Qui profite en 2018 d’une poursuite de la fuite technologique? Par Léon-Etienne CREMILLE janvier 2018

Written by Claude CAMILLI

Qui profite en 2018 d’une poursuite de la fuite technologique?

Par Léon-Etienne CREMILLE janvier 2018

  1. Une nouvelle année riche d’espoirs et de craintes nous est donnée en résonance avec la remarquable beauté et sérénité d’un couple de chênes au carrefour des chemins des Contracts et de la Plaine à Bonlieu-sur-Roubion (Drôme)

Il existe, dans la Plaine de la Valdaine, d’autres couples d’arbres et aussi des arbres solitaires remplis de charme, de présence, de vie. Ils sont toujours là dressés vers le ciel grâce à la compréhension à leur égard de gens bienveillants. Les vœux d’une année joyeuse ne doivent pas occulter l’insupportable coupe d’arbres, là en janvier, dans la Ramière du Roubion, site protégé « Natura 2000 ».

  1. La finance et les riches se désolidarisent des peuples

Depuis un ½ siècle, la finance sous ses formes multiples reprend progressivement le pouvoir partout dans le monde. Surfant sur la vague de la mondialisation, les riches, personnes physiques ou morales, exploitent massivement les ressources énergétiques et minières, spéculent sur tout ce qui leur permet de faire de l’argent, créent des flux incessants de produits virtuels, détruisent l’économie réelle, planquent leurs immenses fortunes dans des paradis fiscaux, nient farouchement la montée des périls dus au nouveau régime climatique, appauvrissent irrémédiablement les pauvres, se barricadent physiquement dans des lieux préservés, se désolidarisent des 7,5 milliards d’habitants de la terre.

Où atterrir ? Bruno Latour – octobre 2017

Et si, à partir des années 1980, tout le monde avait bien vu que la question des « limites » allait se poser et si en même temps les « Modernes » avaient décidé de l’ignorer complètement et de continuer à faire main basse sur le sol, à en user et en abuser, puisque il se tenait à peu près coi ?

Et si les élites avaient bien pris la menace au sérieux mais avaient décidé de la nier pour ne pas payer les pots cassés ? Et si elles avaient convenu de se débarrasser de tous les fardeaux de la solidarité, d’où la dérégulation, de construire une forteresse dorée pour les quelques % qui allaient pouvoir s’en sortir, d’où l’explosion des inégalités, de rejeter la menace évidente du réchauffement, d’où la dénégation de la mutation climatique ?

Et si, ayant compris que le naufrage était assuré, les classes dirigeantes s’appropriaient les canots de sauvetage et se carapataient en douce ?

  1. La Terre manifeste des « colères » nouvelles et dévastatrices

De tous temps, la Terre s’est exprimée sous forme de phénomènes géologiques naturels, qui sont soit d’origine interne et se traduisent par des éruptions volcaniques et des tremblements de terre soit d’origine externe et se traduisent par l’érosion et la sédimentation.

Pendant longtemps, l’humanité a exploité toutes les ressources de la terre sans qu’apparaissent de conséquences évidentes. Désormais, la terre se déchaîne sous forme d’ouragans, de tsunamis, de tempêtes, d’inondations, de feux, tous dévastateurs, au constat terrifiant, à classer sous la dénomination de catastrophes climatiques et non plus de catastrophes naturelles. Cette situation ne résulte pas d’une quelconque vengeance d’une douteuse entité mais bien d’une implacable série de réactions terrestres en réponse aux actions humaines.

 

La planète subit de plein fouet le dérèglement climatique – Le Monde – 8 sept. 2017

La planète entière subit le feu roulant de catastrophes naturelles historiques, amplifiées, favorisées ou aggravées par le réchauffement. Le Canada vient de lever l’état d’urgence, décrété dans l’ouest du pays après plusieurs semaines de feux de forêt d’une intensité inédite. L’Afrique occidentale a enduré au cours des dernières semaines les coulées de boue les plus meurtrières de son histoire récente, en partie causées par des pluies torrentielles. Quant à l’Asie du Sud, elle connaît une mousson historique qui, selon les chiffres des Nations unies, a affecté 41 millions de personnes et a laissé plusieurs centaines de milliers de sans-abri. Fin août, un tiers du Bangladesh était sous l’eau.

