création des ZSC (Zones Spéciales de Conservation).
Autour de Péron, les enjeux écologiques sont liés surtout aux milieux forestiers jurassiens, aux pelouses sèches calcaires, aux zones humides et tourbières ainsi qu’aux corridors écologiques entre le Jura et le bassin lémanique. Les sites Natura 2000 du secteur du Pays de Gex et de la Haute Chaîne du Jura protègent notamment des habitats montagnards sensibles, des espèces de chauves-souris, des oiseaux forestiers et rupestres et des milieux ouverts riches en orchidées et insectes. Le principe de Natura 2000 n’est pas de “sanctuariser” totalement un espace, mais de concilier les activités humaines et le maintien d’un bon état écologique. Certains projets doivent cependant faire l’objet d’une évaluation d’incidence Natura 2000.
De plus, une Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) de 12 400 ha s’étend en partie sur ce site Natura 2000. Il s’agit de sites d’intérêt majeur qui abritent des effectifs d’oiseaux sauvages jugés d’importance communautaire ou européenne. Ici, elle abrite notamment des espèces nicheuses de rapaces diurnes et nocturnes remarquables (aigle royal, bondrée apivore, milan noir, faucon pèlerin, chouette de Tengmalm) ou encore des espèces emblématiques comme le grand tétras, la gélinotte des bois ou le pic tridactyle.
Site Natura 2000 directive oiseaux et habitats. Source : Géoportail.
- ZNIEFF
Une ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique) est un inventaire scientifique national. Une ZNIEFF seule n’est pas une protection réglementaire stricte. Il existe deux types de ZNIEFF :
- ZNIEFF de type I
Les ZNIEFF de type I sont des secteurs assez restreints et très riches écologiquement, avec la présence d’espèces rares ou protégées, des habitats remarquables et une forte sensibilité écologique. Dans le secteur de Péron, cela correspond aux falaises calcaires, aux pelouses sèches, ou encore aux forêts anciennes…
ZNIEFF de type I de Péron. Source : géoportail.
- ZNIEFF de type II
Les ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels cohérents, tels que les massifs forestiers, les vallées, les chaînes montagneuses et plus généralement les grands systèmes écologiques.
Autour de Péron, les ZNIEFF de type II concernent surtout la continuité écologique de la Haute Chaîne du Jura et des milieux montagnards associés.
ZNIEFF de type II de Péron. Source : géoportail.
- PNR
Le Parc Naturel Régional du Haut-Jura a été créé en 1986 et compte 122 communes pour 178 000 ha. Il couvre une grande partie du massif jurassien sur les départements de l’Ain, du Jura et du Doubs. Son objectif est de concilier les activités humaines et la biodiversité.
Le parc fonctionne essentiellement à travers une charte territoriale, des actions de sensibilisation, des avis sur l’aménagement et des projets environnementaux et paysagers. Contrairement à une réserve naturelle, un PNR n’impose pas à lui seul une réglementation spécifique forte.
L’intérêt du PNR à Péron est majeur, la commune se situant sur le piémont gessien, à l’interface entre urbanisation genevoise et montagne jurassienne, ainsi que dans un corridor écologique très important entre la France et la Suisse. Le parc du Haut-Jura est réputé pour ses milieux remarquables et sa biodiversité montagnarde, avec la présence d’espèces telles que le grand tétras, le lynx boréal, les orchidées… Péron fait partie des rares communes appartenant entièrement à un Parc Naturel Régional.
PNR de Péron. Source : Géoportail.
- RNN
La Réserve Naturelle Régionale de la Haute Chaîne du Jura est un niveau de protection beaucoup plus fort. Elle a été créée en 1993 et couvre environ 10 900 hectares, ce qui en fait l’une des plus grandes réserves naturelles de France métropolitaine.
©Paysages Reconquis.
La réserve englobe une partie du territoire de 18 communes, dont Péron. Elle protège notamment les crêts jurassiens, les falaises calcaires, les forêts montagnardes, les pelouses sommitales (au sommet) et les habitats d’espèces sensibles.
Parmi les espèces emblématiques, nous retrouvons le grand tétras, la gélinotte des bois, le lynx boréal, le faucon pèlerin, la chouette de Tengmalm et de nombreuses chauves-souris. Il y a également une richesse de flore alpine jurassienne.
Dans la réserve, certaines pratiques sont réglementées, telles que la circulation hors sentier, le bivouac, le survol, les manifestations sportives …
Les Zones de Quiétude de la Faune Sauvage (ZQFS) ont été créées pour limiter le dérangement de la faune pendant les périodes critiques, notamment l’hivernage, la reproduction et la mise bas. Elles concernent surtout le grand tétras, la gélinotte, les ongulés montagnards et certains rapaces rupestres.
©Paysages Reconquis.

Panneau concernant les ZQFS.
Source : rnn-hautechainedujura.fr
Dans la Haute Chaîne du Jura, certaines zones sont interdites d’accès du 15 décembre au 30 juin et d’autres du 15 décembre au 15 mai. Parfois, seuls certains sentiers balisés restent autorisés.
Sur le secteur de Péron, cela concerne notamment les pentes du Reculet, certains secteurs d’altitude et les combes et crêts fréquentés par le grand tétras.
L’objectif visé n’est pas seulement de protéger les animaux, mais surtout d’éviter le stress énergétique hivernal. Chez le grand tétras, par exemple, quelques envols forcés en hiver peuvent suffire à perturber sa survie. C’est une espèce extrêmement sensible à la fréquentation humaine.
3- Acteurs
- Liste des acteurs, leur rôle et fonction
Plusieurs acteurs interviennent sur la commune de Péron.
Sur le plan administratif, nous retrouvons la mairie et ses élus ainsi que le Pays de Gex Agglomération et le Grand Genève.
D’un point de vue socio-économique, il y a la société de chasse, l’Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique de l’Annaz (AAPPMA), les agriculteurs, le verger Tiocan, ou encore les chalets de la Poutouille et du Gralet.
Enfin, d’un point de vue écologique, il y a le Conservatoire d’Espaces Naturels, le Parc Naturel Régional, la Réserve Naturelle Nationale, l’Office National des Forêts ainsi que la Ligue de Protection des Oiseaux.
Cette liste est non exhaustive.
- Écosociosystème
Afin de mieux se rendre compte des interactions et logiques entre les acteurs, nous avons réalisé un écosociosystème.
4- Menaces et enjeux
Péron est une commune concernée par divers enjeux, à l’instar des autres communes de la région.
Nous pouvons tout d’abord constater une crise liée au scolyte, un coléoptère se nourrissant des résineux. Cela oblige l’ONF à réaliser des coupes de bois contaminé pour préserver les parcelles à proximité.
Également, le changement climatique impacte grandement les paysages de la commune, notamment dans la forêt en altitude. En effet, les périodes de sécheresse et les températures plus élevées fragilisent les peuplements forestiers, en particulier les épicéas qui deviennent plus sensibles aux attaques de scolytes. Par ailleurs, les forêts plus anciennes connaissent des phénomènes de dépérissement liés au stress hydrique et aux épisodes de vents violents. Ces évolutions témoignent d’une transformation progressive des paysages montagnards, accentuée par le changement climatique.
Cependant, l’enjeu le plus important est celui concernant l’urbanisation de la commune. En effet, la proximité de la Suisse rend la région très attractive et exerce une forte pression démographique et foncière sur le territoire. Cette attractivité se traduit par le développement de nouveaux secteurs d’habitat et d’infrastructures, modifiant progressivement les paysages traditionnels de la commune. Bien qu’elle réponde à des besoins de développement et d’accueil de nouveaux habitants, elle soulève également des enjeux importants en matière de préservation des paysages, de biodiversité et du maintien des fonctionnalités écologiques.
Ainsi, nous avons choisi de centrer notre diagnostic autour de la problématique des impacts de l’urbanisation, induite en partie par la proximité Suisse, sur les paysages de Péron.
III- Diagnostic écologique et paysager de Péron
1-Introduction
L’objectif, lors de ce stage, était de réaliser un diagnostic écologique et paysager de notre commune, en centrant notre travail autour de la problématique choisie. Pour répondre à notre problématique, nous avons mis en place un certain nombre d’actions afin de nous rendre compte de l’impact de l’urbanisation sur les paysages de la commune de Péron.
2- Analyse du paysage
Pour réaliser ce diagnostic, nous avons effectué une analyse des paysages de Péron et de ses environs. Nous avons réalisé cette analyse sur le plan écologique et esthétique.