« C’est ce qui se passe quand vous ajoutez de la chaleur à un système : il vous la rend sous forme d’inondations, de vent et de feu. Après les dix mille ans qu’a duré l’Holocène, nous sommes désormais sur une planète différente. Et la première leçon à tirer de tout cela est de ne pas aller plus loin dans la même direction. » Voilà le constat cinglant de Bill McKibben, le fondateur du mouvement de lutte contre le changement climatique 350.org [https://350.org/fr/

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/09/08/la-planete-subit-de-plein-fouet-le-dereglement-climatique_5182566_3244.html

  1. Des minerais contribuent à l’émergence de la transition actuelle

4.1. La transition numérique s’est installée dans la vie quotidienne

Les objets mis à notre disposition sont désormais équipés de matériels informatiques et numériques souvent indémontables, voire même programmés pour ne pas durer. Un simple rétroviseur de voiture est désormais bourré d’électronique ! Le téléphone mobile et l’ordinateur portable accompagnent les humains dans toutes leurs activités de la vie quotidienne. La plupart des personnes ne résiste pas à cette intrusion monstrueuse dans leur vie sous toutes ses formes, amoureuse, familiale, publique, sociale. Les comportements sont perturbés jusqu’à la caricature, comme le montre le dessin de Maïa Mazaurette, chroniqueuse au Monde. « Nous nous prenons dans nos bras et en même temps nous regardons notre smartphone ! » Où Sommes-nous ? Où vivons-nous ? Ici ? Ailleurs ? Plutôt… Nulle part.

4.2. La transition énergétique entraîne de nouvelles pollutions majeures

Nos modes de vie se modifient très vite tant au niveau public avec les voitures électriques, les éoliennes, les panneaux solaires, que privé avec les smartphones, ordinateurs, tablettes et autres objets connectés. Alors que nous tentons de nous émanciper des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole), nous sombrons dans d’autres dépendances, celles des métaux rares (graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène) et des terres rares (17 autres métaux). Dans l’émission « 28 min » du 11 janvier 2018 sur Arte, Guillaume Pitron, journaliste au Monde diplomatique, auteur du livre LA GUERRE DES MÉTAUX RARES, dévoile la face cachée de la transition énergétique et numérique, tant au niveau géopolitique avec la Chine qui détient les plus grosses réserves mondiales de ces minerais qu’écologique avec les conséquences des extractions, des pollutions majeures des eaux et des sols et de graves maladies qui s’abattent sur les populations locales, atteintes de cancers en très grand nombre… Que faire ?… Nous le pressentons ?

Carte des métaux et minéraux qualifiés de critiques par l’UE

OFFICE PARLEMENTAIRE D’EVALUATION DES CHOIX SCIENTIFIQUES ET STRATEGIQUES (OPECST)

Les enjeux des métaux stratégiques-terres rares et matières premières – Novembre 2011 & Mai 2016 – avec notamment la participation de Christian HOCQUARD,  Expert économiste au service des Ressources minérales du BRGM et Guillaume PITRON, Journaliste, Membre de Global Links.

  1. Une nouvelle géographie politique est en cours d’élaboration

5.1. La période émergente nécessite de nouvelles attitudes

Chacun de nous est conscient qu’il faut changer et ressent un double malaise, l’un face aux différentes manifestations actuelles du dérèglement climatique, l’autre face aux nombreuses tentatives humaines de solutions alternatives.

Bruno Latour, anthropologue et philosophe des sciences, est l’auteur d’un récent recueil de 8 conférences sur le nouveau régime climatique, « Face à Gaïa ». Dans son nouveau livre, « Où atterrir ? », il présente ses vues sur les inégalités, les frontières, la mondialisation, la Nature, et la notion de Monde commun. Des réflexions pertinentes sont proposées sur l’état actuel de la terre et de ses habitants. Des actions et attitudes concrètes, sérieuses et non pas fallacieuses comme beaucoup d’autres, sont explicitées pour que les perspectives d’avenir ne soient plus celles d’un effondrement total mais d’une évolution harmonieuse.

 

La Terre depuis la station spatiale – 22 avril 2017 

Où atterrir ? – Bruno Latour – 12 octobre 2017

5.2. La Terre est le nouvel acteur politique

Notre Terre fût un territoire à dominer, un sol et un sous-sol à exploiter et surexploiter. Elle rue tous les jours dans les brancards d’avoir été malmenée et éreintée. Les humains ont sans cesse déversé sur elle leur avidité, leur cupidité, leur cruauté, leur virilité. Ils se sont agités frénétiquement avec une hargne accrue dans les dernières centaines d’années. Et ça ! C’est inexorablement fini ! L’humanité est confrontée à un DÉFI nouveau et majeur qui consiste à comprendre que « tous les Vivants », Animaux et Végétaux, représentent une puissance d’Agir sur le Système-terre, sur le « Terrestre », qu’Ils sont des Agents participants actifs dans la genèse des conditions chimiques, climatiques et géologiques. Les humains doivent cesser de se croire les maîtres du monde, de se couper de leur racines vitales, de faire des plans de croissance économique absurde. Ils doivent prendre conscience de leur entité d’Etres vivants parmi des multitudes d’autres « Vivants » agissants. Avec Pierre Rabhi, accédons à la Joie de Vivre et à la Sobriété Heureuse et méditons sur l’assertion : « La vraie révolution est celle qui nous amène à nous transformer nous-même pour transformer le monde. »

[Article et sites à retrouver en couleurs sur : http://ber04.free.fr/]

Léon-Etienne CREMILLE le 17 janvier 2018

 

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