Tout d’abord, une grande partie de la commune de Péron est située sur une zone montagneuse. En effet, sur la partie ouest de la Péron se trouve la Haute-Chaîne du Jura. Cette dernière est recouverte en grande partie par la forêt de Piémonts du Jura. Cette forêt est très naturelle, avec notamment beaucoup de bois morts laissés au sol, un atout pour la biodiversité car cela permet d’accueillir beaucoup d’espèces d’insectes et de champignons notamment. Nous y trouvons de nombreuses traces de faune et peu de signes anthropiques, hormis les signes d’activité de gestion de l’ONF. De nombreuses espèces y vivent et une zone de quiétude pendant la période de reproduction est prévue afin de limiter les dérangements anthropiques. Sur la crête se trouve le chalet de la Poutouille et le chalet du Gralet, accueillant les randonneurs du chemin de randonnée traversant la crête. Nous pouvons également y trouver des prairies d’alpage et des prairies sèches, offrant une grande diversité floristique notamment. Ces prairies ont par ailleurs tendance à s’ouvrir, le réchauffement climatique réduisant petit à petit les essences ligneuses en périphérie de prairie. Nous avons également constaté une différence entre la crête est et ouest. Sur la partie est -vers Péron-, il y a une plus grande présence d’essences feuillues, de nombreuses parcelles agricoles ainsi qu’une urbanisation plus importante, entraînant une plus grande pollution lumineuse. Sur la partie ouest -vers Chézery-Forens-, il y a une plus grande proportion d’essences résineuses, beaucoup moins d’urbanisation et le paysage y est plus montagneux. L’épaisseur du sol est relativement faible. Il y est très calcaire et nous trouvons vite la roche.
Concernant la partie centrale plus urbanisée de Péron, nous constatons que les rues anciennes sont parcourues de nombreux lavoirs, témoins du passé historique de Péron. Les maisons y sont mitoyennes, plus petites et avec de moins grands jardins. De nombreuses espèces végétales sont présentes dans les rues ou les jardins. En périphérie du bourg, l’urbanisation est plus présente. Les maisons possèdent de grandes propriétés et ne sont plus mitoyennes. Les jardins sont généralement très végétalisés mais également très propres (pelouses tondues à ras ; haies propres ; “mauvaises herbes” enlevées), limitant ainsi leur fonction écologique, mais donnant un fort aspect esthétique. Des espèces exotiques envahissantes peuvent également être retrouvées dans ces jardins, telles que la vigne vierge. Cela se retrouve dans chaque hameau de Péron.
Enfin, pour ce qui est de la partie Est de Péron, celle-ci est principalement dédiée à la pratique de l’agriculture. Nous trouvons ainsi de nombreux champs sur la commune, parfois bordés de haies bocagères, ces dernières étant très intéressantes d’un point de vue écologique car permettant de servir de refuge à certaines espèces. Ces champs sont cependant de moins en moins nombreux, remplacés par des projets de constructions d’habitations. Plusieurs ruisseaux descendant depuis la commune sont présents, avec une légère cascade artificielle créée sur l’un d’eux. Nous trouvons également un grand ensemble forestier, le bois de Ban. Ce bois, à l’instar de la forêt des Piémonts du Jura, est très naturel et possède de nombreux bois morts. Le long du sentier le traversant, nous pouvons voir de nombreuses ornières, abritant une grande population d’amphibiens, notamment de crapauds sonneurs à ventre jaune ou de salamandre tachetée. Nous y trouvons également l’étang privé de Cornelly.
Les trames, notamment vertes et bleues, sont relativement présentes sur le périmètre de la commune. Des haies bocagères relient les différents espaces boisés. Cependant, l’urbanisation s’effectuant aux abords des hameaux, certains commencent à se coller et tendent à ne former plus qu’un tissu urbain continu, notamment entre le hameau de Farges et Péron. Or, garder des espaces naturels servant de corridors écologiques entre ces espaces urbanisés est essentiel afin de garantir un passage à la faune sauvage.
Globalement, Péron est une commune accueillant une grande diversité faunistique et floristique avec ses différents milieux. Les trames vertes et bleues y sont présentes mais gagneraient à être renforcées dans la partie urbanisée et à l’est de Péron. En comparaison avec certaines communes limitrophes telles que Thoiry, Péron reste relativement naturelle. L’urbanisation y est présente malgré de nombreux paysages naturels, par ailleurs menacés par cette urbanisation. D’un point de vue esthétique, Péron est une commune forte de paysages naturels et variés. La nature y est omniprésente et l’architecture du bourg lui confère un caractère marqué.
3- Actions
Afin de répondre à notre problématique, nous avons mis en place plusieurs actions au cours de notre diagnostic.
- Rencontres avec les acteurs du territoire
Nous avons organisé plusieurs rencontres avec les acteurs du territoire de Péron afin d’échanger avec eux, principalement autour de l’évolution des paysages sur la commune et de l’impact de l’urbanisation. Ces échanges ont été réalisés avec des acteurs divers, tels que des associations, des chargés de missions, des élus et des gestionnaires d’espaces naturels. Ils nous ont permis de recueillir des témoignages, des connaissances locales ainsi que différentes perceptions des enjeux environnementaux et paysagers du territoire.
Ainsi, nous avons pu échanger au cours d’entretiens en présentiel ou par téléphone avec des membres de diverses structures. La liste exhaustive de nos rencontres est disponible en annexe.
Le sujet de l’urbanisation a fait consensus auprès des acteurs rencontrés, remarquant chacun son impact sur les paysages, et, de surcroît, l’environnement. Tous nous ont également fait part de l’importance de prêter attention à la préservation des espaces naturels à Péron. La notion de corridor écologique est également régulièrement revenue.
Les comptes rendus de nos entretiens sont disponibles en annexe.
- Animations en école primaire
Nous avons également réalisé quatre animations de 1h30 à l’école primaire de Péron, dans des classes de niveaux allant de la grande section au CE2. Ces animations ont été l’occasion de sensibiliser les enfants à la faune de Péron et à l’environnement, ainsi que de leur faire comprendre l’importance de préserver les habitats des animaux.

Tableau d’animation. ©Paysages Reconquis.
Nous avons pu nous rendre compte lors de ces animations que les enfants sont très intéressés par les animaux notamment, et souhaitent les protéger. L’école de Péron a également déjà organisé plusieurs événements en rapport avec l’environnement, tels que la journée de l’environnement, une journée de ramassage des déchets, la visite du chalet de la Poutouille dans la réserve naturelle nationale et la sensibilisation aux aigles du Léman à Sciez. Sensibiliser les enfants est un moyen efficace de toucher un public plus large, notamment les parents, qui sont parfois plus difficiles à mobiliser directement.
Retour d’expérience
Dans l’ensemble, les animations se sont très bien déroulées. Les enfants se sont montrés particulièrement dynamiques, curieux et impliqués tout au long des activités. Leur participation active a favorisé de nombreux échanges, souvent enrichis par des anecdotes personnelles et des expériences vécues. Les enseignants étaient très satisfaits de nos animations et contents que l’on ait pu apporter de nouvelles connaissances à leurs élèves.
l’école primaire de Péron. ©Paysages Reconquis.
- Inventaires faunistiques et floristiques
Afin de rendre compte de la diversité d’espèces présentes à Péron, nous avons mis en place des inventaires faunistiques et floristiques. Prouvant la richesse floristique et faunistique de Péron, ces inventaires nous montrent l’importance de préserver les milieux naturels de la commune.
Nous avons principalement réalisé des prospections aléatoires, consistant en un recensement aléatoire d’espèces, sans appliquer de protocole. Cela nous a permis d’identifier les espèces -notamment d’oiseaux et végétales- au cours de nos visites du territoire.
Nous avons également réalisé des points d’écoute oiseaux, consistant à écouter le chant des oiseaux durant une quinzaine de minutes et de noter tous ceux que nous entendions.
Inventaire des espèces de mammifères. ©Paysages Reconquis.
Inventaire des espèces d’oiseaux.©Paysages Reconquis.
Espèces herbacées
Espèces ligneuses
Inventaire des espèces végétales. ©Paysages Reconquis.
Piège photo
Les espèces de mammifères étant plus difficiles à observer, nous avons choisi de mettre en place des pièges photo afin de les inventorier plus aisément et sans les déranger.
Nous avons placé le piège photo à différents endroits au cours de ces deux mois, en relevant les données toutes les semaines. Afin de choisir les endroits où poser le piège photo, nous observions au préalable l’environnement afin de trouver des traces et indices de présence d’animaux, tels que des empreintes, des coulées (chemin fait au gré des passages des animaux sauvages) ou encore des fèces.
Premier relevé
Nous avons posé le piège photo à côté du chemin de la Polaille, dans un petit bois proche d’une prairie de pâturage (non utilisée lors de la pose) et d’une habitation.
La caméra a été posée du mardi 12 mai 2026 au mardi 19 mai 2026, à 30 centimètres du sol, face à une coulée, pendant une semaine relativement pluvieuse, avec des températures allant de 6°C à 18°C.
Nous avons pu, lors de cette première pose, relever plusieurs espèces faunistiques : sanglier, écureuil roux, chevreuil européen, renard roux, lièvre d’Europe, buse variable, merle noir, grive musicienne, ainsi qu’un rongeur d’une espèce non identifiée ayant effectué de multiples passages devant le piège.
Présence de sanglier et de chevreuil. ©Paysages Reconquis.
Deuxième relevé :
La pose du piège photo a été effectuée proche du chemin de Ruthet, dans une haie bocagère bordée de prairie de pâturage utilisée par des troupeaux de vaches et proche d’une habitation. La pose a été faite du mardi 26 mai 2026 au mardi 2 juin 2026.
Malheureusement, nous n’avons pas pu obtenir de résultats, dû à un vent important, une pluie forte et une mauvaise mise en place de la caméra.
Troisième relevé
Le piège photo a été posé au Bois de Ban, à l’est de la commune, du mercredi 3 juin 2026 au mercredi 10 juin 2026. Nous avons choisi un emplacement proche d’ornières entourées d’empreintes de chevreuils notamment. Cependant, nous n’avons eu que peu de résultats. Nous avons relevé la présence d’oiseaux (nous ne pouvons donner l’espèce précise au vu de la qualité de l’image). Le piège photo a surtout permis, cette fois-ci, de mettre en lumière certaines pratiques à risque, telle que la pratique de la motocross, pouvant menacer notamment les populations d’amphibiens vivant dans les ornières du bois de Ban.
Pratique du motocross dans le bois de Ban. ©Paysages Reconquis.
Quatrième relevé
Le piège photo a été de nouveau posé au Bois de Ban du mardi 16 juin 2026 au mardi 23 juin 2026. Nous avons choisi un emplacement à l’intersection d’une prairie et du bois, où l’on trouve de nombreuses traces de chevreuils et des souilles de sangliers. La caméra a été posée pendant une semaine d’ensoleillement fort et de fortes chaleurs allant de 19°C à 38°C.
Nous avons pu relever plusieurs espèces notamment : des chevreuils d’Europe mâles et femelles, un couple de lièvres d’Europe et un blaireau européen.
Présence de chevreuils et de lièvres. ©Paysages Reconquis.
Analyse
L’analyse des vidéos issues des pièges photo met en évidence un nombre plus important de passages ainsi qu’une plus grande diversité d’espèces dans le premier relevé, situé en forêt montagnarde, que dans le second relevé réalisé en bois de plaine. Cette différence pourrait traduire une continuité écologique moins fonctionnelle entre les deux secteurs étudiés.
- Panneaux pédagogiques
Suite à nos échanges avec les acteurs, nous nous sommes rendu compte que certains endroits de la commune gagneraient à avoir des panneaux pédagogiques. Ainsi, nous avons réalisé plusieurs ébauches de panneaux pédagogiques, notamment pour le Bois de Ban, un bois peu connu mais pourtant très riche en biodiversité.
©Paysages Reconquis
Ce panneau pédagogique présente la commune de Péron et ses caractéristiques. Le positionner proche des chemins fréquentés pourrait permettre de sensibiliser de nombreux habitants.

©Paysages Reconquis
Ce panneau pédagogique permet de découvrir les principales espèces présentes dans le Bois de Ban ainsi que les caractéristiques de ce site naturel remarquable. Il sensibilise les visiteurs à la richesse de sa biodiversité et à l’importance de sa préservation.
IV- Bilan
1- Présentation de notre travail
- Présentation en mairie
Un de nos objectifs durant ce stage était de pouvoir présenter notre diagnostic final au cours d’une réunion en mairie avec les élus. Cela a pu être le cas le lundi 22 juin 2026. Ce fut ainsi l’occasion pour nous de présenter concrètement notre travail aux personnes compétentes afin de partager nos analyses, soulever les enjeux du territoire et proposer des actions à mettre en place.
Lors de notre réunion, les élus se sont montrés très intéressés et à l’écoute. Ils nous ont grandement remerciés pour notre travail et souhaitaient qu’on leur transmette notre rapport de stage afin de pouvoir s’appuyer dessus pour réaliser des actions dans le futur. Notre réunion leur a ouvert les yeux sur certains sujets dont ils n’avaient pas conscience, notamment la richesse écologique du bois de Ban et l’importance des différentes trames.
Photographie avec une partie des élus à la mairie de Péron. ©Paysages Reconquis.
2- Points de vigilance
Au cours de nos analyses et lectures de documents, nous avons pu relever plusieurs points de vigilance auxquels il est important de prêter attention.
Des zones humides peu développées
En effet, les documents consultés auprès de la commune montrent que la thématique des zones humides est peu développée. Pourtant, ces milieux jouent un rôle important dans la préservation de la biodiversité, la gestion de l’eau et les continuités écologiques. Cette observation pourrait justifier la réalisation d’études complémentaires permettant de mieux identifier, caractériser et valoriser ces milieux, souvent discrets mais essentiels au fonctionnement écologique de la commune.
La gestion et le suivi des lagunes de Feigères
Les lagunes constituent un aménagement présentant un intérêt écologique et paysager notable. Cependant, les observations de terrain donnent l’impression d’un entretien limité ou peu visible. Il pourrait être pertinent de mieux communiquer sur les suivis réalisés, les objectifs de gestion et les résultats obtenus afin de valoriser cet aménagement.
Les plans de gestion
L’analyse du Contrat Corridors biologiques Mandement – Pays de Gex a mis en évidence que plusieurs actions prévoient l’élaboration de plans de gestion sur certains secteurs de la commune, tels que l’ancien marais de Greny ou les lagunes de Feigères. Cependant, malgré les recherches documentaires réalisées et les échanges avec différents acteurs du territoire, nous n’avons pas pu identifier clairement les documents correspondants, ni évaluer leur niveau de mise en œuvre. Cela ne permet pas de conclure à leur absence, mais souligne un manque de visibilité concernant certaines actions programmées. Une meilleure accessibilité et valorisation de ces documents pourrait faciliter le suivi des actions engagées et permettre aux habitants et élus de mieux appréhender les objectifs et les résultats des démarches de gestion écologique.
Le Contrat Corridors Vert et Bleu non renouvelé
Le Contrat Corridors biologiques / Contrat Vert et Bleu « Mandement – Pays de Gex » constitue un outil majeur de préservation et de restauration des continuités écologiques sur le territoire. Mis en œuvre sur la période 2016-2021, il visait notamment à améliorer la perméabilité des infrastructures, restaurer les réservoirs de biodiversité, préserver les zones humides et sensibiliser les acteurs locaux. Cependant, à ce jour, ce dispositif n’a pas fait l’objet d’un renouvellement sous une forme similaire. Bien que plusieurs actions engagées continuent de produire leurs effets et que d’autres programmes environnementaux soient portés par le Pays de Gex Agglomération ou le Grand Genève, l’absence d’un nouveau contrat dédié aux corridors écologiques peut interroger quant à la continuité de la dynamique engagée. Cette situation souligne l’importance de maintenir un suivi à long terme des actions réalisées et d’assurer la pérennité des efforts de restauration écologique.
La perception des continuités écologiques
Les entretiens réalisés auprès des différents acteurs ont mis en évidence des avis parfois divergents concernant l’état des continuités écologiques sur la commune. Certains acteurs considèrent que les continuités écologiques restent globalement fonctionnelles grâce à la proximité des grands espaces naturels de la Haute Chaîne du Jura. D’autres estiment que l’urbanisation, les infrastructures et certains aménagements fragmentent progressivement le territoire. Cette diversité de points de vue souligne l’importance de poursuivre les suivis et les études à l’échelle de la commune.
L’échelle du territoire
Le Pays de Gex Agglomération mène de nombreuses actions en faveur de la biodiversité, des continuités écologiques et de la sensibilisation environnementale. Toutefois, cette gestion est souvent conduite à l’échelle intercommunale. Une réflexion pourrait être menée afin de mieux mettre en lumière les actions réalisées spécifiquement sur la commune de Péron.
La sensibilisation et la valorisation des actions
Nos animations réalisées auprès des élèves de l’école primaire de Péron ont révélé une faible connaissance de certains aménagements emblématiques comme l’écopont. Ce constat montre que de nombreuses actions environnementales sont mises en œuvre, mais restent parfois peu visibles. La sensibilisation pourrait s’adresser non seulement aux publics déjà sensibles mais également à l’ensemble des habitants de la commune.
3- Préconisations
Au vu de nos analyses et recherches ainsi que de l’avancée de l’urbanisation, il est important d’anticiper et de prévoir certaines actions qui pourraient être intéressantes à mettre en place afin de préserver la richesse paysagère, faunistique et floristique de la commune de Péron.
- Tout d’abord, veiller au bon maintien des corridors écologiques est essentiel. Cela peut passer par la préservation des milieux concernés mais également par la plantation d’essences locales afin de constituer des haies notamment. Ces haies seraient particulièrement pertinentes en tant que haies bocagères, sur les bordures des champs. Des concertations avec les agriculteurs seraient alors à prévoir afin de leur présenter les avantages que ces haies peuvent leur apporter à eux ainsi qu’à l’environnement. La commune accueille déjà plusieurs corridors, mais ces derniers ne fonctionnent pas pour toutes les espèces. De plus, avec l’urbanisation croissante sur la commune, les hameaux ont tendance à se rapprocher et tendent à ne former plus qu’un tissu urbain continu. Veiller au maintien d’espaces naturels non anthropisés entre ces hameaux est essentiel pour garantir un passage aux espèces faunistiques.
- L’urbanisation entraîne, de surcroît, une hausse de la fréquentation des sites naturels. Nous avons notamment pu relever une pratique importante de la motocross dans le bois de Ban. Or, ce bois accueille de nombreuses ornières abritant un très grand nombre d’individus d’amphibiens. Réglementer le passage des véhicules motorisés durant la période de reproduction pourrait ainsi se montrer très efficace afin d’éviter l’écrasement des individus et de préserver cette population faunistique.
- Sensibiliser les riverains constitue également une action nécessaire à mettre en place. De nombreuses animations sont déjà organisées par plusieurs organisations, mais certains habitants restent difficiles à toucher. Les sensibiliser permettrait de leur faire connaître et aimer leur commune et ses paysages. Cela peut passer, notamment, par la création de panneaux pédagogiques pour la zone du bois de Ban, très riche écologiquement parlant mais pouvant passer inaperçue au premier abord. Des panneaux pédagogiques placés le long de la voie verte et présentant les paysages et espèces de Péron seraient également intéressants et permettraient de toucher un grand nombre de personnes, la voie verte étant largement empruntée. Cela peut également se faire via les magazines communaux, par des pages de présentation du patrimoine environnemental ou des actions mises en place.
- Limiter l’urbanisation sur les secteurs à risques, tels que les zones humides ou corridors écologiques. Également, veiller à maintenir ces derniers entre les hameaux de Péron.
Il est important de relever les impacts déjà notables de l’urbanisation, mais également d’anticiper ses effets futurs. Cela permet ensuite de concilier au mieux activité anthropique et préservation de l’environnement et des paysages.
4- Réponse à la problématique
Nous pouvons conclure que l’urbanisation constitue aujourd’hui le principal facteur de transformation des paysages de la commune. Favorisée par la proximité avec la Suisse, Genève et le CERN, cette dynamique se traduit par une forte croissance démographique et une extension progressive des zones bâties.
Cette urbanisation entraîne plusieurs conséquences. Elle réduit progressivement les surfaces agricoles et exerce une pression croissante sur certains espaces naturels. Les différents hameaux tendent progressivement à se rapprocher, ce qui peut fragiliser les continuités écologiques. Ces dernières sont essentielles au bon maintien de la biodiversité locale. Elles permettent en effet de connecter les espaces naturels entre eux et ainsi d’offrir des possibilités de déplacements à la faune. Le vivant a besoin de place, mais aussi de connexions afin de pouvoir réaliser ses cycles de vie dans de bonnes conditions et ainsi maintenir des populations stables. Les acteurs rencontrés ont d’ailleurs, pour la majorité, identifié cette urbanisation comme l’un des principaux enjeux du territoire.
De nombreux espaces naturels sont également remplacés par des bâtiments, essentiellement aux abords des hameaux déjà existants et sur les anciennes propriétés agricoles. Cela modifie grandement le paysage, certains endroits devenant ainsi plus urbains que ruraux.
Cependant, cette évolution ne remet pas en cause la richesse écologique de Péron. Les espaces protégés, les inventaires ainsi que le réseau de trames écologiques permettent le maintien d’une biodiversité riche et de paysages de grande qualité.
Notre étude montre ainsi que les principaux défis pour les années à venir seront de concilier le développement de la commune avec la préservation de ses paysages, de sa biodiversité et de ses continuités écologiques. Cette conciliation passera notamment par une urbanisation mieux intégrée au territoire, la préservation des espaces agricoles et naturels, le maintien des corridors écologiques, ainsi que la sensibilisation renforcée des habitants et des élus aux richesses environnementales de la commune.
V- Conclusion
1- Mots de la fin
Ce stage nous a beaucoup apporté. Il a été l’occasion pour nous de mettre en pratique les connaissances théoriques étudiées durant nos études. Cela est passé notamment par l’identification d’espèces, les animations ou encore la compréhension des termes scientifiques. Cette immersion sur le terrain nous a permis de donner du sens aux enseignements suivis durant notre première année de BTS et de mieux comprendre les enjeux concrets de la gestion des espaces naturels et des paysages.
Nous avons également pu contacter des acteurs du territoire, nous permettant de recueillir l’avis de professionnels ayant de nombreuses expériences. Grâce à cela, ainsi qu’aux animations menées en école primaire et à la réunion en mairie, nous avons pu dépasser notre timidité et partager nos connaissances avec les différents acteurs. Ces nombreux échanges nous ont également permis de découvrir la diversité des métiers liés à l’environnement, de mieux comprendre le fonctionnement des collectivités, des associations et des gestionnaires d’espaces naturels, ainsi que l’importance de la concertation entre les différents acteurs d’un territoire.
Cela nous a également permis d’acquérir une vision plus professionnelle du domaine. Nous avons pu développer notre analyse et notre esprit critique vis-à-vis des informations et des données que nous recueillions. Nous avons également pu fournir un travail concret, rigoureux et pertinent, mettant en relation toutes les informations recueillies au cours de ces deux mois de stage. Le fait de travailler en totale autonomie nous a amenées à prendre des initiatives, à organiser notre travail, à gérer notre planning et à conduire un projet de A à Z, depuis les premières recherches jusqu’à la restitution de notre diagnostic auprès des élus de la commune. Cette autonomie a constitué une expérience particulièrement formatrice et nous a permis de gagner en confiance.
Les retours très positifs de notre maître de stage, Claude Camilli, ont renforcé notre motivation tout au long de ces deux mois. Cette expérience a confirmé notre intérêt pour les métiers de la gestion et de la protection de la nature et constitue une étape importante dans notre parcours professionnel.
2- Remerciements
Nous souhaiterions remercier grandement l’association Paysages Reconquis ainsi que notre maître de stage, Claude Camilli. C’est en effet grâce à elle que nous avons eu l’occasion de réaliser ce stage qui nous a beaucoup apporté. Son soutien et ses retours au cours de ces deux mois de stage ont été très importants pour nous et ont largement contribué à notre progression.
Également, nous remercions Matis Bernard. Nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui lors d’un appel qui fut très enrichissant. Son expertise ainsi que ses conseils nous ont grandement aidés et nous ont ouvert des pistes de réflexion que nous n’avions pas envisagées. Nous le remercions également d’être resté à notre disposition durant toute la durée de notre stage au cas où nous aurions eu des interrogations.
Nous aimerions également remercier les différents acteurs du territoire qui nous ont apporté leur aide et leur expertise durant ce stage. Ces différents échanges ont été pour nous très riches, nous permettant d’en apprendre plus sur le domaine. Les connaissances qu’ils nous ont partagées ont été essentielles à la rédaction de ce rapport et nous ont beaucoup aidé dans la compréhension du territoire.
Enfin, nous remercions la mairie de Péron et ses élus. En nous permettant de leur présenter notre diagnostic, ils nous ont permis de concrétiser le travail réalisé durant ces deux mois. Leur enthousiasme à l’égard de nos recherches et à notre travail n’a fait que renforcer notre motivation.
VI- Sources
Sites internet
Documents
Autres
- Interview avec Laurence BRAZ, déléguée territoriale LPO.
- Interview avec Sophie LHEUREUX, chargée de mission aménagement et paysages au PNR.
- Interview avec Marie SMOROWSKI, responsable service éducation, valorisation et promotion de développement durable au Pays de Gex Agglomération.
- Interview avec Chloé MATHIEU, chargée de mission au CEN.
- Interview avec Yvan LELAIZANT, président de l’association Poutouille 1446, architecte-paysager et membre du conseil municipal de Péron.
- Interview avec Virgile BENOIT, écologue.
- Interview avec Jean-Baptiste STROBEL, chargé de mission du site Natura 2000 des Hauts Crêts.
- Interview avec Maxime COLLET, président de l’association AG3.
VII- Annexe
Liste des acteurs contactés dans le cadre de notre diagnostic.
Sommaire
I- Présentation
1- Qui sommes-nous ?
2- L’association Paysages Reconquis
3- Le but de ce stage
4- Problématique
II- La commune de Péron
1- Contexte
a. Contexte géographique
b. Contexte historique
c. Contexte architectural
d. Contexte socio-économique
e. Contexte écologique
2- Réglementations
a. PLUiH
b. SCoT
c. RLPi
d. Natura 2000
e. ZNIEFF
f. PNR
g. RNN
3- Acteurs
a. Liste des acteurs, leur rôle et fonction :
b. Écosociosystème :
4- Menaces et enjeux
III- Diagnostic écologique et paysager de Péron
1- Introduction
2- Analyse du paysage
3- Actions
a. Rencontres avec les acteurs du territoire
b. Animations en école primaire
c. Inventaires faunistiques et floristiques
d. Panneaux pédagogiques
IV- Bilan
1- Présentation de notre travail
Présentation en mairie














































